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Actualités - Chronologie

Communistes ou dissidents, les figures de la RDA sombrent dans l'oubli

Chefs communistes ou porte-drapeaux de la dissidence, les figures politiques de la RDA des années 80 ont pratiquement tous sombré dans l’oubli, dix ans après la chute du Mur de Berlin. De tous les dirigeants de la RDA, seul fait exception Hans Modrow, 71 ans, Premier ministre du 13 novembre 1989 au 18 mars 1990, qualifié de «Gorbatchev allemand» en raison de son rôle décisif dans la démocratisation de l’Allemagne de l’Est et la transition en douceur vers la réunification. Président d’honneur du PDS (Parti communiste rénové qui a succédé au SED, au pouvoir pendant 40 ans en RDA), il est le seul ancien dirigeant de la RDA à être titulaire d’un mandat électoral important, député européen, depuis juin. Et cela malgré plusieurs condamnations à des peines de prison avec sursis par la justice de l’Allemagne réunifiée qui l’a poursuivi sans relâche, l’amenant, en janvier 1998, dans ses mémoires, à dénoncer la «chasse aux sorcières» menée contre les anciens dirigeants est-allemands. Seuls l’exil vers la Russie puis le Chili et la mort en 1994 ont permis à l’ancien numéro un de la RDA, Erich Honecker, stalinien pur sucre et architecte du Mur de Berlin, d’échapper aux tribunaux. Son successeur, Egon Krenz, 69 ans, a été condamné le 25 août 1997 à six ans et demi de prison pour les tirs contre les fugitifs. Il est toujours libre en attendant que la Cour fédérale statue sur les recours déposés contre le jugement. L’ancien chef de la Stasi (police secrète de la RDA) Erich Mielke, 91 ans, a lui aussi subi les rigueurs de la justice : arrêté en décembre 1989, il a été détenu quasiment sans interruption jusqu’en août 1995. Malade, il n’a ensuite plus été poursuivi, mais ses «économies» accumulées à l’époque de la RDA, soit 765 000 marks-est, lui ont été confisquées. Il vit dans une modeste cité HLM de l’ancien Berlin-Est. Les anciens opposants au SED ont eux aussi pour la plupart perdu toute notoriété. Ainsi Lothar de Maizière, premier et dernier Premier ministre non communiste de RDA (du 18 mars au 3 octobre 1990). Auparavant, il avait fait sortir son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la RDA, formation-satellite du régime, de l’orbite du SED au pouvoir. À la fin de son mandat, il est retourné à son cabinet d’avocat, sans la moindre intention de revenir un jour en politique. Plusieurs chefs de file de la contestation en RDA ont néanmoins poursuivi une carrière politique plus ou moins discrète, à l’image de Vera Lengsfeld, 47 ans, qui a quitté en 1996 l’Alliance 90/Les Verts, parti né de la fusion entre les écologistes de l’Ouest et les mouvements de citoyens à l’Est, et rejoint la CDU, dont elle est aujourd’hui député, pour dénoncer un rapprochement des Verts avec le PDS. L’une des rares exceptions, chez les ex-opposants de la RDA, est Manfred Stolpe, 63 ans, chef du gouvernement régional (SPD) du Brandebourg, réélu ce mois-ci. Seul Allemand de l’Est à s’être imposé sur la scène politique réunifiée dès les premières élections régionales libres en octobre 1990, il est devenu le principal avocat des intérêts de l’ex-RDA.
Chefs communistes ou porte-drapeaux de la dissidence, les figures politiques de la RDA des années 80 ont pratiquement tous sombré dans l’oubli, dix ans après la chute du Mur de Berlin. De tous les dirigeants de la RDA, seul fait exception Hans Modrow, 71 ans, Premier ministre du 13 novembre 1989 au 18 mars 1990, qualifié de «Gorbatchev allemand» en raison de son rôle décisif dans la démocratisation de l’Allemagne de l’Est et la transition en douceur vers la réunification. Président d’honneur du PDS (Parti communiste rénové qui a succédé au SED, au pouvoir pendant 40 ans en RDA), il est le seul ancien dirigeant de la RDA à être titulaire d’un mandat électoral important, député européen, depuis juin. Et cela malgré plusieurs condamnations à des peines de prison avec sursis par la justice de l’Allemagne...