Pakistan Les nouveaux maîtres d'Islamabad à la porte du Commonwealth
le 10 novembre 1999 à 00h00
Un mois après avoir conquis le pouvoir lors d’un coup d’État sans effusion de sang, les maîtres militaires du Pakistan vont essuyer un affront cette semaine avec leur exclusion d’un sommet des pays membres du Commonwealth qui s’ouvrira vendredi en Afrique du Sud. La suspension du Pakistan par cette organisation de 54 États a été décidée le 18 octobre, quelques jours après que le chef des forces armées, le général Pervez Musharraf, eut renversé le gouvernement du Premier ministre Nawaz Sharif. Malgré des pressions des pays occidentaux, le général Musharraf a refusé de fixer une échéance pour le retour de la démocratie, ce qui lui a valu de nombreuses critiques dans le monde et particulièrement de la part de l’ancienne puissance coloniale britannique. Le siège du Pakistan restera donc vide quand les dirigeants des pays membres du Commonwealth fêteront le 50e anniversaire de cette organisation vendredi à Durban. «Nous sommes très attachés au Commonwealth», a déclaré le nouveau ministre pakistanais des Affaires étrangères Abdul Sattar. «On a assuré que le Pakistan demeurera un membre estimé du Commonwealth. Il n’est pas question que cette suspension du Commonwealth devienne permanente», a-t-il ajouté. Des diplomates étrangers à Islamabad estime que c’est surtout la fierté du pays qui va être atteinte par cette mesure qui empêchera le général Musharraf de venir s’expliquer lui-même face à des leaders du monde entier. Cette mise au ban d’Islamabad de l’organisation regroupant les anciens pays membres de l’empire colonial britannique ne devrait cependant pas avoir de répercussion tant sur les investissements que sur l’aide dont ce pays pauvre a besoin. «Ce sera une blessure symbolique qui sera plus ressentie sur le plan diplomatique que financier», a déclaré Mushtaq Khan, économiste en chef de la banque d’affaires ABN Amro à Islamabad. «Sur le plan général, les membres du Commonwealth ne pèsent pas lourd. Ce n’est pas comme si on devait parler avec les gens du Fonds monétaire international», a-t-il ajouté. En fait le général Musharraf devrait ressentir de plus en plus son isolement. Son coup d’État a déjà conduit au renvoi d’un sommet régional de l’Association du Sud asiatique pour la coopération régionale (SAARC) – d’une portée assurément plus limitée – qui devait se tenir dans le courant du mois au Népal. Cette réunion lui aurait donné l’occasion de dialoguer avec le Premier ministre indien Attal Behari Vajpayee et d’aborder les contentieux entre les deux pays qui se sont déjà livré trois guerres depuis l’indépendance. Exclu des sommets, le général a entrepris des visites-éclair dans différents pays amis afin de s’assurer de leur soutien. C’est notamment le cas de l’Arabie séoudite et des Émirats arabes unis. Actuellement il entreprend une tournée au Qatar, en Turquie et au Koweït.
Un mois après avoir conquis le pouvoir lors d’un coup d’État sans effusion de sang, les maîtres militaires du Pakistan vont essuyer un affront cette semaine avec leur exclusion d’un sommet des pays membres du Commonwealth qui s’ouvrira vendredi en Afrique du Sud. La suspension du Pakistan par cette organisation de 54 États a été décidée le 18 octobre, quelques jours après que le chef des forces armées, le général Pervez Musharraf, eut renversé le gouvernement du Premier ministre Nawaz Sharif. Malgré des pressions des pays occidentaux, le général Musharraf a refusé de fixer une échéance pour le retour de la démocratie, ce qui lui a valu de nombreuses critiques dans le monde et particulièrement de la part de l’ancienne puissance coloniale britannique. Le siège du Pakistan restera donc vide quand les...
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