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Actualités - Chronologie

Santé - Une spécialisation médicale supprimée La France bientôt sans gynécos

La gynécologie, une spécialité française, est en voie de disparition en France parce que les autorités ont supprimé cette formation médicale pour se conformer aux exigences européennes. «La gynécologie médicale est actuellement exercée par environ 1 900 spécialistes — des femmes dans 87 % des cas — qui suivent environ 60 % des Françaises, mais dans vingt ans, ces “gynécos” ne seront plus que 500», a déclaré le Dr Dominique Malvy. Cette gynécologue, qui a créé un comité de soutien aux gynécos, vient d’envoyer une lettre ouverte qui critique point par point toutes les propositions de la secrétaire d’État à la Santé Dominique Gillot en la matière. Le comité, baptisé «la santé des femmes en danger», a lancé il y a plus d’un an une pétition de défense des gynécologues, qui a recueilli près de 400 000 signatures. Jusqu’en 1984, les gynécologues étaient formés en trois ans à l’issue de leurs études médicales. La France est le seul pays européen à avoir développé cette spécialité de gynécologie médicale. Mais cette formation a été supprimée pour permettre la reconnaissance européenne des diplômes et la libre circulation des médecins. «Alors que les textes officiels prévoient clairement la possibilité de conserver des exceptions comme celle-là», a dit Mme Malvy. Face à la grogne des femmes, la secrétaire d’État Dominique Gillot a proposé la création d’un diplôme d’études spéciales complémentaire. un projet considéré par les signataires de la pétition comme «une coquille vide, un montage de dernière minute destiné à noyer le poisson». «Ce diplôme — qui ne sera pas proposé dans tous les centres hospitaliers universitaires — ne sera même pas obligatoire pour s’installer comme gynécologue médical», s’exclame le Dr Malvy. Pourtant, souligne Mme Malvy, la France a vu le nombre des cancers du col de l’utérus chuter, de près de 6 000 en 1975 à 1 632 en 1995. «En Grande-Bretagne, 30 % des femmes de plus de 50 ans ont subi une ablation de l’utérus, et 46 % au Pays-Bas, contre seulement 14 % en France, et encore, à la fin de leur vie», ajoute-t-elle. «Si on a pu aboutir à ces résultats, relève le Dr Malvy, c’est parce que 60 % des femmes consultent leurs gynécologues une fois par an au moins et que ces derniers font un dépistage efficace». «Si au contraire, les femmes ne sont plus en mesure de choisir librement leurs gynécologues, 57 % d’entre elles disent qu’elles ne se rendront plus chez le médecin qu’en cas de problème et 84 % affirment qu’elles ne se feront plus suivre comme avant», affirme Mme Malvy en citant une étude réalisée auprès de 3 000 femmes.
La gynécologie, une spécialité française, est en voie de disparition en France parce que les autorités ont supprimé cette formation médicale pour se conformer aux exigences européennes. «La gynécologie médicale est actuellement exercée par environ 1 900 spécialistes — des femmes dans 87 % des cas — qui suivent environ 60 % des Françaises, mais dans vingt ans, ces “gynécos” ne seront plus que 500», a déclaré le Dr Dominique Malvy. Cette gynécologue, qui a créé un comité de soutien aux gynécos, vient d’envoyer une lettre ouverte qui critique point par point toutes les propositions de la secrétaire d’État à la Santé Dominique Gillot en la matière. Le comité, baptisé «la santé des femmes en danger», a lancé il y a plus d’un an une pétition de défense des gynécologues, qui a recueilli près...