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Actualités - Chronologie

A l'approche du millénaire, l'Arabie tente de concilier islam et Internet

Quatre Séoudiens vêtus de l’habit blanc traditionnel ont les yeux rivés sur l’écran d’un ordinateur dans un cybercafé, à l’ombre de la mosquée de Médine, deuxième lieu saint de l’islam. Le contraste culturel, entre l’ancien et le moderne, fait partie de la vie de tous les jours en Arabie séoudite, à l’aube du nouveau millénaire. Le premier café Internet de Médine s’est ouvert en juin dernier au cœur de la ville qui, comme La Mecque, premier lieu saint de l’islam, est officiellement interdite aux non-musulmans. Un établissement concurrent a ouvert ses portes à proximité il y a deux semaines. «Les affaires vont bien», reconnaît le directeur du premier cybercafé, Abdel Saleh Canbek. Il faut payer 15 riyals (quatre dollars) pour utiliser les ordinateurs pendant une heure dans la journée, et 20 riyals pour une heure en soirée. Les messages e-mail, le show business et les sites de films sont les plus populaires parmi la jeunesse médinoise. M. Canbek dispose de dix ordinateurs reliés à l’Internet dans son établissement, situé dans une arcade commerçante de la rue principale, face à la grande mosquée où repose le prophète Mahomet. Le directeur du café, qui a appris l’informatique en Turquie dont il est originaire, ne semble pas concerné par d’éventuelles tensions avec des religieux de la mosquée. En fait, son unique problème est plus prosaïque: il se plaint que les clients renversent les boissons gazeuses et fassent tomber des cendres de cigarettes sur les claviers. L’ouverture du café est une conséquence de la création du Centre de recherches et d’études de Médine, mis sur pied par le gouverneur de la province, le prince Abdel Majid, pour collecter toutes les informations relatives à la ville. Le meilleur de l’Occident L’utilisation de l’Internet et la création d’un site ont été difficiles pour Médine, où la vie s’articule autour des cinq prières quotidiennes. Le café a été finalement ouvert pour donner à tout le monde la possibilité de se connecter au réseau. Abdel Aziz al-Moustapha, un érudit musulman qui travaille comme traducteur pour le centre, répète une opinion largement répandue selon laquelle il faut prendre le meilleur de l’Occident par le biais d’Internet. Le réseau en Arabie séoudite est soumis à un contrôle officiel strict, et tout accès aux sites considérés comme immoraux, notamment la pornographie, est bloqué. «L’Internet peut être un outil pour la propagation de la religion et peut être utilisé à des fins pédagogiques», souligne M. Moustapha. «L’homme stupide est celui qui n’est pas instruit». «Les hommes d’affaires de Médine commencent à réaliser que c’est un outil pour promouvoir les affaires», ajoute-t-il. Abdel Aziz Almagushi, qui enseigne le journalisme à l’université, défend la même position. «Nous devons intégrer les bonnes choses de la vie moderne et particulièrement de l’Internet, tout en conservant nos valeurs islamiques traditionnelles (...) Tout revient à l’éducation», estime-t-il. Les Séoudiens ont déjà entièrement adopté le téléphone mobile et les télévisions satellitaires, bien que les autorités aient tenté de réduire le nombre de paraboles. L’Internet est accessible au public seulement depuis février, mais a un tel impact que plusieurs centaines d’abonnés ont organisé une grève il y a deux semaines pour protester contre les tarifs élevés et l’accès trop lent.
Quatre Séoudiens vêtus de l’habit blanc traditionnel ont les yeux rivés sur l’écran d’un ordinateur dans un cybercafé, à l’ombre de la mosquée de Médine, deuxième lieu saint de l’islam. Le contraste culturel, entre l’ancien et le moderne, fait partie de la vie de tous les jours en Arabie séoudite, à l’aube du nouveau millénaire. Le premier café Internet de Médine s’est ouvert en juin dernier au cœur de la ville qui, comme La Mecque, premier lieu saint de l’islam, est officiellement interdite aux non-musulmans. Un établissement concurrent a ouvert ses portes à proximité il y a deux semaines. «Les affaires vont bien», reconnaît le directeur du premier cybercafé, Abdel Saleh Canbek. Il faut payer 15 riyals (quatre dollars) pour utiliser les ordinateurs pendant une heure dans la journée, et 20...