Au moment où le président Abdurrahman Wahid s’entretenait avec de hauts responsables de son administration pour discuter des pressions séparatistes croissantes dans la province d’Aceh, le Parlement indonésien a affiché son hostilité à la tenue d’un référendum d’autodétermination. Le président du Parlement, Akbar Tandjung, a déclaré à l’agence de presse Antara que les députés ne voulaient pas d’une consultation sur l’indépendance de la province séparatiste. «N’arrivons pas au point où un référendum doive se tenir parce que si cela se produisait, ce serait un précédent et des demandes similaires émaneraient d’autres régions», a-t-il expliqué. Amien Raïs, président de l’Assemblée consultative du peuple (MPR), première instance législative du pays, a abondé dans ce sens en affirmant que la sécession d’Aceh aboutirait à la désintégration de l’Indonésie. «Si Aceh se détache, nous partirons en miettes», a-t-il dit à l’agence Antara. «Je suis certain qu’Aceh fait partie de la nation indonésienne, mais leur souhait d’un référendum ne doit pas être sous-estimé», a-t-il cependant ajouté. La province d’Aceh, dans l’extrême nord de Sumatra, est au centre des préoccupations depuis la manifestation monstre organisée au début de la semaine par des organisations séparatistes, dont le mouvement Free Aceh, dans la capitale régionale Aceh Banda. Un demi-million au moins de personnes sur une population totale de 4 millions d’habitants ont réclamé lundi la tenue d’un référendum d’autodétermination auquel le président Wahid ne s’est pas dit hostile. Hier, le nouveau chef de l’État indonésien a ordonné au ministre des Droits de l’homme, Hasballah Saad, originaire d’Aceh, de se rendre dans la province et s’est engagé à accélérer l’élaboration d’un projet de loi élargissant l’autonomie des provinces et équilibrant le partage des revenus tirés de l’exploitation de leurs richesses naturelles, a déclaré à la presse le général Wiranto. «Parmi d’autres choses, les troupes présentes en Aceh seront relevées et remplacées par d’autres troupes qui devraient être mieux à même de socialiser et de dialoguer avec les Acehnais», a ajouté l’ex-chef des forces armées indonésiennes chargé de la coordination pour les affaires politiques et de sécurité au sein du nouveau gouvernement. Selon les observateurs, les brutalités attribuées ces dernières années aux forces armées indonésiennes ne sont pas étrangères à la montée du sentiment indépendantiste dans la province. En visite aux Philippines, le président Abdurrahman Wahid s’était prononcé mardi en faveur d’un référendum d’autodétermination dans la province d’Aceh. «Si nous avons pu organiser un référendum au Timor-Oriental, pourquoi pas en Aceh», a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Manille.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au moment où le président Abdurrahman Wahid s’entretenait avec de hauts responsables de son administration pour discuter des pressions séparatistes croissantes dans la province d’Aceh, le Parlement indonésien a affiché son hostilité à la tenue d’un référendum d’autodétermination. Le président du Parlement, Akbar Tandjung, a déclaré à l’agence de presse Antara que les députés ne voulaient pas d’une consultation sur l’indépendance de la province séparatiste. «N’arrivons pas au point où un référendum doive se tenir parce que si cela se produisait, ce serait un précédent et des demandes similaires émaneraient d’autres régions», a-t-il expliqué. Amien Raïs, président de l’Assemblée consultative du peuple (MPR), première instance législative du pays, a abondé dans ce sens en affirmant que...