Un élément radioactif cancérigène a été détecté dans les dents de bébés américains nés dans les années 1980, à un niveau aussi élevé que dans celles des enfants nés dans les années 1950, lorsque les puissances nucléaires procédaient à des essais dans l’atmosphère, selon les résultats préalables d’une étude rendue publique à New York. Ce que les chercheurs du Projet radiation et santé publique (RPHP) ont trouvé «est exactement le même résultat (que dans les années 1950) et devrait susciter le même niveau de préoccupation», a déclaré l’acteur Alex Baldwin, animateur d’une conférence de presse présentant cette étude. Le Strontium-90, un élément radioactif cancérigène apparu en 1945 avec l’ère nucléaire, «ne devrait plus être mesurable dans les dents des bébés», après la fin des essais nucléaires français et chinois dans l’atmosphère, a expliqué le docteur Jay Gould, un ancien conseiller à la protection de l’environnement de l’administration Carter et codirecteur du projet. Or, «nous en avons trouvé 100 fois plus que nous ne le prévoyions», a-t-il assuré, mettant en cause des accidents nucléaires comme ceux de Three Mile Island (Pennsylvanie) en 1979 et la catastrophe de Tchernobyl en 1986, autant que les émanations pas forcément spectaculaires des réacteurs civiles. Le Strontium-90 avait été accusé dans les années 1950 de provoquer des cancers infantiles, et l’émotion qui avait suivi la publication d’études avait joué un rôle dans la décision du président John Kennedy de signer en 1963 avec l’URSS le traité d’interdiction des essais nucléaires de 1963. Alec Baldwin et sa femme Kim Bassinger sont résidents de Long Island (banlieue de New York), l’une des trois régions avec le New Jersey (nord-est) et la Floride (sud-est) où sont installées des centrales nucléaires et qui doivent être étudiées par le RPHP. Un signal Se présentant comme «un père et un citoyen concerné», l’acteur a parrainé une campagne lancée en janvier, demandant aux parents de faire parvenir à RPHP les dents de lait de leurs enfants... après les avoir récupérées sous leur oreiller comme le veut la tradition. 1 500 dents ont déjà été collectées, et 550 dents provenant d’enfants nés entre 1979 et 1982 analysées. Elles font apparaître des taux de radiation équivalents à ce qu’avait trouvé une étude de 1953, selon le docteur Gould. «Il y a du Strontium-90, qui provoque des cancers, dans les dents des enfants», a déclaré le docteur Ernest Sternglass, professeur émérite de physique nucléaire à l’université de Pittsburgh. «Il ne devrait pas y en avoir». Selon RPHP, la structure du Strontium-90 est similaire à celle du calcium et trompe le corps humain qui l’intègre dans les os et les dents. Il est en outre un signal attestant de l’exposition à d’autres matières potentiellement plus dangereuses, selon ces chercheurs, dont les travaux doivent être publiés dans les International Journal of Health Services. Le RPHP veut étudier au total 5 000 dents, et a réclamé que les autorités sanitaires américaines lancent de leur côté une étude sur la question.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un élément radioactif cancérigène a été détecté dans les dents de bébés américains nés dans les années 1980, à un niveau aussi élevé que dans celles des enfants nés dans les années 1950, lorsque les puissances nucléaires procédaient à des essais dans l’atmosphère, selon les résultats préalables d’une étude rendue publique à New York. Ce que les chercheurs du Projet radiation et santé publique (RPHP) ont trouvé «est exactement le même résultat (que dans les années 1950) et devrait susciter le même niveau de préoccupation», a déclaré l’acteur Alex Baldwin, animateur d’une conférence de presse présentant cette étude. Le Strontium-90, un élément radioactif cancérigène apparu en 1945 avec l’ère nucléaire, «ne devrait plus être mesurable dans les dents des bébés», après la fin des...