Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Correspondance La CIaA fait son cinéma (photos)

Des limousines noires scintillantes déversaient leur flot de stars devant un grand escalier... Un spectacle propre à la côte Ouest des États-Unis où se déroulent la Nuit des Oscars et autres événements marquants du septième art, mais pas du tout à Langley, banlieue de Washington abritant le QG de la CIA. Et pourtant ce soir-là, il y avait tapis rouge et grande soirée de gala à la Central Intelligence Agency qui accueillait Hollywood en grande pompe. Ce n’est pas là un film de science-fiction, mais la plus pure réalité. En effet, et même si l’on n’avait jamais vu cela de mémoire d’agent simple ou double, la CIA a collaboré avec deux firmes cinématographiques, Showtime et Paramount Network Television, qui produisaient un film pour petit écran intitulé En compagnie des espions. Et en monsieur de bonne compagnie, le (véritable) directeur des hommes de l’ombre, Georges Tenet, avait accepté que ses locaux et ses pensionnaires soient placés sous les feux des projecteurs. Soixante agents qui n’étaient pas de service (il y avait quand même des limites au jeu de la caméra) ont fait partie de la distribution, en tant que figurants. Quant aux véritables acteurs, ils ont pour noms Tom Berenger, Ron Silver, Alice Krige, Clancy Brown et Arye Gross. Le metteur en scène est Tim Matheson. Tournage au QG L’histoire tourne autour d’un ancien agent de la CIA (incarné par Tom Berenger) qui est tiré de sa retraite pour aller à la rescousse d’un collègue détenu par les services de renseignement nord-coréens. Il est torturé et finalement pendu. L’ancien agent de la CIA et son audacieuse équipe (des officiers et des analystes) utilisent les dernières technologies pour figurer ce qui a dû se passer avant la mort de leur camarade. Afin de tirer une leçon pour l’avenir. Ce qui fera dire (au cinéma) au président de la République : «Quand l’Agence s’y met, son boulot est spectaculaire et personne ne le sait». Pour que tout le monde le sache, l’actuel directeur de la CIA a ainsi accepté que l’Agence occupe le devant de la scène. Sans pour autant dévoiler les cartes. Le tournage a eu lieu un samedi (jour de congé des fonctionnaires). On a limité le décor au lobby et aux couloirs publics. Et si soixante agents hors service ont servi de figurants, c’est pour ne pas faire entrer des inconnus dans le saint des saints. Et, s’il y a eu quand même ouverture vers l’extérieur, c’est pour redorer le blason de l’univers secret que le cinéma et l’imagination populaire ont tendance à diaboliser. Il en est notamment ainsi de In the Line of Fire, film dans lequel John Malkovitch incarne un ancien officier de la CIA névrosé qui tente d’assassiner le président de la République, et de Eleventh Commandment dont le héros est un membre de la même organisation obligé de tuer des gens sur ordre d’un directeur machiavélique. Éviter le piège de la propagande Le film pour petit écran, En compagnie des espions, a eu l’aval de la CIA, car, selon l’un de ses porte-parole, il brosse un portrait réel et réaliste de l’Agence qui a longtemps planché sur le script avant de lui donner le feu vert. D’autant qu’elle ne voulait absolument pas tomber dans le piège de la propagande. Son but étant surtout de montrer aux contribuables que les taxes perçues servaient effectivement à assurer la sécurité nationale et que ceux qui accomplissent cette tâche ne sont ni de mauvais garçons ni des sans foi ni loi. Autre point mis en évidence. Ouverture ne signifie pas du tout levée totale du voile même si le rideau de fer est tombé et que les espions ne viennent plus du froid. Le porte-parole a encore précisé : «Nous ne sommes pas du tout engagés dans la voie hollywoodienne. Notre mission est toujours secrète. Personne, ici, n’a rencontré les acteurs ou les autres membres de la production». Elle a beau faire son cinéma, la CIA ne badine pas.
Des limousines noires scintillantes déversaient leur flot de stars devant un grand escalier... Un spectacle propre à la côte Ouest des États-Unis où se déroulent la Nuit des Oscars et autres événements marquants du septième art, mais pas du tout à Langley, banlieue de Washington abritant le QG de la CIA. Et pourtant ce soir-là, il y avait tapis rouge et grande soirée de gala à la Central Intelligence Agency qui accueillait Hollywood en grande pompe. Ce n’est pas là un film de science-fiction, mais la plus pure réalité. En effet, et même si l’on n’avait jamais vu cela de mémoire d’agent simple ou double, la CIA a collaboré avec deux firmes cinématographiques, Showtime et Paramount Network Television, qui produisaient un film pour petit écran intitulé En compagnie des espions. Et en monsieur de bonne...