Banques islamiques Grands risques, faibles prestations
le 15 novembre 1999 à 00h00
Les banques islamiques misent sur «l’éveil religieux» musulman pour prospérer, mais les experts mettent en garde contre les risques qu’elles présentent et leurs faibles prestations. «Le premier facteur derrière notre croissance est l’éveil religieux», indique Adnan al-Bahar, président de la banque islamique koweïtienne The International Investor, au cours d’une conférence des banques islamiques qui se poursuivait dimanche à Abou Dhabi. Il affirme que beaucoup de personnes dans les pays musulmans, notamment dans le Golfe, préfèrent «garder leur argent chez elles que de le mettre dans une banque conventionnelle», pour ne pas toucher d’intérêt, assimilé à l’usure. «À défaut d’avoir accès à un établissement islamique, certains déposent leur argent dans des banques conventionnelles, tout en refusant de percevoir l’intérêt», ajoute-t-il, soulignant que l’usure est «un des plus grands péchés» pour l’islam. D’où une expansion spectaculaire pour les banques islamiques. En Arabie séoudite, la plus grande des monarchies du Golfe, ces banques «connaissent une croissance deux fois plus rapide» que dans les autres pays, selon Henry Azzam, directeur du Middle East Capital Group, banque d’investissement basée à Beyrouth. D’après Miraj International Investment, un fonds d’investissement islamique basé au Canada, les institutions financières islamiques disposent à l’heure actuelle d’investissements totalisant 140 milliards de dollars dans plus de 40 pays, un chiffre qui croît à un rythme annuel allant de 15 % à 20 %. Le nombre des banques islamiques est passé de 34 en 1983 à 194 fin 1997, indique de son côté le ministre du Pétrole des Émirats arabes unis, Obeid Ben Seif al-Nassiri, également président de la Abu Dhabi Islamic Bank. Mais le système bancaire islamique demeure incapable de trouver un moyen de rémunérer les dépôts à vue ou à court terme, soulignent les experts, qui y voient un obstacle à sa propagation à grande échelle chez les petits épargnants. «Les banques islamiques ont besoin de développer un instrument financier pour faire travailler les liquidités à court terme», fait valoir le gouverneur de la Banque centrale des Émirats, Sultan al-Suwaidi. Les banques conventionnelles font travailler leur excédent de liquidités sur le marché interbancaire, en le prêtant à celles qui enregistrent des demandes de prêts supérieures à leurs dépôts, moyennant intérêt. Les établissements islamiques n’ont pas accès à ce marché et sont réduits à jouer un rôle semblable à celui des banques d’affaires, avec des instruments financiers spéciaux pour contourner l’obstacle du prêt à intérêt.
Les banques islamiques misent sur «l’éveil religieux» musulman pour prospérer, mais les experts mettent en garde contre les risques qu’elles présentent et leurs faibles prestations. «Le premier facteur derrière notre croissance est l’éveil religieux», indique Adnan al-Bahar, président de la banque islamique koweïtienne The International Investor, au cours d’une conférence des banques islamiques qui se poursuivait dimanche à Abou Dhabi. Il affirme que beaucoup de personnes dans les pays musulmans, notamment dans le Golfe, préfèrent «garder leur argent chez elles que de le mettre dans une banque conventionnelle», pour ne pas toucher d’intérêt, assimilé à l’usure. «À défaut d’avoir accès à un établissement islamique, certains déposent leur argent dans des banques conventionnelles, tout en refusant...
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