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Actualités - Chronologie

L'enfer de l'alcoolisme De la dépression à la cirrhose (photos)

L’alcool, c’est connu, réchauffe une ambiance, gomme la timidité, dispense l’euphorie et auréole la convivialité. Oui, mais... Si entre ce vieil euphorisant de l’humanité se produit une malencontreuse rencontre avec une personnalité particulière (triste, inhibée, vulnérable à cause d’une mauvaise représentation d’elle-même) accusant, de surcroît, certains facteurs biologiques (sensibilité génétique à l’alcool), le rite plaisant du verre de l’amitié peut mener à un effroyable labyrinthe. «Risque de dépendance», avertissent les médecins. C’est-à-dire disparition de la mise en garde intérieure imposant une frontière à la consommation alcoolique. Le «trop plein» cesse de se faire sentir. Toutes ces notions ne sont pas nouvelles ni inconnues presque de tous. Ce, par contre, qui est peu ou mal diffusé, c’est que les deux sexes ne sont pas égaux devant l’alcool. Chez l’homme, coutumes sociales, habitudes, fréquence d’occasions font de l’alcoolisation régulière qui finit par créer la dépendance. Les quantités absorbées augmentent, à chaque contrariété l’alcool apporte son secours et au bout d’un temps (variable d’un individu à l’autre) l’accoutumance puis l’esclavage total s’installent. Entre-temps l’alcool poursuit son pernicieux chemin; maux d’estomac, crampes, léger tremblement au début. Puis insuffisances diverses (cardiaques, respiratoires, urinaires) et finalement cirrhose du foie. Parallèlement, des troubles psychologiques s’accentuent graduellement: l’humeur se modifie: mauvaise humeur, irascibilité, susceptibilité, agressivité, rendent le comportement familial et social pénible pour l’entourage. Irritable, anxieux, déprimé, le sujet perd petit à petit le sommeil et fait des cauchemars. Pour fuir ce malaise, il boit et le cercle vicieux s’installe. Un processus contraire Chez la femme, le processus suit un chemin presque opposé. Auxieuse, déprimée, mal dans sa peau, elle a recours à l’alcool comme à un remède allié, un «filtre d’oubli» qui soulage. Lorsqu’elle en prend conscience, elle éprouve de la honte, du dégoût, du mépris pour elle-même sans pouvoir échapper à l’emprise de ce produit qui lui procure une consolation à sa souffrance. Hélas, la femme est beaucoup plus sensible que l’homme aux effets néfastes de l’alcool. En commençant par le facteur génétique, la sensibilité innée à l’alcool se situe à un seuil plus bas. L’accoutumance, donc, et les effets morbides apparaissent bien plus vite. Troubles physiques et troubles psychologiques sont, chez elle, bien plus précoces. Très vite l’alcool perd son action stimulante, euphorisante, pour accroître une action génératrice d’angoisse qui entraîne à son tour une grande déprime. Pour oublier, alors, elle boit plus, augmente les doses et les prises et la voilà au palier de l’alcoolisme, dans un laps de temps bien plus court et avec des doses sensiblement plus réduites que l’homme. Rechutes et traitement Le grand problème du traitement de l’alcoolisme est qu’il ne peut être initié qu’avec la participation active de l’intéressé. Or, l’alcoolique refuse d’admettre l’effet de la boisson sur son comportement et sa santé. Il n’a même pas la notion exacte des quantités qu’il ingurgite. Heureusement, il arrive souvent, qu’à un moment donné, il prenne conscience de l’existence d’une limite qu’il ne faut dépasser. Pour arrêter de boire, cependant, il est nécessaire d’être convaincu de couper radicalement tout lien avec l’alcool, brusquement et totalement, pour la vie. Accepter aussi le fait que le traitement est long, contraignant et susceptible de se trouver confronté à des rechutes. L’aide du généraliste et celle du psychiatre sont nécessaires à la réussite de cette tentative salvatrice. Le patient, de son côté, devra accepter ce suivi médical qui peut parfois durer longtemps. Mais face à la déchéance et les souffrances qui le guettent, il y a très peu de place pour les marchandages. Le spectre du sinistre delirium tremens est le meilleur avocat de l’abstinence...
L’alcool, c’est connu, réchauffe une ambiance, gomme la timidité, dispense l’euphorie et auréole la convivialité. Oui, mais... Si entre ce vieil euphorisant de l’humanité se produit une malencontreuse rencontre avec une personnalité particulière (triste, inhibée, vulnérable à cause d’une mauvaise représentation d’elle-même) accusant, de surcroît, certains facteurs biologiques (sensibilité génétique à l’alcool), le rite plaisant du verre de l’amitié peut mener à un effroyable labyrinthe. «Risque de dépendance», avertissent les médecins. C’est-à-dire disparition de la mise en garde intérieure imposant une frontière à la consommation alcoolique. Le «trop plein» cesse de se faire sentir. Toutes ces notions ne sont pas nouvelles ni inconnues presque de tous. Ce, par contre, qui est peu ou mal...