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Actualités - Chronologie

"Cuvée de nuit" en Beaujolais

Dans son vignoble du Beaujolais, François Tournassus a tenté une expérience inédite en France : vendanger de nuit ses vignes victimes de la grêle. Plus d’un mois après, il présente sa «cuvée de nuit», un vin de garde plus souple et plus rond en bouche que son vin de jour, issu pourtant des mêmes cépages. «C’est le jour et la nuit», affirme avec à-propos le vigneron. Pour asseoir son expérience, François Tournassus a confié des échantillons de son vin à un laboratoire d’œnologues de Lacenas (Rhône). Au vu des premières analyses, le jus de la vendange nocturne «présente une couleur plus intense», il est «plus riche en antioxydant (polyphénols ou antivieillissement) ce qui laisse présager un meilleur potentiel de conservation du vin». Il «est également plus souple, ce qui améliore le plaisir de la dégustation», selon le laboratoire de Patrick Martin, responsable de la commission régionale vin et santé de l’Union des œnologues de France. À l’inverse, le vin de jour, issu de la même parcelle endommagée par la grêle, «paraît acide, plus rude, plus agressif en bouche», ajoute M. Martin. Des experts internationaux se montrent cependant beaucoup plus réservés. «Ce n’est qu’un coup de sonde, de simples observations, il faut d’autres expériences avant de tirer des conclusions», affirme l’un d’eux. À l’Union interprofessionnelle des vins du Beaujolais (UIVB) aussi, on se dit sceptique. «Le milieu professionnel prend çà avec le sourire, pourquoi le vin serait-il différent selon que l’on vendange de jour ou de nuit »?, interroge Michel Deflache, directeur de l’UIVB. Pour M. Deflache, cela relève du «domaine du folklore» ou alors des «mystères que nous réservent la vigne, la nature et les plantes». Ambiance magique C’était «une ambiance magique», convient François Tournassus, se remémorant cette vendange nocturne du 22 septembre dernier, réalisée sur son domaine de Ville-sur-Jarnioux à la lumière blanche de ballons d’hélium. «Au départ, je voulais juste limiter la fermentation pendant la cueillette et le transport car le raisin grêlé était stressé, il craignait énormément la chaleur», rapporte-t-il. Vendanger de nuit est «plus facile, car les grappes restent fermes» et la lumière «accentue le contraste et permet de très bien trier le raisin dès le ramassage», ajoute le quadragénaire. En outre, la phase de vinification s’est révélée «simple comme une partition de musique» pour la cuvée de 35 hectolitres de vin de nuit, tandis que «tout était beaucoup plus complexe» pour le vin de jour, affirme-t-il. Mais, pour ce vigneron «à tendance bio», ce test est surtout «l’occasion de prouver qu’on peut récupérer une vendange abîmée, d’une façon complètement naturelle». L’occasion de montrer aux viticulteurs du Beaujolais que la vendange nocturne, massivement pratiquée en Sicile ou en Australie, peut s’appliquer en cas de grosses chaleurs mais aussi de grêle ou de gel. Et de reconnaître cependant que, «pour que l’expérience soit complète, il faut la tenter sur différents types de parcelles».
Dans son vignoble du Beaujolais, François Tournassus a tenté une expérience inédite en France : vendanger de nuit ses vignes victimes de la grêle. Plus d’un mois après, il présente sa «cuvée de nuit», un vin de garde plus souple et plus rond en bouche que son vin de jour, issu pourtant des mêmes cépages. «C’est le jour et la nuit», affirme avec à-propos le vigneron. Pour asseoir son expérience, François Tournassus a confié des échantillons de son vin à un laboratoire d’œnologues de Lacenas (Rhône). Au vu des premières analyses, le jus de la vendange nocturne «présente une couleur plus intense», il est «plus riche en antioxydant (polyphénols ou antivieillissement) ce qui laisse présager un meilleur potentiel de conservation du vin». Il «est également plus souple, ce qui améliore le plaisir de la...