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Actualités - Chronologie

Les Kosovars se tournent vers la religion (photo)

Avant de commencer à fréquenter la mosquée à Tirana, Zmalaj Suhareka et ses enfants n’avaient jamais été obsédés par la prière. «Maintenant nous prions cinq fois par jour. Ce n’est pas seulement parce que ces gens nous hébergent, mais nous sommes dans la maison de Dieu et nous nous sentons sous sa protection», ajoute cette mère de quatre enfants. Après avoir vécu des années dans la crainte de la violence et passé ces dernières semaines déracinée, chassée de son foyer, Zmalaj, épuisée, demande : «À qui puis-je accorder ma confiance désormais, si ce n’est à Dieu ?» «Quand les Serbes ont brûlé notre maison, nous avons prié. Sur le chemin venant du Kosovo, nous avons prié. Le seul qui nous a aidés, c’est Dieu et le seul qui va aider mon mari, c’est Dieu», dit-elle en serrant sa fille contre elle. Son mari s’est arrêté en route pour s’enrôler dans l’Armée de libération du Kosovo. Zmalaj ne sait pas, et risque d’ignorer encore longtemps, s’il est toujours en vie. Les violences extrêmes et les séparations ont conduit de nombreux musulmans kosovars à trouver dans une pratique religieuse assidue une source de soutien et de réconfort. Tandis que leur sort misérable s’aggrave dans les camps surpeuplés, il n’y a pratiquement rien d’autre qui puisse leur apporter quelque sérénité. Mais pour Zmalaj et 80 autres Albanais du Kosovo, une mosquée du centre de Tirana est devenue le refuge à la fois physique et spirituel. «C’est bondé, mais au moins nous sommes en sécurité. On pourrait être sous la tente et les enfants se sentent mieux ici», dit Nuri Berisha, tandis qu’il aide son fils à remettre ses chaussures qu’il avait enlevées pour entrer dans la mosquée Haxhi Hafiz Dashi. Les enfants peuvent préférer la mosquée à leur précédent havre, une piscine désaffectée de Tirana, mais ça ne leur fait pas oublier leur vraie maison. «J’aimerais mieux être chez nous au Kosovo, on n’a pas de jouets ici», dit Besar, six ans. Malgré les cinq prières quotidiennes, la religion est plutôt libérale à Tirana. La plupart des mosquées et des églises ont été détruites sur ordre du gouvernement dans les années soixante-dix pour réduire l’influence de la religion dans la société. Bien qu’elles aient été reconstruites, l’islam albanais a gardé un caractère spécifique. Rares sont les jeunes femmes à couvrir leur chevelure dans la mosquée et les plus âgées semblent surtout appliquer une tradition vestimentaire. Interrogé sur l’appartenance des réfugiés à la communauté sunnite ou chiite, l’un deux répond : «Comment ? Qu’est-ce que ça peut faire, nous sommes tous musulmans, c’est le principal». Un autre groupe de 250 personnes a trouvé refuge au Centre islamique de Tirana, géré par une association égyptienne avec l’aide d’organisations humanitaires d’Arabie séoudite et de Qatar. Les locaux sont vieux et décatis. La peinture grise des murs se craquelle et les escaliers de pierre sont fissurés. Une odeur de renfermé flotte alentour. «C’est tout de même mieux que les camps», dit un membre du personnel du centre. Dans la cour centrale en terre battue, des enfants courent ou se suspendent aux grilles rouillées, tandis que leurs aînés se dirigent vers les classes coraniques. «Bien sûr, les réfugiés sont devenus plus religieux. Même s’ils ne l’étaient pas à l’arrivée, croyez-moi, ils le seront avant de repartir», dit le permanent du centre.
Avant de commencer à fréquenter la mosquée à Tirana, Zmalaj Suhareka et ses enfants n’avaient jamais été obsédés par la prière. «Maintenant nous prions cinq fois par jour. Ce n’est pas seulement parce que ces gens nous hébergent, mais nous sommes dans la maison de Dieu et nous nous sentons sous sa protection», ajoute cette mère de quatre enfants. Après avoir vécu des années dans la crainte de la violence et passé ces dernières semaines déracinée, chassée de son foyer, Zmalaj, épuisée, demande : «À qui puis-je accorder ma confiance désormais, si ce n’est à Dieu ?» «Quand les Serbes ont brûlé notre maison, nous avons prié. Sur le chemin venant du Kosovo, nous avons prié. Le seul qui nous a aidés, c’est Dieu et le seul qui va aider mon mari, c’est Dieu», dit-elle en serrant sa fille contre elle....