Le marché libanais des changes était fermé hier en raison du chômage officiel à l’occasion de la Saint-Maron. Rappelons que le dollar avait clôturé la veille au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL consécutivement au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention en l’état entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, comme depuis la mi-décembre, pendant que les établissements de crédit de la place continuaient de le négocier au haut de cette fourchette, entre 1 513,50 et 1 514,00 LL. Remontée du dollar à l’étranger À l’étranger, l’euro, qui avait fait preuve de fermeté pendant la matinée face au dollar, a fini hier par perdre le terrain gagné sur les marchés des changes internationaux, après la publication de statistiques allemandes moins encourageantes que prévu. L’annonce d’un taux de chômage en Allemagne de 10,6 % de la population active le mois dernier contre 10,7 % (chiffre révisé) en décembre et de 11,5 % contre 10,9 % en données non corrigées des variations saisonnières pendant la même période, a déçu les opérateurs. Ceux-ci, en comparant ces chiffres aux performances du marché du travail aux États-Unis, se sont rendu compte de la grande vigueur de l’économie américaine qui semble les inciter à se positionner de nouveau en dollar aux dépens de l’euro. Cela d’autant qu’ils apprenaient aussi que la productivité américaine aurait progressé de 3,7 % en rythme annuel au quatrième trimestre 1998 contre 2,5 % au troisième trimestre. Du côté du yen, la confirmation de la reprise du marché obligataire japonais, et donc de la baisse du rendement des obligations, ont continué de soutenir le billet vert face à la devise nippone. Pourtant, les investisseurs se sont montrés attentifs à une réunion de la Banque du Japon après demain pour voir si celle-ci céderait aux pressions gouvernementales et continueraient d’acheter des obligations sur le marché pour freiner la hausse de leur rendement. En effet, ces incertitudes sur les obligations japonaises ont empêché le dollar d’accentuer son mouvement ascensionnel contre le yen, le faisant négocier à New York sur un ton ferme mais hésitant, comme suit : – 1,1285 pour un euro contre 1,1320, la veille. – 1,6345 pour un sterling contre 1,6400. – 1,7330 DM contre 1,7280. – 5,8015 FF contre 5,7970. – 1,4200 FS contre 1,4150. – 1 715,25 lires contre 1 709,40. – 114,20 yens contre 114,45. Wall Street : poursuite de la baisse Sur les marchés des valeurs mobilières, Wall Street a continué d’évoluer hier au gré des commentaires pessimistes d’analystes boursiers au sujet de l’orientation future de la cote américaine. Ainsi, après Ralph Acampora de Prudential Securities qui avait averti la veille que le marché devrait subir une correction de l’ordre de 5 % à 10 % par rapport aux niveaux actuels, Richard McCabe de Merrill Lynch a mis en garde hier contre la progression récente des valeurs technologiques qui lui semble déraisonnable. En effet, ces commentaires n’ont cessé de déprimer la plus grande Bourse mondiale qui n’a pas tardé à prendre dans son sillage les autres Bourses européennes et asiatiques. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est retombé d’un plus haut à 9 305,02 points à un plus bas 9 172,42 points avant d’afficher en préclôture 9 219,28 points, en nouvelle baisse de 71,83 points sur la veille. Paris : plongeon de la cote La Bourse a terminé en forte baisse mardi, victime du retournement des anticipations en matière de taux en Europe où une baisse était anticipée et de la crainte par les investisseurs d’une hausse des taux aux États-Unis en raison de la fermeté de la conjoncture américaine. Des opérateurs évoquent également comme facteur de baisse la dévaluation de la monnaie ukrainienne qui ravive la crainte de nouvelles dévaluations compétitives dans les marchés émergents. Le CAC 40, en hausse d’un pc en début de séance, perd ainsi 2,78 % à 4 038,49 pts, proche de son plus bas du jour. Le volume a totalisé 2,6 mds d’euros dont 2,17 mds sur le CAC. «Les bonnes nouvelles économiques que nous avons en ce moment, aux États-Unis et même en Europe où l’on paraît avoir touché le point bas, ne sont pas forcément bonnes pour les marchés car elles signifient la fin des anticipations de baisse des taux», a expliqué le stratège action pour l’Europe d’un des principaux intermédiaires de la place de Paris. Dernier indicateur montrant une conjoncture en voie d’amélioration en Europe : les chiffres de l’emploi en Allemagne meilleurs que prévu, le nombre de chômeurs reculant de 59 000 en janvier. Le stratège interrogé souligne cependant que le scénario d’une stabilisation de la conjoncture en Europe reste à confirmer. Il s’attend à ce que le marché ne fasse pas grand-chose dans les prochains mois. «Les marchés vont digérer les gains qu’ils ont engrangés depuis octobre et on risque d’avoir beaucoup de volatilité», estime-t-il. La crainte d’une hausse des taux aux États-Unis limite également les initiatives car un tel relèvement ne manquerait pas d’avoir un impact négatif sur Wall Street et au-delà sur les Bourses européennes. Le sentiment que l’économie européenne a atteint son point bas a néanmoins pour conséquence de remettre au goût du jour les valeurs cycliques. Londres marché déprimé par Wall Street La Bourse de Londres a clôturé en net repli mardi, dans le sillage du recul de Wall Street dans l’après-midi et dans l’attente de la publication du rapport trimestriel de la Banque d’Angleterre sur l’inflation. L’indice Footsie des cent principales valeurs de la Bourse de Londres a terminé la séance sur une perte de 55 points à 5 779,9 points, soit un repli de 0,94 % par rapport à son niveau de clôture la veille. Sur le Liffe, le marché à terme de Londres, le contrat mars sur le Footsie s’affichait à 5 772 points en fin de journée contre 5 835 points la veille en clôture. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’État à dix ans s’établissait à 4,334 % contre 4,37 % la veille. L’écart de rendement avec le Bund correspondant était de 54,4 points de base contre 54 points lundi soir. Tirées à la hausse en matinée par les bons chiffres des ventes de détail au mois de janvier, en hausse de 2,5 % par rapport à décembre selon l’enquête mensuelle du British Retail Consortium, les valeurs londoniennes ont subi une vague de prises de bénéfices à la mi-journée. La mauvaise tenue des places européennes et puis la chute de Wall Street dans l’après-midi a contribué à davantage ternir l’humeur du marché. Francfort : chute de 4 % La Bourse de Francfort a chuté de près de 4 % mardi, l’indice X-DAX tombant à 4 850,67 points après plusieurs jours de volatilité du fait d’un afflux d’ordres mais uniquement à la vente, selon des courtiers. Le volume des échanges brusquement accru par rapport aux derniers jours où le marché se cherchait une direction. La dégringolade du X-DAX s’est accélérée à partir du moment où la barre des 5 000 points a été franchie à la baisse, les investisseurs revendant à tour de bras pour se protéger, et l’ouverture en baisse de Wall Street a encore accentué la tendance, selon les courtiers. Le X-DAX est l’indice des 30 valeurs vedettes de Francfort et reflète les transactions du marché électronique Xetra qui brasse les deux tiers des ordres de la place allemande. Au parquet, vers où convergent les ordres souvent plus modestes ou en provenance d’Allemagne, le DAX a diminué mais beaucoup moins : -2,44 % à 4 904,35 points. Zurich : séance difficile La Bourse suisse a clôturé en baisse de 1,60 % mardi, l’indice Swiss Market Index (SMI) des valeurs vedettes perdant 112,9 points à 6 943,0, contre 7 055,9 points lundi. L’indice élargi Swiss Performance Index (SPI) a reculé de 62,74 points à 4 393,3 (-1,41 %). La séance a été «difficile», selon Pierre-André Crettaz de chez Warburg Dillon Read (groupe UBS), qui a par ailleurs relevé un «volume un petit peu plus fourni que ces derniers jours». Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a terminé mardi en retrait de 0,6 %, sous l’effet de nombreuses prises de bénéfices, selon des sources de marché. L’indice Nikkei 225 a cédé 89,83 points pour revenir à 13 902,66 pts. tandis que l’indice élargi Topix perdait 6,98 points à 1 083,65. «La Bourse de Tokyo a subi de nombreuses prises de bénéfices», a indiqué Kazue Mayuzumi, analyste à Nikko Securities Co. Ltd., et il y a eu peu d’incitations pour acheter des actions, sauf dans les valeurs de l’exportation. La faiblesse du yen par rapport au dollar a été le seul signe encourageant pour les investisseurs, favorisant même quelques valeurs vedettes en début de séance. A 14h00 locales (08h00 GMT), le yen cotait 114,47-79 yens pour un dollar, contre 114,60 à New York lundi après-midi et 113,49-52 lundi soir à Tokyo. «La reprise du dollar par rapport au yen a aidé quelques valeurs de haute technologie comme NEC ou de l’automobile comme Toyota», a indiqué M. Mayuzumi mais la plupart de ces actions ont abandonné leurs gains sous l’effet de prises de bénéfice à la clôture. Selon les opérateurs, les investisseurs ont continué à rechercher des valeurs secondaires. L’indice des valeurs au second marché a terminé effectivement en hausse de 9,38 points, soit 0,8 %, à 1227,50. Sur le marché principal, 306 millions d’actions ont changé de mains contre 261,2 millions lundi. En dépit de la baisse du yen et de l’arrêt de la dégringolade des obligations japonaises, les perspectives restent incertaines pour les investisseurs et écartent toute perspective haussière, estiment les opérateurs.
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