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Actualités - Chronologie

Les sorties de la semaine Bertolucci domine l'affiche(photos)

Quatre films nouveaux sortent cette semaine. Le plus important est «Besieged», de Bernardo Bertolucci : un film sans réels atouts «commerciaux» (sauf sa qualité!) – et ce n’est pas son titre français («Shanduraï») qui aurait pu arranger les choses. Deux autres, «Bowfinger» et «Nightwatch», sont des produits de série. Enfin, un film français, «Vivre au paradis», peu censé attirer le public (le sujet, surtout...). Attendus la semaine prochaine : le 4 novembre, «Wild Wild West» de Barry Sonnenfeld, et le 5, «A Midsummer Night’s Dream» de Michael Hoffman. À noter une certaine reprise dans la fréquentation, mais qui concerne surtout les films dits «porteurs» : rubrique box-office la semaine prochaine. Attention : annonces de «rattrapage». Ciné-Club de l’Alba, mardi 2, à 19h30 : «La vie est belle», de Roberto Benigni. Ciné-Club Alyarz, mardi 2, à 19h30 : «Arizona Dream», d’Emir Kusturica. Rome, ville ouverte Besieged, de Bernardo Bertolucci De plus en plus nombreux sont les films – d’origines les plus diverses – qui connaissent, à Paris, un traitement «critique» incertain, inattendu et sujet à d’inquiétantes interrogations (on va encore s’en apercevoir à propos du Barbier de Sibérie, le film de Nikita Mikhalkov qui doit sortir prochainement chez nous). Certes, Bernardo Bertolucci, prestigieux auteur du cinéma italien (Le conformiste, Le dernier tango à Paris, Le dernier empereur) avait pu donner, dernièrement, quelques signes de faiblesse : les réserves qui avaient accueilli, en 96, Stealing Beauty étaient justifiées. De là, à expédier en quelques lignes dédaigneuses un film comme Besieged, il y a une marge... alors que le moindre essai filmique français – genre deux filles paumées se disputant un mec évasif entre Dunkerque et Perpignan, via la Bretagne et/ou Marseille éventuellement – déclenche d’interminables et louangeuses analyses style socio-intellectuel. Cela n’est pas pour dire que Besieged soit un chef-d’œuvre, ou même un film sans rien qui laisse à désirer. Mais, avec toutes ses imperfections, c’est un film qui a quelque chose à dire et sait comment s’y prendre pour le dire. Accessoirement, Besieged, c’est du cinéma : ce qui, par les temps actuels, n’est pas à dédaigner. En quelques plans elliptiques et deux ou trois scènes rapidement menées, Bertolucci expédie le contexte africain de l’intrigue. Nous aurons compris que Shanduraï, étudiante en médecine, est obligée de quitter son pays après l’emprisonnement de son mari, instituteur (suite à un coup d’État militaire [1]). Aussitôt après, nous nous trouvons à Rome. Shanduraï a trouvé refuge – en échange de son travail de femme de ménage – dans une demeure où vit un Anglais solitaire, Mr. Kinski, apparemment coupé du monde et absorbé par sa passion pour la musique classique (il est un excellent pianiste). En même temps, Shanduraï parvient à poursuivre ses études. Sans nouvelles de son mari. Ici, une remarque : le critique des «Cahiers du Cinéma» a parlé d’un «appartement romain de grand standing»! C’est à se demander s’il a vu – plus exactement regardé, avec un minimum d’attention – le film de Bertolucci. La maison en question a de beaux restes, c’est vrai, mais sa «grandeur» appartient au passé et elle est déjà décatie. Mais qu’importe. Ce qui va compter vraiment, c’est la description des rapports qui vont s’établir entre ces deux personnages que rien, a priori, ne paraissait devoir rapprocher (sauf que Thandie Newton ne manque pas de charme!). La brusque déclaration d’amour de l’Anglais (David Thewlis) a un peu de peine à convaincre ; et la fidélité (souvent réaffirmée) de Shanduraï au souvenir de son mari rend la conclusion abruptement inattendue: en fait, on se demandait comment cette histoire allait bien pouvoir se terminer! Rapports troubles donc déconcertants, entre Kinski et Shanduraï, soulignés par une mise en scène soignée au point d’en être recherchée, sinon décorative (mais le sujet peut justifier le style). Avec des raccords parfois audacieux et des digressions bienvenues. L’incontestable travail d’un metteur en scène soucieux d’originalité... et de préserver sa personnalité. Le film est servi – bien servi – par deux interprètes de talent. Thandie Newton (vue dans Jefferson in Paris, de James Ivory) s’est donnée avec passion à ce personnage hors série. David Thewlis tient son rôle avec une distanciation très «british», agrémentée d’un soupçon d’excentricité déjantée. La bande-son – chants africains, Chopin et solo de jazz – est d’une richesse extrême. Laissez-vous tenter: voyez Besïeged. [1]: il doit s’agir de l’Érythrée ou de la Somalie – l’Éthiopie peut-être? Shaduraï parle très bien l’italien. EMPIRE/DUNES/ SODECO/GALAXY, ESPACE Nanterre, bidonvilles, années 50/60 Vivre au paradis, de Bourlem Guerdjou Coproduction franco-belgo-norvégienne, Vivre au paradis est un film (d’inspiration totalement algérienne) bien fait, joué avec sincérité, d’un réalisme qui peut déranger. Un film qui, de par son sujet (dépassé), ne va guère attirer le public libanais. Le document social est implacable – mais... On dira que c’est dommage, mais c’est ainsi. À Beyrouth, on a déjà «la maison rose». EMPIRE/SODECO – Salle 6 Cauchemars à la morgue Nightwatch, d’Ole Bornedal Au début, on se dit: cela va être Scream à la morgue (charmante perspective!). Et puis non... l’histoire vire au huis clos, un étrange produit filmique au scénario qui dérive dans tous les sens, dans une ambiance nocturne accentuée. On regarde quand même, en se demandant comment l’affaire va tourner, se dénouer. En plus les dialogues sont prétentieux. Les acteurs – Nick Nolte en tête, complètement ravagés – ont tous l’air drogué. On oublie, comme un mauvais rêve. Bizarre. CONCORDE, PLANÈTE/ABRAJ/ZOUK Martin et Murphy à Hollywood Bowfinger, de Frank Oz Pas vu. On ne peut pas tout voir (heureusement?). Steve Martin seul, ce n’est pas toujours facile. Eddie Murphy, idem. Les deux ensemble... Ils sont dans l’industrie du cinéma à Hollywood – qui en prend quelques coups en passant, paraît-il – ils se jouent des tours et courent après les gags (?). Cela vous suffit-il? Non? Eh bien, allez-y voir. CONCORDE, FREEWAY, PLANÈTE/ABRAJ/ KASLIK/PLAZA/ZOUK
Quatre films nouveaux sortent cette semaine. Le plus important est «Besieged», de Bernardo Bertolucci : un film sans réels atouts «commerciaux» (sauf sa qualité!) – et ce n’est pas son titre français («Shanduraï») qui aurait pu arranger les choses. Deux autres, «Bowfinger» et «Nightwatch», sont des produits de série. Enfin, un film français, «Vivre au paradis», peu censé attirer le public (le sujet, surtout...). Attendus la semaine prochaine : le 4 novembre, «Wild Wild West» de Barry Sonnenfeld, et le 5, «A Midsummer Night’s Dream» de Michael Hoffman. À noter une certaine reprise dans la fréquentation, mais qui concerne surtout les films dits «porteurs» : rubrique box-office la semaine prochaine. Attention : annonces de «rattrapage». Ciné-Club de l’Alba, mardi 2, à 19h30 : «La vie est belle», de...