Les conditions de vent, léger, forcissant un peu dans l’après-midi (de 5 à 12 nœuds), présidant à cette 7e journée de la 2e série (round robin II) de la Coupe Louis Vuitton, qualificative à la Coupe de l’America à la voile, n’ont provoqué aucun résultat inattendu, lundi. Les départs avaient toutefois dû être décalés d’une à deux heures sur l’horaire initial (à partir de 12h15 locales), le vent ayant eu du mal à se lever dans le golfe d’Hauraki à Auckland. Deux courses ont connu des retournements de situation, les défis australien et français ayant chacun pris un meilleur départ et ayant mené le début de leur course, avant de finalement laisser filer leur adversaire. Young America a confirmé sa deuxième place en gagnant haut la main, de 4 min 58 sec, son duel contre Abracadabra 2000, le défi hawaïen. Le défi du New York Yacht club a écarté son opposant dès le départ et fait montre d’une vitesse impressionnante dans le petit temps. Avec 28 secondes d’avance au départ, Young America, en creusant l’écart jusqu’à compter près de 5 minutes d’avance, a fait cavalier seul. America One : une défaite qui coûte cher L’autre duel américano-américain de la journée a opposé Stars and Stripes à America True. John Cutler, à la barre d’America True, a interrompu le cycle victorieux du défi de Dennis Conner depuis le début de ce deuxième round robin. America True a gagné avec 1 min 6 sec d’avance. La course opposant Young Australia 2000 au défi espagnol fut un nouvel exemple de la volonté acharnée des Australiens, malgré leur handicap d’un bateau de la dernière génération. James Spithill, le jeune skipper australien, a superbement dominé son rival dans le match de positionnement pour la ligne de départ. Les Australiens ont réussi à couvrir et contrôler les Espagnols sur tout le premier bord, mais ont perdu le commandement à la suite d’une manœuvre catastrophique, pour finalement terminer avec 1 min 36 sec de retard. Le défi italien Prada challenge a poursuivi sa domination et remporté une nouvelle course, en démontrant dès le premier bord la supériorité en vitesse de Luna Rossa sur America One. Le voilier barré par Paul Cayard a toutefois offert une belle résistance, réduisant ensuite son handicap avant de céder sur la fin, pour concéder 1 minute au final. Après cette septième journée, America True gagne une place au classement, où il se retrouve troisième, tandis qu’America One, l’un des trois challengers favoris, fait la mauvaise opération du jour en rétrogradant de la troisième à la cinquième position. Une erreur de tactique coûte une nouvelle défaite aux Français Le défi français Bouygues Telecom Transiciel, après avoir mené pendant toute la première partie de la course, a de nouveau perdu face au défi japonais, Nippon Challenge, dans la septième régate du deuxième round Robin, dans le golfe d’Hauraki. Malgré trente-deux secondes d’avance au départ, les Français se sont fait battre de 49 secondes, offrant aux Japonais leur troisième victoire. La course, retardée de près de deux heures, faute de vent, a finalement eu lieu dans un vent oscillant de 9 à 11 nœuds. Bertrand Pacé, le skipper français a dominé les manœuvres très serrées de pré-départ, acculant Asura, le bateau japonais, à un départ précoce. Asura fut obligé de revenir derrière la ligne de départ qu’il a finalement coupée avec 34 secondes de retard sur les Français. Le défi français a alors enchaîné une impressionnante série de virements de bord jusqu’à la première bouée tournée avec 31 secondes d’avance sur le défi japonais. C’est sur le deuxième bord de près que le bateau français Sixième Sens a perdu son avantage. «On a complètement raté le second près. On a pas ouvert les yeux. On a mal navigué. Cette fois on ne peut pas dire que c’est le bateau qui a un problème» a déclaré Bertrand Pacé, le barreur frustré et déçu de cette sixième défaite en sept régates. «On pensait que sur l’eau plate, cette course allait mieux se passer que les dernières. Mais après avoir fait une erreur face à eux, c’était dur de rattraper» a déclaré, Thierry Peponnet, le tacticien de Sixième Sens, à la base française, de retour de la régate. «Asura est un bateau plus puissant. On a été bloqués dans notre côté. Leur bateau prenait dix mètres sur chaque virement. Qu’est ce que l’on peut faire ? Ce n’est pas un problème de voile. J’estime ne pas avoir fait d’erreur» a estimé Thierry Peponnet. Au septième jour du deuxième round Robin, le défi français n’a remporté qu’une course. Avec 6 points, Sixième Sens se classe dixième sur onze au classement général. Dans la prochaine course, mardi, le défi Bouygues Telecom Transiciel sera opposé au défi suisse, Fast 2000, mené par Marc Pajot. Les Français ont remporté leur match, lors du premier round Robin, contre les Suisses qui s’étaient retirés de la course après qu’une bastaque ait arraché un morceau du panneau arrière. Global Challenge : Van Den Heede aux prises avec une violente dépression Jean-Luc Van Den Heede, sur Algimouss, est aux prises depuis dimanche soir avec la plus forte dépression qu’il ait rencontrée depuis son départ, le 2 octobre, du tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, contre les vents et les courants dominants. Huit jours après avoir doublé le cap Horn avec près de neuf jours d’avance sur le tableau de marche du tenant du record, le Britannique Mike Golding (161 jours, 16 heures et 32 minutes en 1994), le skipper français encaisse le premier coup de chien «qui l’inquiète un peu», une large dépression avec des vents à plus de 50 nœuds (plus de 90 km/h). «Le principal problème est que ce vent établi finit par creuser la mer et créer des déferlantes, a souligné “VDH”, joint par radio. Si on ne peut plus faire route face à la lame, ces déferlantes peuvent coucher le bateau, ce qui provoque une belle pagaille à l’intérieur et fragilise les mâts et le gréement». Il en faut pourtant plus pour angoisser le navigateur qui, à 54 ans, en a vu d’autres. Il a profité d’une accalmie avant la dépression pour pousser jusqu’à la cale avant du bateau, pour vérifier si tout est bien en ordre et arrimé, puis a répété l’opération sur le pont, auscultant bouts, poulies et gréement. «Il ne reste plus qu’à réduire la voilure, les voiles d’avant (solent et trinquette) et d’arrière (tape-cul), prendre des ris (diminuer la surface) dans la grande voile et essayer de passer entre le centre et le bas de la dépression pour bénéficier des vents de traîne».VDH, qui reconnaît être plus gêné par le froid qui sévit depuis le passage du Horn, malgré le printemps austral, maintient une moyenne de 9 nœuds, et espère pouvoir rester en deça du 60e parallèle, afin d’éviter les glaces flottantes.
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