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Actualités - Chronologie

Japon Les autorités contre le secours à la planche à billets

Les autorités japonaises ont sorti jeudi la grosse artillerie pour pilonner l’idée d’un député proposant d’autoriser la Banque du Japon à acheter directement des obligations d’État… en d’autres terme, de faire tourner la planche à billets pour lutter contre la déflation. Le gouverneur de la Banque du Japon Masaru Hayami et le ministre des Finances Kiichi Miyazawa ont l’un et l’autre rejeté sans appel cette proposition, hérétique au regard de la doctrine économique classique. Dans un souci de maîtrise de l’inflation, la Banque centrale nippone n’a pas le droit de souscrire directement les titres du Trésor nippon. La levée temporaire de cette interdiction permettrait d’inonder le marché de liquidités et d’affaiblir fortement le yen, deux facteurs propices à la reprise de l’activité dans une économie nippone engluée dans la déflation. Devant une commission parlementaire, M. Hayami a souligné que la mise en œuvre d’une telle proposition constituerait une invitation à une reprise «vicieuse» de l’inflation et détruirait la confiance dans la Banque centrale. «Nous n’avons en aucune façon l’intention de souscrire à de nouvelles obligations du Trésor», a affirmé M. Hayami, en foulant aux pieds l’idée d’Ichizo Ohara, un proche conseiller du Premier ministre Keizo Obuchi. Le gouverneur de la Banque centrale a reçu l’appui affirmé du ministre des Finances Miyazawa, mais M. Obuchi a été plus équivoque : «Je suis toujours à l’écoute de diverses opinions», a-t-il indiqué à la presse japonaise. Pour sa part, M. Ohara persiste et signe. Il affirme que son plan, qui prévoit l’achat par la Banque du Japon d’au moins 5 000 milliards de yens (38 milliards d’euros) de titres du Trésor en deux ans, fait actuellement l’objet d’études au sein de son parti, le Parti libéral démocrate (PLD, majoritaire). «Nous avons épuisé tous les moyens pour stimuler notre économie par des remboursements d’impôts et par l’accroissement de la dépense publique. Que reste-t-il à notre disposition ?», s’est interrogé le député conservateur. «Contraindre la Banque du Japon à souscrire des obligations d’État est la seule mesure dont nous disposons dans le contexte actuel de chute des prix à la consommation», a souligné M. Ohara dans un entretien avec l’AFP. «Nous faisons là face à une situation d’urgence, à une crise», a-t-il fait valoir. Une telle proposition est hérétique car elle ravive le spectre de l’hyperinflation et des brouettées de billets nécessaires pour acheter le moindre objet de la vie courante. Mais le mal qui menace la deuxième économie mondiale n’est pas l’inflation, inexistante, mais bien la déflation. La presse japonaise affirme que le secrétaire américain au Trésor Robert Rubin aurait d’ores et déjà donné son aval à cette proposition. La politique monétaire est «clairement, manifestement l’un des domaines que les décideurs économiques doivent étudier pour déterminer comment sortir de la récession» au Japon, a indiqué M. Rubin, cité par les médias nippons. L’achat d’obligations du Trésor par la Banque du Japon est «clairement l’un des outils» à la disposition de Tokyo pour sortir de l’impasse, selon lui. Les propos prêtés à M. Rubin ont provoqué un raffermissement du dollar, alors que le billet vert semblait en passe d’enfoncer la barre des 110 yens.
Les autorités japonaises ont sorti jeudi la grosse artillerie pour pilonner l’idée d’un député proposant d’autoriser la Banque du Japon à acheter directement des obligations d’État… en d’autres terme, de faire tourner la planche à billets pour lutter contre la déflation. Le gouverneur de la Banque du Japon Masaru Hayami et le ministre des Finances Kiichi Miyazawa ont l’un et l’autre rejeté sans appel cette proposition, hérétique au regard de la doctrine économique classique. Dans un souci de maîtrise de l’inflation, la Banque centrale nippone n’a pas le droit de souscrire directement les titres du Trésor nippon. La levée temporaire de cette interdiction permettrait d’inonder le marché de liquidités et d’affaiblir fortement le yen, deux facteurs propices à la reprise de l’activité dans une...