Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, qui a la haute main sur le dossier tchétchène, prône une ligne très dure au nom de la «lutte antiterroriste», et n’hésite pas à user d’un langage brutal qui semble plaire à l’opinion publique. Sa célèbre répartie «nous butterons les terroristes même sur les chiottes» a fait les délices de la presse russe, qui avait présenté l’ancien chef des services secrets comme «un dur, voire un dictateur», lors de sa nomination à la tête du gouvernement en août dernier. En quelques semaines, ce petit homme au crâne dégarni, né le 7 octobre 1952, a cependant pris en mains les affaires du pays, profitant de l’absence de plus en plus criante du chef de l’État Boris Eltsine, visiblement très affaibli. Jeudi, un sondage le donnait pour la première fois en tête des intentions de vote au premier tour d’une éventuelle élection présidentielle, avec 24 % des voix. Et samedi, il avait annoncé sa présence à un sommet sur le Proche-Orient prévu les 1er et 2 novembre à Oslo, bien que la Norvège eut adressé il y a quelques jours une invitation personnelle à M. Eltsine. Son succès politique, M. Poutine le construit pour l’instant sur la Tchétchénie (Caucase du Nord), avec un discours bien rodé. Accorder de facto l’indépendance à la Tchétchénie en 1996 était une erreur, dit-il, qui a permis à cette petite république de devenir une zone sans foi ni loi, où prospèrent les bandes armées terroristes. Constatant que la pouvoir indépendantiste n’avait pas réussi où pas voulu désarmer les islamistes, il a nié toute légitimité au président Aslan Maskhadov, se privant ainsi du dernier interlocuteur possible à Grozny, capitale de la Tchétchénie. Selon lui, les commanditaires des attentats de septembre sont basés en Tchétchénie. Ils doivent être «éliminés» et la Tchétchénie doit «rentrer dans le champ constitutionnel russe» avant d’entamer tout pourparler politique. Face aux critiques qui lui reprochent les bombardements sur les populations civiles, il répète inlassablement que «l’opération militaire vise uniquement des bases de terroristes et aucunement la population civile».
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, qui a la haute main sur le dossier tchétchène, prône une ligne très dure au nom de la «lutte antiterroriste», et n’hésite pas à user d’un langage brutal qui semble plaire à l’opinion publique. Sa célèbre répartie «nous butterons les terroristes même sur les chiottes» a fait les délices de la presse russe, qui avait présenté l’ancien chef des services secrets comme «un dur, voire un dictateur», lors de sa nomination à la tête du gouvernement en août dernier. En quelques semaines, ce petit homme au crâne dégarni, né le 7 octobre 1952, a cependant pris en mains les affaires du pays, profitant de l’absence de plus en plus criante du chef de l’État Boris Eltsine, visiblement très affaibli. Jeudi, un sondage le donnait pour la première fois en tête des...
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