Vingt ans après, Nantes a remporté samedi soir la deuxième Coupe de France de son histoire en battant le club de Sedan, qui évolue en deuxième division. Le FC Nantes, dernier représentant de la première division depuis les quarts de finale de l’épreuve, s’est imposé sur le score de 1 à 0 (0-0) à la mi-temps, sur un penalty d’Olivier Monterrubio à la 57e minute. Cette victoire permet aux hommes de l’entraîneur Raynald Denoueix, qui évoluait dans le onze nantais lors de la victoire de 1979 face à Auxerre, de se qualifier pour la prochaine Coupe de l’UEFA. Mais, dans un Stade de France comble, la victoire nantaise aura mis du temps à se dessiner. En première mi-temps, la seule occasion franche est même sedanaise. Sur une attaque nantaise en fin de période repoussée à l’entrée de la surface de réparation par les Ardennais, une contre-attaque vivement menée par Olivier Quint sur le flanc gauche est irrégulièrement stoppée par le milieu de terrain nantais Yves Deroff, qui écope d’un carton jaune. Un coup franc idéalement placé s’offre alors à l’attaquant Cédric Mionnet mais sa frappe est arrêtée en deux temps par le gardien et capitaine nantais, Mickaël Landreau. Durant toute la première période, Nantes produit la meilleure impression mais se heurte à la défense sedanaise, regroupée dans ses vingt mètres. La supériorité des Canaris va trouver un aboutissement dans le premier quart d’heure de la seconde mi-temps. À la 57e minute, sur une faute discutée du défenseur Stéphane Borbiconi sur Frédéric Da Rocha, Nantes obtient un penalty que transforme Olivier Monterrubio. Sedan a ensuite l’occasion d’égaliser, à la 73e, après que Quint eut été bousculé à l’extrême limite de la surface de réparation nantaise. Mais les sangliers doivent se contenter d’un coup franc que Mionnet frappe au-dessus des buts de Landreau. Deux minutes plus tard, une frappe de l’extérieur du pied de Pierre Deblock met en émoi la défense nantaise mais le tir passe à côté du cadre. Jusqu’à la dernière minute, les Sedanais jettent leurs forces dans la bataille pour égaliser et ils sont à deux doigts d’y parvenir, dans les arrêts de jeu, sur un coup franc obtenu dans la confusion. Mais Mickaël Landreau dévie le tir de de Luis Satorra au-dessus de sa transversale, juste avant que l’arbitre ne siffle la fin de la rencontre. Déclarations Patrick Rémy (entraîneur de Sedan) : «C’est clair, il n’y avait pas penalty. Je suis déçu et plein d’amertume. Ce penalty nous laissera toujours des regrets. L’arbitre a fait pencher la balance en faveur du plus fort. Je tiens quand même à féliciter mes joueurs qui ont bien su gêner les Nantais, qui se sont satisfaits d’une domination stérile. Nous quittons l’épreuve la tête haute». Raynald Denoueix (entraîneur de Nantes) : «C’etait un match coincé. En première mi-temps, l’enjeu a paralysé les joueurs. Heureusement en seconde période, tout s’est débridé. On était capable de jouer. Le résultat est plutôt logique. Le groupe vient de passer quelques bons mois ensemble. J’espère que ça continuera». Frédéric Da Rocha (attaquant de Nantes, à l’origine du penalty) : «Le défenseur me tient le bras et m’emporte. L’arbitre siffle, parfois il ne siffle pas, là il a sifflé, tant mieux. En première mi-temps, il y a eu la même action et l’arbitre avait déjà prévenu le défenseur. C’est une grande joie». Stéphane Borbiconi (défenseur de Sedan, auteur de la faute sur Da Rocha) : «Siffler un penalty sur une telle action équivaut à un véritable scandale, mais c’est le football. Quand j’entends le coup de sifflet de l’arbitre, j’imagine qu’il va pénaliser le joueur nantais (Da Rocha). C’est dommage, j’aurais vraiment préféré perdre par trois ou quatre buts d’écart avec une supériorité manifeste des Nantais. Place désormais au championnat. Si on est animé du même état d’esprit, on accrochera la montée». Un «scandale» pour le sanctionné, un bénéficiaire qui «ne peut pas dire», un juge impartial qui «maintient» sa décision de siffler un penalty décisif en finale de la Coupe de France de football. Cette nouvelle fissure vient rouvrir le débat sur la très vénérable infaillibilité de l’arbitre. Samedi, au Stade de France, Nantes (D1) a bel et bien battu Sedan (D2) «au penalty», comme le note Vincent Duluc dans L’Équipe - Dimanche. Le coup de sifflet couperet de Pascal Garibian, qui dirigeait la rencontre, a valeur de jugement «litigieux» aux yeux de la majorité des observateurs. Rappel des faits. 54e minute de jeu. Sur une passe de Monterrubio, Da Rocha saute, marqué par Borbiconi, dans la surface de réparation. Alors que les deux hommes sont en extension, le défenseur du club ardennais accroche légèrement l’attaquant nantais dans le dos. Ce dernier frôle le ballon de la tête et perd l’équilibre. Un petit geste confine soudain à l’irréparable.
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