Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Cinéma - Trois contes iraniens Grand écran sur l'île de Kish

L’île de Kish, carrefour séculaire dans le Golfe, sur les routes maritimes entre l’Asie et l’Europe, est le cadre de trois «contes», réalisés par trois Iraniens, qui ont en commun d’être bercés par le bruit de la mer. Mohsen Makhmalbaf, Abolfazl Jalili et Nasser Taghvaï ont tourné dans cette zone franche, à 18 kilomètres des côtes iraniennes, des courts métrages à la fois poétiques et métaphoriques car, selon Makhmalbaf, le cinéma doit «agir comme un miroir de la société, pour que le peuple se regarde et voit ce qu’il doit changer». Après la sortie en France le mois dernier de Don d’Abolfazl Jalili et une semaine avant la sortie du dernier film d’Abbas Kiarostami (Le vent nous emportera), ces Contes de Kish (Ghessé Hayé Kish), présentés au dernier festival de Cannes, manifestent le renouveau et la vitalité du cinéma iranien. Un cinéma qui connaît depuis quelques années un véritable âge d’or marqué par une palme d’or à Cannes (Le goût de la cerise de Kiarostami, en 1997), le grand prix du jury à la Mostra de Venise cette année (Le vent nous emportera) et par une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger (Le père, de Majid Majidi), sans compter les prix glanés aux festivals de Locarno, Saint-Sébastien ou Montréal. Surréalisme en images Le plus connu des trois cinéastes-conteurs est sans conteste Mohsen Makhmalbaf (42 ans), déjà remarqué pour Salam Cinéma, Gabbeh et Le silence. Il a reçu le mois dernier les insignes d’officier dans l’ordre des arts et des lettres, décernés par la ministre française de la Culture, Catherine Trautmann. Avec La porte, le dernier des Contes de Kish, il signe un poème surréaliste en images, dont la beauté plastique est remarquable. L’histoire absurde, cocasse et tragique d’un vieil homme qui a vendu tous ses biens. Il ne lui reste que sa porte, une énorme porte sculptée, dont personne ne veut, et il va, pliant sous son poids, à travers le désert, poursuivi par un facteur cycliste en gandourah blanche. Ce facteur, qui fait un clin d’œil à Jacques Tati, veut à tout prix lui remettre une lettre qui lui est destinée. Le bateau grec de Nasser Taghvaï (58 ans) est l’épave d’un cargo rouillée qui gît près de la côte depuis des années. Les vagues charrient contre ses flancs des cartons vides aux noms de Sony, JVC, Nivea, Samsung... Ces emballages, symboles d’une civilisation étrangère et d’une société de consommation, inconnues sur ce bout de sable perdu, perturbent l’épouse du petit marchand qui vit là. Tellement qu’il faut la conduire chez l’exorciste. La bague d’Abolfazi Jalili (42 ans), auteur prolifique, distingué dans maints festivals mais victime de la censure en Iran, où un seul de ses films est sorti, est l’histoire d’un jeune Kurde pauvre. Il vient clandestinement sur l’île afin de trouver un travail dans l’espoir de payer ses études et d’offrir une bague à sa sœur pour ses fiançailles.
L’île de Kish, carrefour séculaire dans le Golfe, sur les routes maritimes entre l’Asie et l’Europe, est le cadre de trois «contes», réalisés par trois Iraniens, qui ont en commun d’être bercés par le bruit de la mer. Mohsen Makhmalbaf, Abolfazl Jalili et Nasser Taghvaï ont tourné dans cette zone franche, à 18 kilomètres des côtes iraniennes, des courts métrages à la fois poétiques et métaphoriques car, selon Makhmalbaf, le cinéma doit «agir comme un miroir de la société, pour que le peuple se regarde et voit ce qu’il doit changer». Après la sortie en France le mois dernier de Don d’Abolfazl Jalili et une semaine avant la sortie du dernier film d’Abbas Kiarostami (Le vent nous emportera), ces Contes de Kish (Ghessé Hayé Kish), présentés au dernier festival de Cannes, manifestent le renouveau et la...