Le Pentagone envisage de mettre en place un groupe de travail chargé de définir le rôle des militaires lors d’agressions terroristes sur le territoire américain commises avec des armes de destruction massive. Le groupe de travail serait placé sous le commandement d’un haut responsable militaire avec pour tâche de préparer les réactions du Pentagone en cas d’attaques contre les États-Unis avec des armements chimiques ou biologiques, a précisé un responsable du département de la Défense. «Nous songeons à une organisation très spécialisée (...) avec des personnes venant de tous les services» et qui seraient chargées de définir la réaction des militaires dans un tel scénario, a ajouté ce responsable, qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat. «Ce que nous cherchons (à faire) est de planifier, réfléchir à des propositions que les autorités civiles» pourront examiner, a-t-il poursuivi. Certains s’inquiètent des risques que présenterait pour les libertés civiles un rôle plus étendu des militaires dans la défense du territoire national. Selon ce responsable du Pentagone, le groupe de travail pourrait être placé sous l’autorité du Commandement américain de l’Atlantique, à Norfolk, en Virginie. Le Pentagone a «examiné», mais pour la «rejeter», une hypothèse avancée l’année dernière par le secrétaire adjoint à la Défense, John Hamre, de créer un nouveau poste de commandant-en-chef pour le territoire américain. L’idée a été abandonnée car une autorité militaire chargée des questions de sécurité intérieure eut été trop «déconcertante» aux yeux de l’opinion publique américaine, a expliqué ce responsable. Le Pentagone a placé des commandants-en-chef à la tête de quatre régions militaires réparties à travers le monde, mais il n’y a pas de commandant-en-chef pour les États-Unis. Le maintien de l’ordre est assuré essentiellement aux États-Unis par les polices locales et des États, alors que la Sûreté fédérale (FBI) est chargée plus particulièrement des cas de violations de la loi fédérale. Mais il n’existe pas de forces de police nationales, comme elles existent dans de nombreux pays. Les éléments de la Garde nationale, un corps de réserve, dépendent des gouverneurs des États, et non pas du Pentagone ou de la Maison-Blanche. Selon les spécialistes, les forces de l’ordre seraient totalement débordées en cas d’attaque chimique ou biologique, les militaires restant les seuls à disposer des structures et des moyens pour faire face à un tel cataclysme. Le secrétaire adjoint à la Défense, John Hamre, relevait lors d’un discours l’automne dernier qu’une agression terroriste ou contre les réseaux informatiques nécessiterait des interventions «sans précédent» des militaires américains aux États-Unis. «Je considère personnellement qu’il s’agira de l’un des défis les plus graves pour les libertés civiles auxquels nous serons confrontés dans ce pays», avait-il ajouté, en plaidant pour une meilleure préparation en cas de catastrophe. Le Pentagone a fourni jusqu’ici un rôle de soutien dans le programme antiterroriste de l’administration, en contribuant notamment à la mise en place d’équipes de déploiement rapide auprès de dix unités de la Garde nationale, spécialisées dans la détection d’attaques avec des armements chimiques, biologiques ou nucléaires.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Pentagone envisage de mettre en place un groupe de travail chargé de définir le rôle des militaires lors d’agressions terroristes sur le territoire américain commises avec des armes de destruction massive. Le groupe de travail serait placé sous le commandement d’un haut responsable militaire avec pour tâche de préparer les réactions du Pentagone en cas d’attaques contre les États-Unis avec des armements chimiques ou biologiques, a précisé un responsable du département de la Défense. «Nous songeons à une organisation très spécialisée (...) avec des personnes venant de tous les services» et qui seraient chargées de définir la réaction des militaires dans un tel scénario, a ajouté ce responsable, qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat. «Ce que nous cherchons (à faire) est de planifier,...