Mikola Sas, un instituteur ukrainien sans emploi, amoureux de la nature et sportif accompli, passe le plus clair de son temps dans la forêt, perché tout en haut d’un arbre, seul et méditatif. «Voici ma maison de campagne», dit-il fièrement en indiquant une cabane en bois, juchée dans un frêne à une vingtaine de mètres du sol, où il passe le plus clair de son temps. Tel Le Baron perché de l’écrivain italien Italo Calvino, Mikola vit un peu avec les hommes et beaucoup à l’écart. Du haut de son arbre, il observe le monde, d’un autre point de vue. «Vivre en paix, en complète harmonie avec la nature»: la philosophie de Mikola, âgé de 37 ans, est simple. «La nature calme et inspire», explique-t-il, avouant être «peu ordinaire» et «solitaire». «Je fais ce que je veux, quand je le veux. Je suis mes instincts». Ami des bêtes, Mikola nourrit les animaux sauvages et cultive des orchidées près de «son» frêne. Agile et musclé, mi-ermite, mi-Tarzan, il adore grimper aux arbres, plonger nu dans les rivières environnantes et, en hiver, faire du ski de fond, tout aussi dénudé, «pour bronzer». «J’adore l’odeur des feuilles et regarder le troncs des arbres», poursuit-il. Shakespeare dans le texte Dans son petit village, beaucoup de ses voisins disaient être habitués aux lubies de cet original mais tout de même l’étonnement reste intact. Né à Zavadovka, dans l’ouest du pays, à quelque 500 kilomètres de Kiev, cet ancien instituteur de biologie et de géographie se veut philosophe. «Nietzsche est le plus grand!» dit-il. Et du haut de son frêne, il perfectionne sa connaissance de l’anglais pour lire un jour Shakespeare dans le texte . «J’admire également la culture antique. C’est Artémis (déesse grecque de la nature et de la chasse) qui me protège quand je grimpe aux arbres», ironise-t-il. Divorcé et père d’une fille de 13 ans vivant en Crimée, il a abandonné son emploi d’instituteur «il y a plusieurs années». «Je déteste la routine et les boulots du type 9 heures-17 heures», lance-t-il. «Cela coupe l’inspiration». En décembre dernier, il entame la construction de son «nid» qui durera près de quatre mois et s’y installe au printemps. La cabane de bois, d’environ six mètres carrés et dont les murs sont revêtus de tissu, est équipée d’un matelas, d’un banc et d’un petit poêle pour faire face au rude hiver ukrainien. «C’est ma cheminée», assure-t-il. Mikola ne sort de son isolement que pour aller chez sa sœur, dans la ville voisine de Kamenets Podolsky, ou chez sa vieille mère, dans le petit village de Zavadovka. Il aide alors aux tâches ménagères, se ravitaille avec des légumes du potager et gagne quelques sous en rendant de menus services aux gens du village. Ce «Tarzan» ukrainien, épris de solitude, avoue néanmoins rêver d’une Jane, «une femme tout à la fois belle et intelligente qui grimpera aux arbres avec moi».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Mikola Sas, un instituteur ukrainien sans emploi, amoureux de la nature et sportif accompli, passe le plus clair de son temps dans la forêt, perché tout en haut d’un arbre, seul et méditatif. «Voici ma maison de campagne», dit-il fièrement en indiquant une cabane en bois, juchée dans un frêne à une vingtaine de mètres du sol, où il passe le plus clair de son temps. Tel Le Baron perché de l’écrivain italien Italo Calvino, Mikola vit un peu avec les hommes et beaucoup à l’écart. Du haut de son arbre, il observe le monde, d’un autre point de vue. «Vivre en paix, en complète harmonie avec la nature»: la philosophie de Mikola, âgé de 37 ans, est simple. «La nature calme et inspire», explique-t-il, avouant être «peu ordinaire» et «solitaire». «Je fais ce que je veux, quand je le veux. Je suis mes ...