Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La rencontre Poutine-Clinton reflète la realpolitik occidentale

La rencontre Poutine-Clinton au sommet d’Oslo mardi a démontré, malgré les avertissements américains quant aux pertes civiles en Tchétchénie, que les Occidentaux et surtout Washington semblent vouloir s’en tenir à la realpolitik vis-à-vis de la Russie, selon les experts à Moscou. Certains observateurs, depuis les avertissements fermes lancés par les Occidentaux aux Russes ces dernières semaines, attendaient de la rencontre entre le Premier ministre russe et le président américain qu’elle donne lieu à un accès de fermeté de la part de Washington. La rencontre, qui avait lieu à l’occasion d’un sommet sur le processus de paix au Proche-Orient, a bien été dominée par le conflit en Tchétchénie. Mais Bill Clinton n’a pas été au-delà des manifestations «d’inquiétude» et des invitations au dialogue manifestées précédemment. Une attitude saluée hier par la presse russe comme une semi-victoire diplomatique de Vladimir Poutine et attribuée par les experts à la realpolitik à laquelle les dirigeants occidentaux comptent se tenir, tant que les pertes civiles en Tchétchénie et la pression des opinions publiques le permettent. «Poutine a obtenu un succès partiel dans la défense de la position russe sur la Tchétchénie (...) puisque Clinton a reconnu que le conflit tchétchène était une affaire intérieure de la Russie», se félicitait le quotidien Vremia, alors que Nezavissimaïa Gazeta notait que «pour la première fois ces dernières années la Russie ne cédait pas à la pression de l’étranger». «La rencontre avec Bill Clinton a laissé de facto à Vladimir Poutine les mains libres pour mener la guerre en Tchétchénie, à la condition qu’il réussisse à éviter de trop grandes pertes civiles et une vraie catastrophe humanitaire», observe pour sa part Alexandre Kabakov, éditorialiste de l’hebdomadaire Vlast. «Les dirigeants occidentaux, et a fortiori le président américain qui a derrière lui la guerre du Kosovo, sont prêts à la realpolitik tant que leurs opinions publiques le leur permettront», ajoute t-il. Il est encore trop tôt pour savoir si l’inquiétude exprimée par M. Clinton à Vladimir Poutine quant au conflit tchétchène aura satisfait l’élite politique et la société américaine, observe cependant l’éditorialiste. «Dans le cas contraire, la position affichée par Washington pourrait changer rapidement», ajoute t-il. «M. Clinton sait de toute façon parfaitement que, quoi qu’il fasse, la Russie ne s’arrêtera pas à mi-chemin», estime Sergueï Markov, le directeur de l’Institut d’études politiques à Moscou. «Il s’agit en effet d’une question de vie ou de mort politique pour le Premier ministre, poussé en outre par l’armée et le soutien de la société russe à la guerre», ajoute t-il. «Pour M. Poutine, ce qui est arrivé mardi à Oslo est de toute façon moins important que ce qui se passe en Tchétchénie», renchérit Alexandre Kabakov. Le Premier ministre russe, qui fait désormais figure de favori à l’élection présidentielle de juin 2000, a bâti sa popularité sur la promesse d’une opération «propre» et efficace des forces russes contre les «terroristes» tchétchènes auxquels est attribuée une vague d’attentats meurtriers en août et septembre en Russie. «Il doit désormais tenir cet engagement non seulement vis-à-vis de l’électorat russe, mais vis-à-vis des Occidentaux, qui n’ont à priori rien contre la défense de l’intégrité territoriale ni contre la lutte antiterroriste», selon Alexandre Kabakov. La rencontre d’Oslo montre également que les Américains «pourraient trouver en Vladimir Poutine un partenaire qui leur conviendrait plus que la majorité des autres candidats potentiels» à la présidence russe, ajoute l’éditorialiste.
La rencontre Poutine-Clinton au sommet d’Oslo mardi a démontré, malgré les avertissements américains quant aux pertes civiles en Tchétchénie, que les Occidentaux et surtout Washington semblent vouloir s’en tenir à la realpolitik vis-à-vis de la Russie, selon les experts à Moscou. Certains observateurs, depuis les avertissements fermes lancés par les Occidentaux aux Russes ces dernières semaines, attendaient de la rencontre entre le Premier ministre russe et le président américain qu’elle donne lieu à un accès de fermeté de la part de Washington. La rencontre, qui avait lieu à l’occasion d’un sommet sur le processus de paix au Proche-Orient, a bien été dominée par le conflit en Tchétchénie. Mais Bill Clinton n’a pas été au-delà des manifestations «d’inquiétude» et des invitations au dialogue...