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Actualités - Chronologie

Le lent effondrement du bloc soviétique (photos)

La spectaculaire chute du Mur de Berlin, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, a réunifié l’ancienne capitale allemande, mais elle a aussi, par une réaction en chaîne imprévisible, provoqué la réunification du continent européen divisé pendant près d’un demi-siècle en deux blocs hostiles. «L’année 1989 a été celle du miracle. Le régime communiste a disparu et cela s’est produit sans guerre», a déclaré l’un des hommes qui ont agi dans leur pays pour que ce moment arrive, Bronislaw Geremek, aujourd’hui ministre polonais des Affaires étrangères. Depuis la Seconde Guerre mondiale, de la mer Baltique à la Méditerranée, une infranchissable ligne de barbelés, hérissée de miradors, séparait des blocs militaires hostiles sur pied de guerre permanent et dressait un paysage considéré comme immuable au cœur de l’Europe. Si la chute du Mur de Berlin — symbole de la division de l’Europe — a été l’événement déterminant qui a le plus marqué les esprits, des mouvements de révolte et des réformes inachevées avaient déjà miné le bloc communiste, à partir des années 50, en Pologne, en Hongrie et en Tchécoslovaquie. La crise du communisme est apparue particulièrement en Pologne sous la forme d’un conflit entre le pouvoir et la société, ce qui a présidé à la naissance du syndicat Solidarité, en 1980. Il y eut également la charte 77 en Tchécoslovaquie qui engagea la résistance à l’égard du pouvoir. Au début de l’année 1989, la Pologne et la Hongrie sont encore à l’avant-garde du mouvement avec l’organisation de débats et de tables rondes, entre le gouvernement communiste et l’opposition. En visite en Pologne en mai 1989, le Premier ministre hongrois Miklos Metieh affirme que Budapest et Varsovie ont pour objectif commun d’établir des régimes démocratiques pluralistes et d’introduire un système d’économie de marché. Après des élections, en juin, qui ont marqué la défaite du Parti communiste, la Pologne a, en août, pour la première fois, un chef de gouvernement non communiste, Tadeusz Mazowiecki. Evénement révélateur du séisme qui se prépare, les obsèques officielles du héros de l’insurrection antisoviétique hongroise de 1956, Imre Nagy, sont célébrées le 16 juin 1989. Il avait été exécuté en 1957, puis enterré dans une fosse commune. Sur le terrain, la situation évolue spectaculairement lorsqu’en septembre, la Hongrie ouvre officiellement sa frontière avec l’Autriche, par laquelle les Allemands de l’Est passent déjà en masse vers l’Allemagne de l’Ouest, tandis que des manifestations en faveur de réformes se multiplient en République démocratique allemande. La conséquence est l’éviction, en octobre, de l’inamovible chef de la RDA, Erich Honecker. Ainsi, lorsque survient la chute du Mur de Berlin, l’Europe de l’Est communiste est déjà en pleine décomposition. La révolte populaire s’étend et s’accentue dès le 10 novembre avec la mise à l’écart de Todor Jivkov, au pouvoir en Bulgarie depuis 1954. Trois jours plus tard, des manifestations de masse éclatent à Prague et entraînent la chute du régime. Puis, le 29 décembre, Vaclav Havel, la grande figure de la résistance tchécoslovaque, est élu président de la République. Si, en Pologne et en Hongrie et dans une large mesure en Bulgarie, la révolution s’accomplit par le dialogue, en Tchécoslovaquie et en RDA, c’est le pouvoir communiste qui recule rapidement et abandonne la partie. Au contraire, en Roumanie, c’est l’affrontement et la violence. La police secrète, au service de Nicolae Ceausescu, oppose une résistance armée. Le régime est renversé le 22 décembre. Nicolae et Helena Ceausescu sont exécutés le 25 décembre. Un des facteurs-clefs du «miracle» de l’année 1989 a résidé dans l’attitude de Moscou. Mikhaïl Gorbatchev, qui venait de rapatrier ses derniers soldats soviétiques de l’Afghanistan et exprimait la volonté d’édifier une «maison commune» en Europe, était engagé dans la seconde phase de la «perestroïka» marquée par des réformes institutionnelles internes. L’historien François Furet a estimé à propos de Gorbatchev, dans son livre Le passé d’une illusion, que «s’il a ouvert la voie à la liquidation des régimes communistes est-européens en automne 1989, c’est par refus de verser le sang, et non par volonté délibérée». L’absence d’intervention de l’Armée rouge, alors que le système soviétique s’effondrait en Europe de l’Est en 1989, a aussi été un des signes que les temps avaient profondément changés.
La spectaculaire chute du Mur de Berlin, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, a réunifié l’ancienne capitale allemande, mais elle a aussi, par une réaction en chaîne imprévisible, provoqué la réunification du continent européen divisé pendant près d’un demi-siècle en deux blocs hostiles. «L’année 1989 a été celle du miracle. Le régime communiste a disparu et cela s’est produit sans guerre», a déclaré l’un des hommes qui ont agi dans leur pays pour que ce moment arrive, Bronislaw Geremek, aujourd’hui ministre polonais des Affaires étrangères. Depuis la Seconde Guerre mondiale, de la mer Baltique à la Méditerranée, une infranchissable ligne de barbelés, hérissée de miradors, séparait des blocs militaires hostiles sur pied de guerre permanent et dressait un paysage considéré comme immuable au...