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Actualités - Chronologie

Voile - Coupe Louis Vuitton Une première semaine conforme aux prévisions

La première semaine de courses de la Coupe LouisVuitton, qui a commencé lundi 18 octobre dans le golfe d’Hauraki, n’a donné lieu à aucune véritable surprise ni révélation, les trois challengers favoris occupant les trois premières places. Ainsi, au terme de la neuvième course de la cinquième journée, Luna-Rossa (Ita/Prada Challenge) occupe la tête avec 8 points, suivi de Young America (USA) et America One (USA) tous deux crédités de 7 points. Viennent ensuite America True (USA), 5 points, Abracadabra (USA/Aloha Racing) et Bravo-Espana (Esp/Desafio Espanol) 4 points, Asura (Jap/Nippon), 3 points et demi, après que le jury leur eut enlevé un demi-point) suite à une collision avec le défi espagnol) et Stars and Stripes (USA), 3 points. Ces cinq derniers challengers se disputent en fait les trois places restantes pour participer aux demi-finales de janvier 2000. Mais rien n’est véritablement joué puisqu’une victoire rapportera 4 points lors des séries éliminatoires 2 et 9 points lors des séries éliminatoires 3. Quoi qu’il en soit, au cours des demi-finales, les heureux élus retrouveront les trois premiers du classement. Le vainqueur de la Coupe Louis-Vuitton sera ensuite amené à rencontrer le défendeur de la Coupe de l’America. Deuxième souffle pour 6e Sens Parmi les challengers mis en difficulté au cours de cette première semaine figurent Be Happy (Sui/Fast 2000), 0 point, qui a eu à peine le temps d’essayer son bateau avant le début des courses, Young Australia (Aus/Australia Challenge), 1 point, qui avec le plus petit des budgets dispose d’un bateau d’occasion et du plus jeune skipper à avoir jamais participé à une Coupe de l’America et Sixième Sens (Fra/le défi BT-T), 2 points, qui s’est découvert en arrivant à Auckland un bateau moins rapide qu’espéré. Le défi français qui considère plusieurs challengers à sa portée devrait rejoindre le groupe des cinq dès le round robin 2 (6 novembre), si ses transformations structurelles se révèlent réussies. Contrairement au calendrier initial, le premier round robin n’est pas encore terminé. La journée de jeudi a été annulée, à cause du mauvais temps, mais samedi les deux courses de la journée ont pu avoir lieu, malgré des reports successifs des départs, faute de vent. Les deux dernières courses devaient avoir lieu dimanche, dans des conditions qui auraient été favorables, mais elles ont été reportées à mercredi par une décision du jury suite à des dégâts matériels occasionnés sur certains bateaux. Trois syndicats (America One, le Défi espagnol et Fast 2000) dont les bateaux avaient souffert d’importants dommages (structurels ou suite à des collisions) avaient demandé un report de courses. Le jury international a finalement décidé d’un report de courses généralisé à tous les challengers. Les deux dernières courses du premier round robin sont donc prévues pour mercredi. Au total, six des onze bateaux ont nécessité des travaux de réparation. Au cours de cette première semaine, deux équipiers, italien et espagnol, sont passés par-dessus bord mais ont immédiatement été récupérés sains et saufs. En revanche un équipier d’avant japonais a été assommé et blessé par un tangon de spi. Il a eu le nez et plusieurs dents cassés. Disparition de Paul Vatine : Jean Maurel envisage d’arrêter la voile Le navigateur français Jean Maurel, de retour à terre lundi quatre jours après le tragique naufrage de son bateau Groupe-André et la disparition de son coéquipier Paul Vatine dans la Transat Le Havre-Carthagène, a confié sa tentation d’arrêter les courses en haute mer. Interrogé par quelques journalistes, à bord du cargo britannique qui l’a repêché jeudi au large des Açores, sur ses intentions de se relancer dans d’autres équipées transatlantiques, Jean Maurel, encore visiblement ému, a répondu après un long temps d’arrêt : «C’est pas certain. J’en sais rien». «Pour l’instant, quand j’arrive à dormir, je pense à Paul, mais je rêve qu’on est sur le bateau et qu’on parle. J’ai ses phrases dans la tête. Je pense pas tellement à l’accident», a-t-il poursuivi. «Moi, j’ai fait pratiquement toutes les courses quatre ou cinq fois, c’est vrai qu’arrêter sur un accident, c’est terrible. Mais d’un autre côté, il faut savoir s’arrêter un jour», a-t-il ajouté. Chavirage très rapide Jean Maurel a été débarqué lundi matin dans le port néerlandais de Rotterdam par le porte-conteneurs britannique Caravelle qui l’avait secouru. Accueilli par son épouse Nathalie, le navigateur a ensuite pris la route de Paris, où il devait tenir une conférence de presse en fin d’après-midi. Le trimaran Groupe-André avait chaviré jeudi matin entre l’archipel des Açores et la côte portugaise, alors que Paul Vatine se trouvait à la barre. Les recherches menées dans la zone n’ont pas permis de retrouver le navigateur normand, qui était âgé de 42 ans. À l’intérieur du bateau au moment du drame, Jean Maurel a souligné lundi avoir été surpris par la rapidité avec laquelle le chavirage du bateau est survenu. Il a estimé que Paul Vatine n’était alors sans doute «pas attaché». «J’étais dans un état de semi-éveil et j’ai senti le bateau qui s’arrêtait dans une vague, plongeait dans la vague et il a chaviré, au début par l’avant et ensuite sur le côté, mais très rapidement», a-t-il expliqué. «J’avais déjà chaviré il y a dix ans et ça avait été plus lent. Là, ça a été vraiment rapide. Le bateau est passé de 14-15 nœuds à zéro en quelques secondes», a-t-il ajouté. «Dans la seconde, j’ai compris que Paul n’était plus à bord. Dès que j’ai ouvert la première fois la trappe et que je ne l’ai pas entendu, je savais que c’était fini. Après on cherche parce qu’on veut y croire. Mais je savais que c’était trop tard», a-t-il conclu. Monnet s’attaque au tour du monde à l’envers, « Terra incognita maritime » En se lançant en janvier dans un tour du monde en solitaire à l’envers, contre les vents et les courants dominants, le navigateur Philippe Monnet s’attaquera à l’exploit le plus extrême de la voile, une des rares navigations encore peu connues des marins. Seuls deux Britanniques l’ont réussi : Chay Blyth en 1970, qui avait passé dix mois sur son bateau en acier et Mike Golding, en 1993, qui a établi le record en 161 jours, 16 heures, 32 minutes et 24 secondes. Un Français, Jean-Luc Van den Heede, qui tente actuellement de battre ce record, vient de passer dans l’Hémisphère Sud. «Je leur souhaite bonne chance. Les records sont faits pour être battus. Mais il n’y a rien de plus dur», prévient Golding. Cette navigation, «sans aucune justification historique», reconnaît Monnet, n’a qu’un objectif : la recherche de l’extrême. Monnet effectue à Cannes les derniers réglages sur son monocoque, Uunet, l’ancien Fleury Michon de Poupon, allégé de six tonnes, «aussi fiable au près qu’au portant». Début janvier, il partira de Brest pour plus de cinq mois de solitude et de combat. À côté, le Vendée Globe Challenge, tour du monde dans le bon sens, est «une balade pour les vieux», sourit-il. À l’envers, les manœuvres sont permanentes, avec une navigation quasi permanente au près, contre le vent. «Les mers du sud sont austères. Là-bas, le mauvais temps dure deux mois et demi», explique Monnet qui a à son actif quatre circum-navigations et un passage du Horn à l’envers. Une expérience terrible : «Tu sens le vent arriver et à 150 mètres du rocher, tu le prends dans la gueule». Avec des creux qui peuvent atteindre 30 m et le cauchemar des solitaires du sud : les icebergs et les «grollers», des morceaux de glace dérivants. La course automobile « pour bouffer » Pour réduire ce risque, Monnet a potassé la météorologie et choisi de partir plus tard que les «tour-du-mondistes» classiques, espérant arriver dans le sud à l’automne, après la débâcle. Il compte également emprunter une route très australe, proche des 70 degrés sud, beaucoup plus courte mais prise par les glaces une bonne partie de l’année et où peu de marins se sont aventurés. La passion du tour du monde de Monnet, personnage atypique de la voile, qui a également couru des rallyes automobiles «pour gagner du blé et bouffer» quand il «cherchait des parraineurs», remonte au milieu des années 1980, lorsqu’il était équipier de Tabarly. «On ne parlait alors que de transatlantiques, c’était une aventure. Maintenant, tous les papys du port ont fait une transat. L’aventure, c’est le tour du monde». Pour une telle navigation, «il faut un gros budget et un très bon matériel qu’il faut gérer sur le long terme. Tu dois parfaitement connaître ton bateau et ses limites tout en allant vite. Si tu pètes un truc, tu n’as personne pour se dérouter et te récupérer», explique le marin qui assure ne pas ressentir de peur avant son odyssée. «Je me fais aussi bien à l’oisiveté qu’à l’exigence», explique ce bon vivant à terre qui, en mer, n’emporte ni cigarettes ni vin. Tout juste s’est-il fait décorer son cockpit de couleurs chaudes par un peintre animalier. «Le corps humain s’habitue à tout. Le premier jour, c’est désagréable, après on s’adapte». S’il réussit, Monnet compte «arrêter les records et réintégrer le circuit classique en multicoque». Il n’aura rien de plus extrême à espérer, si ce n’est «aller sur la lune». Seuls deux hommes l’ont fait jusqu’à présent, rappelle-t-il. Comme le tour du monde à l’envers.
La première semaine de courses de la Coupe LouisVuitton, qui a commencé lundi 18 octobre dans le golfe d’Hauraki, n’a donné lieu à aucune véritable surprise ni révélation, les trois challengers favoris occupant les trois premières places. Ainsi, au terme de la neuvième course de la cinquième journée, Luna-Rossa (Ita/Prada Challenge) occupe la tête avec 8 points, suivi de Young America (USA) et America One (USA) tous deux crédités de 7 points. Viennent ensuite America True (USA), 5 points, Abracadabra (USA/Aloha Racing) et Bravo-Espana (Esp/Desafio Espanol) 4 points, Asura (Jap/Nippon), 3 points et demi, après que le jury leur eut enlevé un demi-point) suite à une collision avec le défi espagnol) et Stars and Stripes (USA), 3 points. Ces cinq derniers challengers se disputent en fait les trois places restantes...