Le président sortant Léonid Koutchma, qui devrait disputer le deuxième tour de l’élection présidentielle en Ukraine, est un réformiste modéré mais autoritaire, dont le précédent mandat a été marqué par une économie en récession et de nombreux scandales financiers. «Je ne me fais pas d’illusion concernant l’amour que le peuple me porte (...), mais je veux le pouvoir pour terminer les réformes économiques entamées», a déclaré ce fils de paysans et ancien directeur de la plus importante usine de missiles de l’Union soviétique à Dnipropétrovsk (sud-est de l’Ukraine). Depuis son élection en 1994, le Produit intérieur brut de l’Ukraine a poursuivi sa lente glissade et les salaires et retraites impayés ont atteint des sommes records. Une imposante bureaucratie conjuguée à une corruption endémique et à une lourde fiscalité ont fait reculer nombre d’entrepreneurs étrangers. Seuls points positifs sur le plan économique : l’hyperinflation a été jugulée et Kiev a introduit en 1996 une nouvelle monnaie, la hryvnia, qui a relativement bien résisté aux tempêtes financières. «Je n’aime pas vraiment Koutchma mais je voterai pour lui car il vaut mieux que ses opposants communistes», explique Alexi, un petit commerçant ukrainien. «Mais au fond, ils sont tous corrompus. Il nous faut choisir entre la peste et le choléra !» s’exclame-t-il dépité. Sous son aspect réservé, M. Koutchma est un homme autoritaire et sévère, «véritable animal politique» habitué aux intrigues du pouvoir, explique une source proche de la présidence. Ses détracteurs affirment qu’il tient l’Ukraine d’une main de fer, étoffant l’opposition, muselant les médias et falsifiant les élections. Ses critiques lui reprochent aussi d’avoir transformé les hautes sphères de l’État en un clan chargé de protéger les intérêts d’une élite issue, comme lui, de la région de Dnipropétrovsk. Premier ministre d’octobre 1992 à septembre 1993, M. Koutchma, russophone et russophile, affiche alors des idées de gauche peu réformistes. Son élection à la présidence en 1994 crée la stupeur chez les nationalistes qui voient en lui un pantin de Moscou. Opportunisme politique, accuseront ses détracteurs, pragmatisme diront ses partisans. «Je suis centriste de gauche ou de droite selon le problème abordé», reconnaît-il lui-même. Il renforce ses pouvoirs en faisant notamment adopter en 1996 une nouvelle Constitution lui conférant le droit, pendant trois ans, d’adopter par décret des projets de lois économiques. Pouvoirs exceptionnels qu’il cherchera, sans succès, à faire renouveler en début d’année.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président sortant Léonid Koutchma, qui devrait disputer le deuxième tour de l’élection présidentielle en Ukraine, est un réformiste modéré mais autoritaire, dont le précédent mandat a été marqué par une économie en récession et de nombreux scandales financiers. «Je ne me fais pas d’illusion concernant l’amour que le peuple me porte (...), mais je veux le pouvoir pour terminer les réformes économiques entamées», a déclaré ce fils de paysans et ancien directeur de la plus importante usine de missiles de l’Union soviétique à Dnipropétrovsk (sud-est de l’Ukraine). Depuis son élection en 1994, le Produit intérieur brut de l’Ukraine a poursuivi sa lente glissade et les salaires et retraites impayés ont atteint des sommes records. Une imposante bureaucratie conjuguée à une corruption endémique et...