En s’imposant dimanche en finale du Grand Prix de tennis de Lyon, l’Équatorien Nicolas Lapentti, tête de série numéro six, a prouvé qu’il n’était pas uniquement – à l’instar de la majorité des joueurs sud-américains – un spécialiste de la terre battue. Vainqueur en finale du jeune prodige australien Lleyton Hewitt – 18 ans et déjà 27e mondial – sur le score sévère de 6-3 6-2, Lapentti ne partait pourtant pas avec les faveurs des pronostics, et ce, malgré une 14e place au classement ATP Tour. Ne serait-ce que parce qu’il avait dû, dès son entrée en lice, sauver une balle de match contre le Néerlandais Jan Siemerink avant de renouveler l’exploit en demi-finale contre le Suédois Magnus Gustafsson. «Ce n’est pas vraiment un miracle, mais il y a eu de petits signes, à commencer lors du match contre Siemerink. C’est drôle mais lors de la soirée des joueurs, mercredi soir, où je me suis rendu avec des amis, j’y ai repensé... Ce jour-là, j’aurais pu en avoir fini avec le tournoi et finalement, je gagne», se souvient Lapentti, demi-finaliste en début de saison de l’Open d’Australie. «Ce tournoi restera comme quelque chose de très spécial pour moi car j’ai connu peu de réussite en indoor (de nombreuses défaites au premier tour et seulement deux matches gagnés contre Fernando Meligeni à la Coupe du Grand Chelem et contre Francisco Clavet à Vienne, la semaine dernière). J’ai été à deux reprises tout près de perdre... C’est presque inespéré». Néanmoins, Nicolas Lapentti sait quels sacrifices il a dû faire pour en arriver là pour devenir un joueur polyvalent capable de s’imposer sur terre mais aussi sur surfaces rapides, en plein air comme en salle. Gare à Hewitt «Progresser indoor quand on est réputé être un joueur de terre battue est une question de psychologie. Il ne faut pas se dire que l’on est incapable de jouer sur toutes les surfaces», explique-t-il. «Moi j’ai beaucoup travaillé avec mon coach, Pato Rodriguez, qui est à la fois mon entraîneur, mon meilleur ami et, quelque part, mon deuxième père. Il y a une sorte d’alchimie entre nous. Et nous travaillons beaucoup, ce qui explique certainement mes résultats aujourd’hui». Finaliste cette saison à Gstaadt et vainqueur à Indianapolis, Nicolas Lapentti semble marcher sur les traces de l’Espagnol Alex Corretja, qui s’était imposé l’an passé et à la surprise générale à Lyon, après avoir remporté, comme l’Équatorien, le tournoi d’Indianapolis en août. En fin de saison, Corretja – qui n’avait jamais avant Lyon gagné un match indoor – remportait les Masters. «Le problème est que, pour les Masters, je ne suis pas encore qualifié», rigolait Lapentti dimanche soir. «À part ça, je suis d’accord pour imiter Alex». Pour sa part, Lleyton Hewitt ne semblait pas trop touché par sa sévère défaite. Alors qu’il reconnaissait la veille n’avoir disputé que trois tournois en salle : Singapour 1998 (quart de finale), Singapour 1999 (demi-finale) et Lyon cette semaine, il se réjouissait des résultats obtenus au Palais des sports de Gerland. Son seul regret pour cette finale, avoir pris un mauvais départ. «D’entrée, j’ai raté beaucoup de volées, j’ai eu du mal à entrer dans le match. Il a fait les trois premiers jeux et il a pris confiance. Ce qui est sûr, c’est que j’ai été surpris par la variété de son jeu, a déclaré Hewitt. En voulant être trop agressif, j’ai beaucoup raté». Néanmoins, cette finale, à laquelle l’Australien n’osait rêver en début de semaine, lui aura certainement permis d’augmenter son capital confiance à un mois et demi de la finale de la Coupe Davis qui doit opposer les Français aux Aussies, début décembre à Nice. Des Français qui, à Lyon, ne se sont guère montrés à leur avantage, aucun d’entre eux n’ayant passé le stade des quarts de finales. Déclarations Nicolas Lapentti (Équ/n°7), vainqueur : «J’étais un peu inquiet avant la rencontre notamment sur ma forme physique. J’étais décidé à rentrer vite dans la partie. Hewitt est un contreur redoutable et j’ai beaucoup slicé. Lyon restera pour longtemps un tournoi spécial pour moi. Personne ne m’attendait en finale, c’était tellement inespéré que j’ai du mal à exprimer ce que je ressens d’autant que j’ai sauvé deux balles de match lors des tours précédents. Ce n’est pas un miracle mais c’est un peu lié à la chance». Lleyton Hewitt (Aus), finaliste : «J’ai fait un trop mauvais début de match et le fait de perdre de nouveau mon service dès le premier jeu du deuxième set a été difficile pour moi. J’ai joué de manière négative. Chaque fois que j’ai tenté d’aller de l’avant, j’ai manqué mes volées et j’ai eu de mauvaises sensations. J’aurais dû le jouer comme j’ai joué les matches précédents, mais au lieu de cela, j’ai tenté de l’agresser d’entrée et je pense que ce n’était pas la meilleure façon de l’aborder. Je n’avais jamais joué contre Lapentti et je n’avais vu aucun de ses matches. Il joue vraiment bien et dans tous les compartiments du jeu». Bratislava : Amélie Mauresmo remporte son premier tournoi WTA Amélie Mauresmo, 20 ans, tête de série n°1 et 11e joueuse mondiale, a remporté le premier tournoi WTA de sa carrière en battant dimanche en finale à Bratislava la Belge Kim Clijsters (n°8), 6-3, 6-3 en 59 minutes. Mauresmo avait déjà disputé deux finales cette année, aux Internationaux d’Australie puis à Paris. Clijsters, 16 ans et 53e joueuse mondiale, dimanche, a cependant surpris Mauresmo en lui ravissant son service au 5e jeu. Mais la jeune Belge n’a pas réussi à confirmer ce break, Mauresmo a recollé immédiatement au score, a profité une nouvelle fois de la faiblesse au service de Clijsters au 8e jeu pour se détacher 5-3 puis remporter le premier set en 31 minutes. Dans la seconde manche, la Française, de plus en plus dominatrice, a réussi deux breaks et gagné le set 6-3 en 28 minutes sur sa deuxième balle de match. En fin de partie, Clijsters, après la bataille en trois sets livrée la veille en demi-finale contre une autre Française, Nathalie Dechy, a donné des signes de fatigue. Mauresmo, quant à elle, s’était reposée samedi après le forfait de la Tchèque Kveta Hrdlickova, victime d’une... piqûre d’abeille au bras droit. Stuttgart : l’élite mondiale présente, moins Sampras et Rafter Les 50 meilleurs joueurs du tennis mondial, à l’exception du numéro trois mondial, l’Américain Pete Sampras, et du double vainqueur de l’Open des États-Unis, l’Australien Patrick Rafter, participeront du 25 au 31 octobre au tournoi ATP de Stuttgart (sud), dans la série des Super-9 et doté de 2,45 millions de dollars. Sampras, déjà forfait à l’US Open en raison d’une hernie discale, souffre d’une grippe et ressent encore des douleurs dans le dos lors de l’entraînement. Quant à Rafter, 13e joueur mondial, il a décidé de se faire opérer à une épaule et sera absent des courts pendant plusieurs mois. Forfait également pour la finale de la Coupe Davis Australie-France (du 3 au 5 décembre à Nice, en France), l’Australien espère être rétabli pour l’Open d’Australie à Melbourne, à la mi-janvier. Les organisateurs ont accordé deux invitations (wildcard), l’une au Croate Goran Ivanisevic, 40e à l’ATP, victorieux à Stuttgart en 1992, et l’autre à l’Américain Michael Chang (75e). Les têtes de série : 1. Andre Agassi (USA) 2. Evgueni Kafelnikov (Rus) 3. Todd Martin (USA) 4. Gustavo Kuerten (Bré) 5. Tim Henman (G-B) 6. Greg Rusedski (G-B) 7. Marcelo Rios (Chi) 8. Richard Krajicek (P-B) 9. Tommy Haas (All) 10. Alex Corretja (Esp) 11. Nicolas Kiefer (All) 12. Nicolas Lapentti (Équ) 13. Carlos Moya (Esp) 14. Cédric Pioline (Fra) 15. Thomas Enqvist (Suè) 16. Felix Mantilla (Esp).
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