Battue pour la première fois de son histoire par les États-Unis et de quelle manière (0-3), l’Allemagne, triple championne du monde, championne d’Europe en titre, ne sait plus si elle doit rire ou pleurer de son équipe nationale. «Honte sur vous», titrait le quotidien populaire Bild dimanche au lendemain du match. «L’Allemagne ridiculisée» à la une de la Welt. «À pleurer de rire», éditorialisait l’agence de presse Sid. L’Allemagne a reçu à pleine volée cette vérité à la face : la Nationalmannschaft est définitivement sortie du cercle fermé des grandes équipes. À la pause, 1,3 million de téléspectateurs allemands avaient changé de chaîne. Les Américains, qui n’en finissent pas de s’éveiller au «soccer», avaient perdu leurs trois précédents matches contre les Allemands, le dernier pas plus tard que lors du Mondial français (0-2). Ils n’avaient plus marqué le moindre but depuis 289 minutes et leur défaite (1-2) contre l’Iran. C’était en juin, au cours du même Mondial. Samedi au stade Alltel de Jacksonville (Floride), ils ont rompu le charme dès la 16e minute. Dix minutes plus tard, quand Claudio Reyna faisait trembler les filets une 3 e fois, «nous étions les premiers étonnés», avouait le buteur. Les Allemands comprenaient encore moins. Des joueurs allemands, on disait naguère qu’ils n’avaient peur de personne et qu’aucune victoire, aussi large qu’elle fût, n’était jamais acquise avant le coup de sifflet final. Ces temps-là sont révolus : «J’ai eu peur que nous ne soyons taillés en pièces en 2 e mi-temps», avouait Uli Stielike, l’adjoint du sélectionneur Erich Ribbeck. Il est vrai qu’il s’en est fallu de peu. Les Allemands, avec les millions de licenciés de leur fédération, avec la puissance outrancière de leurs clubs, ces Allemands-là, les Lothar Matthaeus, Andreas Moeller, ont été mystifiés par les représentants d’un football babillant : surclassés physiquement, techniquement et tactiquement. «Comme ça on n’a plus une seule chance sur la scène internationale», disait Stielike. L’affront infligé par les Croates en quart de finale de la Coupe du monde (0-3) avait laissé aux Allemands le souvenir peut-être le plus cuisant de leur histoire. Celui de samedi ne lui cèdera pas en grand-chose. Il est d’autant plus douloureux que la tournée américaine des champions d’Europe devait sonner l’heure du renouveau. C’est en tout cas ce que se promettait Ribbeck. Il avait pris son poste voilà cinq mois pour faire oublier Berti Vogts, un après-Coupe du monde aussi calamiteux que la Coupe du monde elle-même, et un jeu aussi dépassé que les joueurs. Depuis lors, Ribbeck a perdu 0-1 en Turquie et péniblement gagné 3-1 contre la Moldavie en éliminatoires des championnats d’Europe. En dernier lieu, les Allemands avaient fait un amical match nul 1-1 contre les Néerlandais. Mais la partie n’avait été qu’une leçon dispensée par les Pays-Bas. Le semblant d’état de grâce de Ribbeck, nommé en désespoir de cause, s’est évanoui samedi devant 17 249 spectateurs qui n’avaient sans doute jamais été à pareille fête. La Colombie l’attend mardi, puis 6 matches des qualifications pour l’Euro-2000. En Allemagne, des voix insignes s’élèvent déjà pour repartir véritablement de zéro, au risque de sacrifier la qualification. Beckenbauer : L’équipe nationale est un ramassis de besogneux Pour Franz Beckenbauer, l’équipe d’Allemagne n’est plus qu’une réunion de «tâcherons». «Il y a trop de joueurs moyens dans cette équipe, ce sont des tâcherons», a tranché le président du Bayern Munich (D1) et chef de la candidature allemande à l’organisation de la Coupe du monde en 2006. «Où sont passés les joueurs de talent ? Des joueurs comme Brehme, Voeller et le jeune Matthaeus ont disparu aujourd’hui», a dénigré sur la chaîne de télévision sportive DSF cet habitué des jugements dévastateurs. «Nous avons pour la première fois un problème de renouvellement des générations», a-t-il avoué. Le Kaiser ne faisait que résumer l’avis du corps des anciens internationaux, qui ont donné à leur pays trois titres de champions du monde et autant de champions d’Europe. Guenter Netzer est allé jusqu’à dire que les joueurs avaient donné à l’opinion publique des raisons de «remettre en cause l’existence même de la Nationalmannschaft». Pour Bernard Dietz, capitaine des champions d’Europe en 1980, «il faut arrêter de croire que nous sommes tellement bons». France : Marseille reprend la tête Bordeaux tenu en échec à Rennes (1-1), Marseille n’a pas laissé passer l’occasion. Victorieux devant Bastia au stade Vélodrome (3-1), l’OM a repris la première place du championnat de France de football de première division à l’occasion de la 23 e journée disputée samedi et dimanche. Alors que Marseille était en joie, Lyon était en deuil. Samedi, c’est une équipe de l’OL soudée qui a rendu hommage à Luc Borrelli, le gardien remplaçant du club décédé accidentellement cette semaine. Les Lyonnais ont dû faire preuve de courage pour l’emporter (2-1) face à Nancy. En signant sa troisième victoire d’affilée, l’équipe rhôdanienne a pris la troisième place du classement à Rennes. Bordeaux a concédé son troisième résultat nul à l’extérieur. Au stade de la Route de Lorient à Rennes, c’est pourtant Sylvain Wiltord qui a ouvert le score. L’ancien Rennais occupe seul la tête du classement des buteurs avec 15 buts, puisque la bonne série de son compère, Lilian Laslandes, s’est achevée à Rennes. Laslandes avait toujours marqué au cours des cinq dernières journées ! Consolation, c’est lui qui a fait la passe décisive à son compère : sa huitième. Pour Rennes, c’est Dominique Arribagé qui a trompé sur la fin (86) Ulrich Ramé. Le match s’est terminé dans la confusion, l’entraîneur Élie Baup et le milieu Ali Bernarbia étant exclus du banc à la suite de leurs vives protestations, et Bordeaux déposant des réserves à l’issue de la rencontre. Marseille a rempli son contrat devant Bastia, qui a joué avec ses moyens actuels. En revanche, Stéphane a encaissé son premier but au Vélodrome. Depuis le 20 septembre et le but de Kaba Diawara, qui jouait à l’époque à Bordeaux, la défense de l’OM n’avait jamais été prise en défaut. Nantes ne perd plus. Après leur victoire, la septième à domicile, les «Canaris» sont quatrièmes, à égalité de points avec Lyon. Lyon compte un match en moins et possède une différence de buts supérieure (+ 11 contre + 9). La victime du jour des Nantais : Lens, le champion en titre (2-0). Nantes n’a plus connu la défaite depuis la 14 e journée ! Malgré la crise de confiance qu’elle traverse et les coups de semonce du prince Albert, très critique à l’encontre du président Jean-Louis Campora, rien n’est perdu pour l’AS Monaco après son deuxième succès à l’extérieur au Havre (2-1). Le Paris SG n’avait plus gagné depuis sept matches ! Il s’est repris aux dépens de Sochaux (2-1), toujours dernier au classement et qui n’avait plus perdu depuis trois rencontres. Metz a confirmé son redressement en s’imposant pour la septième fois à domicile devant Lorient (3-0), qui n’a plus remporté le moindre succès depuis trois rencontres. Dimanche, nouveau coup de tonnerre : Auxerre a concédé sa première défaite à domicile contre le Toulouse d’Alain Giresse (2-1). C’est également la première victoire à l’extérieur pour le TFC et la deuxième victoire d’affilée depuis que Gigi a repris les commandes techniques de l’équipe. En soirée, Montpellier a concédé son troisième nul à domicile (1-1) face à Strasbourg qui, bien que réduit à dix pendant toute la seconde période, a enrayé une série de deux défaites consécutives. Espagne : Raul sauve le Real Madrid Trois buts de Raul ont sauvé le Real Madrid du ridicule contre Valladolid (3-2), tandis que le FC Barcelone a conservé sa place en tête du championnat d’Espagne de football avec une victoire 2-1 chez le modeste Extremadura, dimanche, lors de la 21 e journée du championnat. Le Barça compte trois points d’avance sur le Real et deux autres poursuivants, Valence et le Celta Vigo. Barcelonais et Madrilènes se retrouveront dimanche prochain pour une explication au sommet au Camp Nou. Raul, capitaine pour la première fois de sa vie, a fait honneur à son brassard en inscrivant le but de la victoire dans les dernières secondes sur un centre du Brésilien Roberto Carlos. Son coup de chapeau (trois buts consécutivement) le propulse en tête du classement des buteurs de la Liga (13 buts). Mais la victoire des champions d’Europe a été saluée par les sifflets du stade Santiago-Bernabeu, qui n’avait pas supporté l’égalisation de Valladolid à 2-2 alors que le Real menait 2-0 après deux penalties transformés par Raul. Italie : le Milan AC tient la Fiorentina en échec Le Milan AC a porté un coup d’arrêt à la série de dix victoires consécutives à domicile de la Fiorentina en tenant en échec 0-0 le leader de la série A italienne dimanche lors de la 20e journée. La Lazio de Rome profite de ce partage des points pour réduire à une seule longueur l’avance du club toscan en tête du tableau, grâce à sa victoire 3-0 contre Pérouse. Le Chilien Marcelo Salas a réussi un doublé assorti d’une passe décisive pour Christian Vieri. C’est la neuvième victoire d’affilée pour le club romain, qui améliore ainsi son propre record et n’est plus qu’à une victoire du record absolu de série A. Après 20 journées, la course au «Scudetto» reste toujours aussi indécise, la Fiorentina compte 42 points contre 41 à la Lazio et 37 au Milan AC. Cinquième du classement, l’Inter de Milan a démoli Empoli 5-1.
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