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Actualités - Chronologie

David Cronenberg, ange du bizarre et cinéaste-philosophe

«Ange du bizarre» et «cinéaste-philosophe», le Canadien David Cronenberg préside le jury du 52e festival de Cannes qui décernera le 23 mai la prestigieuse Palme d’or, l’un des trophées les plus convoités du 7e Art. «D’un coup de sa baguette magique, il va transformer le cosmopolite en cosmopoétique», a déclaré Gilles Jacob lorsqu’il a annoncé la nomination du réalisateur de Crash et d’eXistenZ, qui succède à Martin Scorsese. «Avec David Cronenberg, l’ange du bizarre, cher à Cocteau, va sans doute effleurer la Croisette», selon Jacob. Le délégué général du festival de Cannes estime que le «cinéaste-philosophe», comme il se qualifie lui-même, sera un «président démocratique», le premier président en provenance du Canada. David Cronenberg, qui a obtenu un Ours d’argent-prix du jury pour son dernier opus, eXistenZ, au festival de Berlin, n’est pas un nouveau venu sur la Croisette où son précédent film érotico-métallique, le sulfureux et provoquant Crash, avait fait sensation en 1996. Il avait obtenu le prix du jury pour son «audace et son originalité» mais d’un jury divisé comme avait dû le préciser le président d’alors Francis Ford Coppola à la demande de ceux qui s’étaient «passionnément abstenus». Dr Jekyll and Mr Hyde David Cronenberg, né en 1943 à Toronto d’un père journaliste et d’une mère pianiste, s’est fait connaître en trois décennies de pellicule par son goût pour l’horreur, les manipulations et les mutations génétiques, les monstres gluants ou glacés de tôle froissée, la réalité virtuelle et le «cyberspace». Chairs déchirées, parasites, insectes ou virus qui pénètrent le corps ou, dans le cas d’eXistenZ, jeu vidéo-prothèse directement branché sur la moelle épinière, ce maître des extrêmes projette sur l’écran des fantasmes dont il paraît a priori très éloigné avec des films comme Chromosome, La mouche, Le festin nu, Vidéodrome... Ce Dr Jekyll and Mr Hyde du 7e Art, à l’air distingué et juvénile malgré ses cheveux blancs, s’exprime avec suavité et humour et la plus extrême courtoisie. Primé au festival du film fantastique d’Avoriaz (France), avant d’être reconnu par les grands festivals, David Cronenberg a fait des études scientifiques puis littéraires, avant d’entamer une œuvre cohérente où le thème des métamorphoses et de la fusion entre l’organisme et la technologie revient comme un fil rouge. Videodrome, en 83, est salué par Andy Warhol comme «l’Orange Mécanique des années 80». Avec The Dead Zone (1984) adapté du best-seller de Stephen King, il obtient trois des cinq prix du festival d’Avoriaz et sept nominations aux prix Edgar Allan Poe aux États-Unis. La Mouche (1986), énorme succès populaire et critique, remporte un Oscar et le prix du jury à Avoriaz. Faux-semblants (1988), un thriller psychologique sur deux jumeaux (Jeremy Irons) montre la fascination qu’exerce sur Cronenberg le côté sombre de la psyché et du comportement humain. Puis viendront Le Festin nu, adapté de William Burroughs, et M. Butterfly, à nouveau avec Jeremy Irons, d’après la pièce de David Henry Hwang.
«Ange du bizarre» et «cinéaste-philosophe», le Canadien David Cronenberg préside le jury du 52e festival de Cannes qui décernera le 23 mai la prestigieuse Palme d’or, l’un des trophées les plus convoités du 7e Art. «D’un coup de sa baguette magique, il va transformer le cosmopolite en cosmopoétique», a déclaré Gilles Jacob lorsqu’il a annoncé la nomination du réalisateur de Crash et d’eXistenZ, qui succède à Martin Scorsese. «Avec David Cronenberg, l’ange du bizarre, cher à Cocteau, va sans doute effleurer la Croisette», selon Jacob. Le délégué général du festival de Cannes estime que le «cinéaste-philosophe», comme il se qualifie lui-même, sera un «président démocratique», le premier président en provenance du Canada. David Cronenberg, qui a obtenu un Ours d’argent-prix du jury pour son...