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Actualités - Chronologie

Ossature du régime, les bédouins sont résignés (photo)

Sous une toile de tente agitée par les bourrasques du vent de l’hiver, les bédouins devisent gravement, autour d’un feu de bois, sur la mort du roi Hussein. «Le roi, que j’ai pratiqué, est un homme courageux, compatissant, digne et clément», proclame, dans la tradition d’éloquence arabe, Khadr al-Nouirane al-Othmane, ancien soldat de l’armée jordanienne. Le campement installé au bord de la route près de la localité d’al-Khalidia, à 50 km au nord-est d’Amman, comprend une dizaine de tentes et autant d’enclos où sont regroupés des dizaines de dromadaires. D’une fidélité sans faille pour le trône, les bédouins constituent un pilier du régime hachémite et forment l’ossature de l’armée jordanienne qui compte 104 000 hommes. La population d’origine bédouine, dont la majorité est aujourd’hui sédentarisée, jouit de l’attention du régime et plus particulièrement du palais royal. Un quota de six députés lui est garanti au sein du Parlement de 80 sièges. Deux sièges sont réservés aux tribus du sud, dont la plus importante est celle des Houitat, deux pour celles du centre, dont les Bani Sakher, et deux pour les tribus du nord, notamment les Bani Khaled. Autre privilège, les fils de bédouins disposent d’un quota à l’Université jordanienne, institution publique de l’enseignement supérieur. Al-Othmane offre le portrait typique du soldat de l’«Armée arabe», appelée ainsi en souvenir de la Légion arabe de Lawrence d’Arabie, qui avait participé à la lutte contre l’occupation ottomane en 1917. Né en 1943, il a servi 18 ans sous les drapeaux, a été «prêté» pendant trois ans aux forces armées du sultan Qabous d’Oman, avant d’être mis à la retraite. «La séparation entre le roi et son peuple sera dure», ose Nayef Ben Abdallah Abou Janab, 29 ans, marchand de chameaux. Comme les membres de son clan, originaire de la région de Beersheba, actuellement dans le sud d’Israël, et qui s’était établi en Jordanie bien avant la création de l’État hébreu en 1948, Abou Janab est resté longuement suspendu aux bulletins d’information des radios internationales pour suivre l’évolution de l’état de santé du roi. Philosophe, al-Othmane intervient par une longue parabole sur les successions dans le monde arabe pour démontrer que la Jordanie est capable de survivre au roi qui l’a gouvernée depuis 46 ans. «Qui aurait imaginé l’Algérie sans Ahmed Ben Bella, l’Égypte sans Gamal Abdel Nasser, ou le royaume d’Arabie séoudite sans le roi Fayçal», répond-il indirectement à une question sur la succession.
Sous une toile de tente agitée par les bourrasques du vent de l’hiver, les bédouins devisent gravement, autour d’un feu de bois, sur la mort du roi Hussein. «Le roi, que j’ai pratiqué, est un homme courageux, compatissant, digne et clément», proclame, dans la tradition d’éloquence arabe, Khadr al-Nouirane al-Othmane, ancien soldat de l’armée jordanienne. Le campement installé au bord de la route près de la localité d’al-Khalidia, à 50 km au nord-est d’Amman, comprend une dizaine de tentes et autant d’enclos où sont regroupés des dizaines de dromadaires. D’une fidélité sans faille pour le trône, les bédouins constituent un pilier du régime hachémite et forment l’ossature de l’armée jordanienne qui compte 104 000 hommes. La population d’origine bédouine, dont la majorité est aujourd’hui...