Afghanistan Ben Laden ne sera jamais extradé, affirment les taliban
le 11 novembre 1999 à 00h00
Le ministre des Affaires étrangères des taliban, cité hier par un journal émirien, a affirmé que la milice au pouvoir à Kaboul n’allait pas extrader le terroriste présumé Oussama ben Laden. «Nous n’extraderons jamais Oussama ben Laden et ne l’expulserons pas par la force», a déclaré Wakil Ahmad Moutawakkel, dans une interview publiée par le journal Al-Ittihad d’Abou Dhabi. «Il demeurera en liberté, contre le gré de l’Amérique, à laquelle nous n’avons pas fait de concessions car nous tenons toujours à notre position de principe refusant de remettre Ben Laden à un État mécréant», a ajouté le mollah Moutawakkel. Les États-Unis réclament aux taliban l’extradition de Ben Laden, un milliardaire d’origine séoudienne, vers un pays tiers afin qu’il soit jugé pour les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, en août 1998, qui avaient fait 224 morts. M. Moutawakkel a par ailleurs affirmé que les taliban avaient appelé à des négociations avec les États-Unis au sujet de Ben Laden, en sachant à l’avance qu’un tel dialogue était voué à l’échec «car l’Amérique se considère comme le maître du monde et doit être obéi sans discussion». «Nous n’avons pas négocié avec le gouvernement américain et nous n’avons pas demandé sa reconnaissance et son aide en échange de l’extradition de Ben Laden», a-t-il dit. Le chef des taliban au pouvoir à Kaboul, le mollah Mohammad Omar, avait affirmé mardi que les États-Unis ne souhaitaient pas un règlement négocié de la question de Ben Laden. Il avait indiqué que Washington n’avait pas répondu de «façon appropriée» aux propositions faites par les taliban en vue de rechercher une solution islamique à la question et à l’offre de Ben Laden de quitter l’Afghanistan pour une destination qui devait rester inconnue. Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité une résolution début octobre, à l’initiative des États-Unis, menaçant la milice des taliban de sanctions si Ben Laden n’était pas extradé d’ici au 14 novembre. Selon le mollah Moutawakkel, la mise en place d’un régime de sanctions «aura un impact financier et moral sur le peuple afghan, dont l’économie est déjà effondrée». «Nous sommes cependant confiants que le peuple afghan sera patient et nous prions Dieu pour qu’il l’aide à surmonter les difficultés», a-t-il dit. Il a reconnu que les taliban étaient isolés sur le plan international et ne pouvaient pas compter sur le soutien des pays islamiques face aux sanctions. «Les peuples islamiques connaissent la vérité et leur position diffère de celle de leurs gouvernements qui sont faibles et ne peuvent rien faire», a-t-il estimé. «Malheureusement, certains pays islamiques, comme le Koweït, refusent d’accueillir nos délégations et ne s’intéressent même pas aux messages que nous leur envoyons», a conclu le mollah Moutawakkel.
Le ministre des Affaires étrangères des taliban, cité hier par un journal émirien, a affirmé que la milice au pouvoir à Kaboul n’allait pas extrader le terroriste présumé Oussama ben Laden. «Nous n’extraderons jamais Oussama ben Laden et ne l’expulserons pas par la force», a déclaré Wakil Ahmad Moutawakkel, dans une interview publiée par le journal Al-Ittihad d’Abou Dhabi. «Il demeurera en liberté, contre le gré de l’Amérique, à laquelle nous n’avons pas fait de concessions car nous tenons toujours à notre position de principe refusant de remettre Ben Laden à un État mécréant», a ajouté le mollah Moutawakkel. Les États-Unis réclament aux taliban l’extradition de Ben Laden, un milliardaire d’origine séoudienne, vers un pays tiers afin qu’il soit jugé pour les attentats contre les ambassades...
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