Environnement - Exploitation forestière, braconnage et pollution Menace sur Conkouati
le 02 novembre 1999 à 00h00
Le splendide parc naturel de Conkouati qui alterne forêts, lagunes et mangroves sur plus de 500 000 hectares le long du littoral atlantique congolais, est menacé à la fois par l’exploitation forestière, le braconnage et la pollution pétrolière. Conscient du caractère exceptionnel du site et de sa faune, de sa flore ainsi que du potentiel touristique qu’il représente, le gouvernement congolais a érigé Conkouati en parc national le 7 août «pour mieux préserver ses ressources fauniques et développer la recherche scientifique et le tourisme», a expliqué le chef du parc, Marcel Tati. Le caractère exceptionnel du parc est lié à la diversité de ses paysages : littoral, lagunes, forêts tropicales, mangroves et quatre lacs. Éléphants, gorilles, chimpanzés, buffles, panthères et de très nombreuses espèces d’oiseaux vivent dans la zone de Conkouati, située à une centaine de kilomètres au nord du port de Pointe-Noire, à la frontière avec le Gabon. Les plages du parc servent également de lieu de ponte à de très nombreuses tortues marines. La protection du site a reçu un soutien financier de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de plusieurs associations de protection de l’environnement. Cela a notamment permis de construire sur le site des locaux pour l’administration du parc, jusqu’alors installée à Pointe-Noire. Des moyens dérisoires Mais les moyens de veiller sur les 504 950 hectares sont jusque présent dérisoires. L’administration dispose simplement de 22 gardes forestiers mal équipés, qui organisent de temps de temps des patrouilles pour limiter le braconnage. Sans grand effet. Un vaste campement de chasseurs, venus de la province voisine de la Lékoumou, est installé aux yeux de tous dans le parc. «Les chasseurs tuent sans ménagement les petites espèces et les éléphants», déplore, impuissant, M. Tati selon qui «il faudrait trois fois plus de gardes». La pollution liée à l’exploitation pétrolière off-shore au large des côtes congolaises et gabonaises commence également à inquiéter les gestionnaires du parc. «Le pétrole est exploité loin du parc. Mais des bulles de goudron se forment en mer et viennent s’échouer» sur les plages et dans les lagunes, à l’équilibre écologique particulièrement fragile, explique le chef du parc. Le pétrole souille les plages et surtout constitue une menace pour certaines espèces animales, oiseaux et tortues, selon lui. Plus grave aux yeux des défenseurs de l’environnement, le gouvernement, malgré son engagement à protéger Conkouati, a délivré des permis de coupe dans le domaine à des entreprises forestières de Pointe-Noire. Ces permis d’exploitation forestière, délivrés par le ministère de l’Économie forestière, s’étendent sur 9 000 hectares au cœur de la réserve. Interrogé sur ces permis, le ministre de l’Économie forestière, Henri Djombo, s’est défendu en expliquant qu’il s’agissait d’une mesure transitoire en faveur des entreprises pour compenser l’arrêt de leur production dans le centre du pays à cause des combats entre l’armée et les milices rebelles.
Le splendide parc naturel de Conkouati qui alterne forêts, lagunes et mangroves sur plus de 500 000 hectares le long du littoral atlantique congolais, est menacé à la fois par l’exploitation forestière, le braconnage et la pollution pétrolière. Conscient du caractère exceptionnel du site et de sa faune, de sa flore ainsi que du potentiel touristique qu’il représente, le gouvernement congolais a érigé Conkouati en parc national le 7 août «pour mieux préserver ses ressources fauniques et développer la recherche scientifique et le tourisme», a expliqué le chef du parc, Marcel Tati. Le caractère exceptionnel du parc est lié à la diversité de ses paysages : littoral, lagunes, forêts tropicales, mangroves et quatre lacs. Éléphants, gorilles, chimpanzés, buffles, panthères et de très nombreuses espèces d’oiseaux...
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