Le témoignage de Monica Lewinsky devant un aréopage de sénateurs américains dans un procès historique de destitution constitue le dernier avatar de sa sulfureuse carrière de stagiaire à la Maison-Blanche. Cette Californienne «montée» à Washington, celle par qui le plus grand scandale ayant affecté la présidence américaine ces dernières années est arrivé, serait aujourd’hui, dit-on aux États-Unis, plus connue que le pape. Le monde n’ignore plus rien de ses goûts vestimentaires, alimentaires et sexuels, grâce au rapport exhaustif du procureur indépendant Kenneth Starr. Le détail de ses rencontres et attouchements avec le président américain de même que son enfance privilégiée, son adolescence perturbée, ses séances de psychothérapie, ses boulimies de fringues ou de pâtisseries ont été passés au crible. Ce week-end, Monica Lewinsky, aujourd’hui âgée de 25 ans, revenait dans la capitale américaine comme témoin vedette dans le cadre du procès de destitution de président Bill Clinton, le deuxième seulement dans l’histoire des États-Unis. Elle devra s’y expliquer à nouveau et sans doute pour la dernière fois sur la relation intime qu’elle a eue durant 18 mois avec le président américain, dernier acte d’une carrière washingtonienne qui a commencé comme stagiaire bénévole à la Maison-Blanche sur recommandation d’un ami de sa famille, un riche donateur du Parti démocrate. Née le 23 juillet 1973 à San Francisco, en Californie, Monica Lewinsky a grandi sur la côte ouest des États-Unis. Fille d’un riche médecin cancérologue installé à Los Angeles, elle fait sans grande motivation des études de psychologie dans une petite université de l’Oregon mais rêve de pouvoir et de gloire. Son stage à la Maison-Blanche lui permettra de combler son ambition. Brune plantureuse aux yeux bleus, elle fait ses débuts au service du courrier de la Maison-Blanche, mais aime surtout traîner près du bureau ovale, ne manquant aucune réception ou cérémonie où elle pourrait approcher le président. Enjouée, dynamique, affectueuse, elle se fait rapidement remarquer de Bill Clinton avec qui elle échange sa première étreinte le 15 novembre 1995, selon les confidences enregistrées à son insu par son amie Linda Tripp. La fascination de Monica Lewinsky pour Bill Clinton ne passe pas inaperçue. La jeune femme, qui avait fini par obtenir un emploi rémunéré à la Maison-Blanche, est mutée au Pentagone en avril 1996. Pour elle, c’est le drame: «Cet emploi représente tout pour moi», dit-elle à l’époque. Elle continue à se rendre fréquemment à la Maison-Blanche, mais le président Clinton se fait plus distant tandis que s’accumulent les nuages de l’affaire Paula Jones. Les appels de Bill Clinton se font plus rares, les siens se multiplient, accompagnés de lettres, de cadeaux, de cassettes. En décembre 1997, elle décide de partir pour New York où elle espère trouver un emploi prestigieux. Le scandale éclate quelques semaines plus tards propulsant Monica Lewinsky sous les projecteurs et dans les griffes de Kenneth Starr, dont elle est toujours à la merci. Son accord d’immunité avec le procureur indépendant lui interdit en effet de parler à la presse et l’oblige à coopérer dans toute procédure «exécutive, militaire, judiciaire ou du Congrès». Malgré les paparazzi, la jeune femme tente pourtant aujourd’hui de reconstruire sa vie à Los Angeles où elle a maintenant son propre appartement, un petit ami et une nouvelle voiture. Elle attend la publication de sa biographie avec le Britannique Andrew Morton, L’Histoire de Monica pour laquelle elle aurait touché un million de dollars. Elle a trouvé une alliée de poids en Barbara Walters, journaliste vedette de la chaîne de télévision ABC qui prépare avec elle une interview exclusive et la trouve «très intelligente et chaleureuse». Même les «procureurs» républicains chargés du procès de Bill Clinton qui l’ont rencontré la semaine dernière dans un grand hôtel de la capitale l’ont trouvée unanimement «intelligente et posée».
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