En 1938, deux mois avant la rédaction de Chagrin d’amour, sa première expérience d’écriture théâtrale, Georges Schehadé fait déjà l’objet de conférences. Il vient de publier à compte d’auteur, chez GLM, ses Poésies. Le 30 mars, il reçoit une lettre de Paul Eluard, qui le «remercie» et lui confie que «(ses) poésies (lui) rapportent une vue profonde, un chant juste qu’(il) oubliait». Poète désormais célèbre, Georges Schehadé se lance par hasard sur le chemin du théâtre, comme le relate un article non signé paru dans Arts en 1954 et intitulé... «Le champagne d’un haut-commissaire de France a fait de Georges Schehadé un auteur dramatique» : au cours d’une réception donnée par Mme Huntziger, épouse du général des troupes du Levant, «l’hôtesse exprima le désir que quelqu’un lui écrivît un impromptu pour son salon». Schehadé se propose, «avec l’audace que donne l’ivresse légère aux timides» et accepte les conditions : «un acte en vers, cinq personnages, tous masculins, et même un délai pour la livraison de l’œuvre : quinze jours». Le lendemain, l’écrivain, sorti de son ébriété, prend peur : «Il essaya de s’esquiver. Il évoqua son incompétence». Rien n’y fit, il dut «capituler». L’auteur conclut en écrivant que «cette œuvre eut des lendemains heureux puisqu’elle donna le goût du théâtre à Georges Schehadé». L’auteur lui-même qualifie sa pièce d’«absolument fine et charmante». Quant aux critiques, elles sont pour le moins enthousiastes : Michel Chiha, dans Le Jour, écrit que «devant (lui), dansaient bizarrement les noms contradictoires de Jarry et de Giraudoux… Il y a là un beau talent qui veut s’épanouir comme les fleurs». Joseph Oughourlian, dans Phenicia, écrit qu’il a «aimé Chagrin d’amour… «C’est une forme inachevée qui porte le charme de la force absente ; c’est une fantaisie de poète. C’est une jolie chose». Et Marcelle Proux, en première page de L’Orient : «…une œuvre charmante (placée) dans le cadre qui lui sied : féerie, songe d’une nuit d’adolescent, rêverie de poète, dans un climat qui est celui d’Intermezzo. Le 3 juillet 1938, Le Jour publie le texte intégral de la pièce, illustré par le rideau de scène dessiné par Georges Cyr.
En 1938, deux mois avant la rédaction de Chagrin d’amour, sa première expérience d’écriture théâtrale, Georges Schehadé fait déjà l’objet de conférences. Il vient de publier à compte d’auteur, chez GLM, ses Poésies. Le 30 mars, il reçoit une lettre de Paul Eluard, qui le «remercie» et lui confie que «(ses) poésies (lui) rapportent une vue profonde, un chant juste qu’(il) oubliait». Poète désormais célèbre, Georges Schehadé se lance par hasard sur le chemin du théâtre, comme le relate un article non signé paru dans Arts en 1954 et intitulé... «Le champagne d’un haut-commissaire de France a fait de Georges Schehadé un auteur dramatique» : au cours d’une réception donnée par Mme Huntziger, épouse du général des troupes du Levant, «l’hôtesse exprima le désir que quelqu’un lui écrivît...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.