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Actualités - Chronologie

Déception des communistes, dans l'apparente indifférence de la population (photo)

Les communistes qui avaient fait campagne pour obtenir la destitution du président Boris Eltsine manifestaient une vive déception à l’énoncé du vote négatif de la Douma, dans la quasi-indifférence du reste de la population. Dans les couloirs de la Douma, une brève bagarre s’est déroulée entre communistes et nationalistes après que le dirigeant ultranationaliste Vladimir Jirinovski (LDPR) eut déclaré en arborant un sourire content : «C’est une victoire de la Constitution, nous continuerons à nettoyer le pays des rouges». Non loin du Kremlin, devant la Chambre, environ 500 manifestants communistes rassemblés avec force drapeaux et pancartes, et séparés de manifestants pro-Eltsine par un cordon de policiers, ont accusé le dirigeant nationaliste d’avoir fait échouer la destitution, lancée par les communistes contre le président Eltsine. «Jirinovski a été payé pour voter contre la destitution», estimaient-ils en scandant «honte, honte», «vendus». Pour Alexandre Kouznetsov, 34 ans, au chômage, «les députés de la Douma ont eu peur de perdre leur place». «On sait très bien que ceux qui ne sont pas venus voter ont été payés 30 000 dollars chacun», a-t-il affirmé. Selon une retraitée, Tatiana Petrovna, 60 ans, «des députés ont reçu des coups de fil menaçants pour qu’ils s’abstiennent de voter». Une manifestante avec un mégaphone appelait «à ne jamais voter pour Jirinovski et le LDPR, parti de traîtres». Aux prochaines élections législatives, a ajouté cette retraitée, nous ne voterons que «pour ceux qui ont voté pour la destitution». Un député du PC, Alexandre Kouvaev, a traversé la rue pour aller apaiser ses amis : «Il ne faut pas en faire une tragédie. La majorité des députés ont quand même voté pour la destitution. De toute façon, le peuple a déjà destitué Eltsine. Il faut continuer notre lutte contre le régime», a-t-il dit. Dans la matinée, ces manifestants, arborant des banderoles, n’avaient pas ménagé leurs invectives contre le président, fustigeant «la dictature d’un vieux débile!» et le traitant de «vampire sanguinaire». La population, toute à ses tracas quotidiens pour joindre les deux bouts, est restée apparemment indifférente aux débats à la Douma, après avoir craint mercredi une nouvelle grave crise politique lors du limogeage inopiné du Premier ministre Evgueni Primakov. À une cinquantaine de mètres de la Douma, samedi soir, les passants s’intéressaient plus à la campagne publicitaire d’un constructeur automobile occidental et le son d’un orchestre avait laissé la place aux slogans. Bon nombre de Russes n’attendaient dans tous les cas strictement rien de l’issue du scrutin. «Cela m’est complètement égal de savoir qui est notre président pourvu que j’aie de l’argent et que l’on nous paie nos salaires», a déclaré une secrétaire de 30 ans, Alexandra Nikolaievna, gagnant 500 roubles par mois (20 dollars). Un entrepreneur de 40 ans, Vladimir Dmitrievitch, avouait pourtant éprouver une certaine «déception» tout en ajoutant : «D’un autre côté, je ne voudrais pas d’élections anticipées car cela exige de l’argent et notre économie est très faible».
Les communistes qui avaient fait campagne pour obtenir la destitution du président Boris Eltsine manifestaient une vive déception à l’énoncé du vote négatif de la Douma, dans la quasi-indifférence du reste de la population. Dans les couloirs de la Douma, une brève bagarre s’est déroulée entre communistes et nationalistes après que le dirigeant ultranationaliste Vladimir Jirinovski (LDPR) eut déclaré en arborant un sourire content : «C’est une victoire de la Constitution, nous continuerons à nettoyer le pays des rouges». Non loin du Kremlin, devant la Chambre, environ 500 manifestants communistes rassemblés avec force drapeaux et pancartes, et séparés de manifestants pro-Eltsine par un cordon de policiers, ont accusé le dirigeant nationaliste d’avoir fait échouer la destitution, lancée par les communistes...