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Actualités - Chronologie

Hagen Koch, l'homme qui a construit et détruit le Mur

Le Mur de Berlin, c’est toute sa vie : il l’a construit, a surveillé le territoire qu’il délimitait, puis l’a détruit. Désormais, Hagen Koch en garde la mémoire dans ses archives. Il a 21 ans quand Erich Honecker en ordonne l’édification en août 1961. Officier de la Stasi (police politique), le jeune Koch se réjouit. «Enfin, nous allons nous protéger de l’impérialisme américain», pense-t-il. En tant que cartographe, il dresse avec un groupe de soldats l’inventaire des 43 km qui doivent couper en deux Berlin dans le sens nord-sud. Arrivé à Checkpoint Charlie, des manifestants de l’Ouest protestent contre leur ouvrage. Koch est chargé par son chef de leur montrer où s’arrête la frontière. Un pied à l’Ouest, l’autre à l’Est, il dessine sur le sol avec un pinceau et de la peinture blanche une ligne de 15 cm de large, le long de la Friedrichstrasse. Aux insultes des Occidentaux, il répond ce qu’il a appris à l’école : «Les capitalistes sont responsables de la Seconde Guerre mondiale. Pour ne jamais revivre une telle situation, il faut les empêcher de s’introduire dans notre pays». Jusqu’en 1966, il reste un fidèle citoyen de la RDA, comme l’a voulu son père, instituteur et membre du Parti communiste SED. Mais à cette date, son grand-père néerlandais, qu’il n’a encore jamais rencontré, vient leur rendre visite. La venue de cet étranger dans une famille si fidèle au régime déplaît à la police politique. Peu de temps après, le père de M. Koch perd son emploi. Ces événements ébranlent la foi sans faille de Hagen Koch. «Si nous vivons si heureux dans notre pays, pourquoi avons-nous peur des étrangers»? Il veut quitter la Stasi. On le menace d’emprisonnement : celui qui en sait trop sur l’appareil d’État n’a pas le droit de retourner à la vie civile. Il restera jusqu’en 1985, date à laquelle il est chargé d’organiser des expositions de peintures et de sculptures de la RDA. Le 9 novembre 1989, le Mur tombe. Hagen Koch est nommé responsable de la protection de ce «monument historique» par le chrétien-démocrate Lothar de Maizière, dernier chef de gouvernement de l’ex-RDA. Il voyage à travers le monde pour montrer des morceaux de l’édifice démantelé. En juin 1990, il fait partie des organisateurs de la vente aux enchères à Monte-Carlo de certains fragments multicolores du Mur. Grâce à sa nouvelle fonction, il accumule les documents concernant l’ancien édifice. Il fait les poubelles des régiments dissous des gardes-frontières de l’Est pour compléter ses archives. Il possède désormais le plus grand fonds privé sur le Mur, installé dans son HLM berlinois, et en vit. Pour la consultation de chaque acte, le visiteur doit payer. Installé à son compte, il donne des conférences pour les écoles, mais aussi la police et les associations politiques. Son destin suscite des réactions contradictoires, parfois haineuses. Il en souffre mais ne se tait pas. «Pour les fidèles de la RDA, je suis un traître. Pour les victimes du Mur, un criminel».
Le Mur de Berlin, c’est toute sa vie : il l’a construit, a surveillé le territoire qu’il délimitait, puis l’a détruit. Désormais, Hagen Koch en garde la mémoire dans ses archives. Il a 21 ans quand Erich Honecker en ordonne l’édification en août 1961. Officier de la Stasi (police politique), le jeune Koch se réjouit. «Enfin, nous allons nous protéger de l’impérialisme américain», pense-t-il. En tant que cartographe, il dresse avec un groupe de soldats l’inventaire des 43 km qui doivent couper en deux Berlin dans le sens nord-sud. Arrivé à Checkpoint Charlie, des manifestants de l’Ouest protestent contre leur ouvrage. Koch est chargé par son chef de leur montrer où s’arrête la frontière. Un pied à l’Ouest, l’autre à l’Est, il dessine sur le sol avec un pinceau et de la peinture blanche une...