Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les jordaniens attérrés et incrédules(photo)

Les Jordaniens étaient atterrés par l’agonie du roi Hussein mais voulaient encore croire au miracle quelques heures après son retour des États-Unis vendredi à Amman. «Irremplaçable, le roi est irremplaçable et je prie Dieu pour qu’il le garde en vie», implore Youssef Isaac, 36 ans, qui lit les dernières nouvelles dans son journal, devant sa boutique de vitrier. Comme beaucoup de ses concitoyens, Isaac ne sait pas encore que le souverain jordanien, 63 ans, est dans un état désespéré. La radio et la télévision officielles se sont abstenues de retransmettre en direct le retour du souverain, arrivé des États-Unis dans la matinée. La télévision s’est contentée d’annoncer que le souverain jordanien est revenu dans son pays où il a été accueilli par les membres de sa famille. «Je garde l’espoir et je prie pour lui», explique Georges Abiadh, un ébéniste de 75 ans. L’air absent, il explique qu’il n’a pas «dormi de la nuit» après avoir appris la «triste nouvelle de l’échec de l’opération d’Abou Abdallah», surnom affectueux donné par les Jordaniens au roi Hussein. Dans la grande mosquée d’Amman, l’imam de la prière du vendredi prépare déjà le terrain à la succession, devant une assistance de fidèles graves. «Nous prions Dieu pour un rétablissement rapide du roi et pour le succès de son prince héritier», lance l’imam, cheikh Ibrahim Kachane, dans son prêche qui est retransmis en direct par la télévision. Dans la rue de l’émir Mohammad, la grande artère commerçante, de petits groupes se forment autour des vendeurs de journaux. Le quotidien al-Arab al-Yom proclame à la Une: «Après une lutte courageuse contre la maladie et conformément à ses vœux, notre seigneur est revenu». Les autres quotidiens, reprenant une dépêche de l’agence officielle Petra, indiquent que le «roi est revenu pour poursuivre son traitement anticancéreux à Amman». Aucune mesure de sécurité exceptionnelle n’était visible dans le centre de la capitale jordanienne, grouillant d’activité en dépit du repos hebdomadaire du vendredi. Les larmes aux yeux, Marouane Abou Dreï, 24 ans, a choisi d’écouter des sourates du Coran dans sa petite boutique de prêt-à-porter qui résonne d’habitude des derniers succès de la chanson populaire. «L’heure est triste. Aujourd’hui, il n,y a pas de Palestiniens ni de Jordaniens, nous sommes tous les fils du roi Hussein», ajoute ce citoyen d’origine palestinienne. Les Palestiniens forment plus de la moitié de la population jordanienne estimée à 4,6 millions d’habitants. Palestiniens comme Jordaniens affirment que le roi est irremplaçable. «Il est le seul à comprendre son peuple», proclame Farhane Abbadi, 28 ans, à l’affût d’un client devant son studio photographique en face du grand amphithéâtre romain de l’antique Philadelphie. «Nous sommes un peuple fort et nous saurons surmonter notre chagrin», explique M. Abbadi en évoquant la disparition apparemment inéluctable du doyen des dirigeants de la région. «La tristesse me noue la gorge», dit un bédouin au bord des larmes, interrogé sur l’état de santé du roi, au moment où il négocie un manteau en peau de mouton à l’ombre de la mosquée.
Les Jordaniens étaient atterrés par l’agonie du roi Hussein mais voulaient encore croire au miracle quelques heures après son retour des États-Unis vendredi à Amman. «Irremplaçable, le roi est irremplaçable et je prie Dieu pour qu’il le garde en vie», implore Youssef Isaac, 36 ans, qui lit les dernières nouvelles dans son journal, devant sa boutique de vitrier. Comme beaucoup de ses concitoyens, Isaac ne sait pas encore que le souverain jordanien, 63 ans, est dans un état désespéré. La radio et la télévision officielles se sont abstenues de retransmettre en direct le retour du souverain, arrivé des États-Unis dans la matinée. La télévision s’est contentée d’annoncer que le souverain jordanien est revenu dans son pays où il a été accueilli par les membres de sa famille. «Je garde l’espoir et je prie...