Excédés par la propension de leurs étudiants à la triche et fatigués de les voir pomper systématiquement leurs contrôles sur Internet, quelques enseignants de la prestigieuse université de Berkeley (Californie, près de San Francisco) ont mis au point un logiciel qui permet de repérer, dans les travaux des étudiants, les paragraphes ou les documents entièrement recopiés sur le Web. Quand le programme détecte, dans un devoir, des phrases qu’il a déjà trouvées, mot pour mot, sur un site Internet, il les colorie et note, en fin de texte, l’adresse du site en question. Les tricheurs sont ainsi démasqués, preuve à l’appui. Les professeurs de Berkeley veulent faire profiter leurs collègues des autres universités de leur trouvaille. D’où la création du site plagiarism.org, qui offre la possibilité de tester les mémoires, les thèses et autres «term papers». L’ouverture d’un compte coûte 20 $. Pour ce prix, l’enseignant a droit à l’analyse de 30 documents. Passé ce nombre, chaque nouveau crible coûte 50 cents. Les enseignants intéressés peuvent se renseigner en écrivant à l’adresse e-mail suivante: info@plagiarism.com Les profs de Berkeley estiment qu’entre 1993 et 1997 le plagiat a progressé de 744 % chez leurs étudiants ! Principal respon- sable : le Net. Des petits malins ont en effet développé des sites spécialisés dans les devoirs en retard : ils offrent, soit gratuitement, soit le plus souvent contre paiement, des essais tout faits que les étudiants en mal d’inspiration peuvent télécharger. Numéro un du secteur: www.cheathouse.com, qui ne propose pas moins de 9 500 essais et s’enorgueillit d’avoir déjà rendu service à plus de 12 000 étudiants. Le site, au design subversif – yeux rouges diaboliques sur fond noir – n’en obéit pas moins à une logique commerciale très «professionnelle», avec service après-vente garanti. La concurrence s’organise néanmoins, avec des sites comme cheater.com. Un véritable marché est né. Aux États-Unis, à la différence des pays européens où les enseignants s’accommodent parfois de synthèses plus ou moins réussies de travaux existants, le plagiat est sévèrement condamné, et les étudiants doivent absolument fournir les sources de tous les documents dont ils se sont servis. Sans exception.
Excédés par la propension de leurs étudiants à la triche et fatigués de les voir pomper systématiquement leurs contrôles sur Internet, quelques enseignants de la prestigieuse université de Berkeley (Californie, près de San Francisco) ont mis au point un logiciel qui permet de repérer, dans les travaux des étudiants, les paragraphes ou les documents entièrement recopiés sur le Web. Quand le programme détecte, dans un devoir, des phrases qu’il a déjà trouvées, mot pour mot, sur un site Internet, il les colorie et note, en fin de texte, l’adresse du site en question. Les tricheurs sont ainsi démasqués, preuve à l’appui. Les professeurs de Berkeley veulent faire profiter leurs collègues des autres universités de leur trouvaille. D’où la création du site plagiarism.org, qui offre la possibilité de tester les...
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