L’activité s’est contractée hier sur le marché des changes de Beyrouth dont la tendance continuait à être déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). C’est ainsi que le dollar a dû finalement reproduire ses cours affichés depuis le 9 septembre dernier après que la BDL eut maintenu ses deux taux d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. En effet, le billet vert, qui a clôturé la journée invariablement au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, s’est négocié sans aucun changement au bas de la fourchette d’intervention de la BDL dans les échanges interbancaires dans un marché où l’offre continuait de l’emporter sur la demande. Pourtant, le volume d’affaires s’est encore aminci hier pour ne pas dépasser au total quelque six millions de dollars, en grande partie achetés par la BDL à 1 501,00 LL. Dollar toujours soutenu À l’étranger, le dollar a été soutenu hier sur les marchés des changes internationaux par l’annonce d’une réduction du déficit commercial aux États-Unis en août, alors que l’euro se ressentait d’un rapport décevant de l’Ifo sur le climat des affaires en Allemagne. La monnaie unique européenne est repassée sous 1,08 dollar après la publication du rapport de l’institut de conjoncture munichois Ifo, dont le baromètre sur le climat des affaires en Allemagne de l’Ouest a stagné le mois dernier par rapport à août, alors que les économistes avaient prévu une nouvelle amélioration. Parues à la veille d’une réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) aujourd’hui, ces dernières données ont dissipé les quelques spéculations sur une hausse des taux d’intérêt dans la zone euro. Par ailleurs, le rapport de l’Ifo a coïncidé avec l’annonce d’une réduction du déficit commercial des États-Unis de 3,2 % à 24,1 milliards de dollars en août contre 24,0 milliards en juillet, soit la première contraction du déficit commercial américain depuis avril, alors que les économistes tablaient sur un nouveau creusement. Le billet vert a donc profité de cette bonne surprise pour regagner le terrain perdu les jours précédents face à l’euro. La devise américaine a été par ailleurs soutenue par une nouvelle progression de Wall Street hier, après deux séances consécutives de hausse. Selon les analystes, l’appréciation du dollar face à l’euro devrait toutefois être limitée alors que les craintes de hausse prochaine des taux d’intérêt aux États-Unis vont continuer à déstabiliser Wall Street. De son côté, la baisse de l’euro va en revanche être contenue par les perspectives de hausse du loyer de l’argent par la BCE dans les semaines à venir, après une série de déclarations encourageantes de responsables européens. Tout comme l’euro, la livre sterling a été déçue par les données britanniques sur les ventes de détail pour le mois de septembre dont la progression de 0,1 % a été inférieure aux prévisions et semble diminuer la probabilité d’un prochain relèvement des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre. Ce sentiment a été renforcé par les minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre qui ont révélé que les neuf sages de ce comité ont voté à l’unanimité au début du mois pour un maintien du loyer de l’argent à 5,25 %. Selon les experts, malgré ces données, le marché continue à tabler sur un resserrement monétaire au Royaume-Uni avant la fin de l’année, ce qui devrait limiter la baisse du sterling face au dollar qui s’est finalement négocié, à New York, face aux autres grandes monnaies, sur un ton soutenu comme suit : – 1,0742 pour un euro contre 1,0838, la veille – 1,6640 pour un sterling contre 1,6720 – 1,8210 DM contre 1,8050 – 6,1065 FF contre 6,0530 – 1,4830 FS contre 1,4675 – 1 802,45 lires contre 1 786,75 – 106,50 yens contre 105,30. Bourse de Beyrouth : tendance hésitante Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a éprouvé hier beaucoup de difficultés à s’engager dans une direction précise. Ella a été tirée à la baisse par le repli des actions A de Solidere et de celles de la Byblos Bank et à la hausse par la reprise des actions B de Solidere et de celles de Bou Khalil Markets. Finalement, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a très légèrement progressé de 0,07 % à 74,63 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires a cédé 0,11 % à 177,00 points. Ce mouvement s’est encore une fois produit hier dans un volume d’affaires assez réduit avec 55 370 actions négociées d’une valeur globale de 189 928 dollars. Sur les autres places boursières, Wall Street a continué sur sa lancée de la veille, rassurée par la contraction du déficit commercial américain en août consécutivement à l’augmentation de 3,7 % des exportations américaines dans une proportion plus grande que la hausse de 2 % des importations. De plus, la cote américaine a été tirée à la hausse aussi par les gains du secteur de la haute technologie, après la publication par Microsoft d’un bénéfice supérieur aux attentes pour le premier trimestre de son exercice fiscal 2 000. Le groupe s’est également déclaré optimiste sur la demande d’ordinateurs personnels. D’autres grandes entreprises et établissements bancaires ont également publié de bons résultats trimestriels tirant les sociétés de leurs compartiments respectifs à la hausse. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a opéré un nouveau bond d’un plus bas à 10 203,31 points à un plus haut à 10 371,76 points, avant d’afficher en préclôture 10 361,65 points, en hausse de 156,72 points sur la veille. Irrégularité des Bourses européennes Les marchés européens ont terminé mercredi sur des tendances divergentes, en dépit de l’orientation positive de la Bourse de New York dopée par les bons résultats publiés par de grandes sociétés américaines, au premier rang desquelles le géant du logiciel Microsoft Corp. Mais les doutes lancinants sur de prochaines hausses de taux d’intérêt en Europe et aux États-Unis ont, semble-t-il, été les plus forts sur certains marchés, rendus de ce fait insensibles aux performances des Microsoft et autres IBM. À Paris, l’indice CAC 40 a terminé en repli de 0,29 %, tandis que le Dax allemand cédait 0,11 % en dernière minute et que le marché suisse abandonnait 0,19 %. L’indice Mibtel de Milan cédait 0,38 % mais l’Ibex madrilène était stable (-0,08 %). La Bourse de Londres a terminé en revanche dans le camp des optimistes (+0,11 %), de même que la place d’Amsterdam (+1,08 %) et le marché belge (+0,82 %). Les indices multipays, Euro Stoxx 50 limité à la zone euro et Eurotop 3090 pan-européen, ont tous deux progressé de 0,2 %. L’agitation continuait à régner dans le secteur des télécoms. L’opérateur de téléphonie mobile, Mannesmann, qui a confirmé avoir fait une offre sur le suisse Cablecom, s’est adjugé 2,07 %. En revanche à Londres, le géant des télécommunications Vodafone Airtouch a rendu 6,22 %, les marchés craignant que le groupe anglo-américain ne soit tenté de lancer une offre sur l’allemand Mannesmann en réponse aux discussions annoncées mardi entre ce dernier et l’opérateur britannique Orange Plc. Vodafone a perdu près de 18 % depuis le 11 octobre. À Paris, France Telecom, qui est également intéressé par l’opérateur suisse, s’adjugeait 0,76 %. Les valeurs de technologie et de médias étaient également sous les feux de la rampe. Avec, en premier lieu la chute du fabricant de logiciels SAP qui a accusé la plus mauvaise performance des valeurs du Dax, avec un repli de 5,27 %, en réaction à l’annonce d’une baisse de 64 % de son bénéfice net au troisième trimestre. Aux automobiles, le constructeur bavarois BMW a terminé sur un gain de 2,8 %, après avoir fait état d’un chiffre d’affaires accru de 4,8 % à 24,7 milliards d’euros, au titre des neuf premiers mois de 1999. Son concurrent DaimlerChrysler en revanche n’a progressé que de 0,09 %, après avoir annoncé une hausse de 12 %, à 73,9 milliards d’euros, de ses ventes de voitures sur neuf mois, conforme aux prévisions. Renault est reparti nettement à la baisse (-4,8 %), sur un nouveau courant de prises de bénéfices après l’annonce lundi d’un plan radical de restructuration par son allié japonais Nissan. Le géant du tabac British American Tobacco progressait de 5,3 %, soutenu par le relèvement de la recommandation de Merrill Lynch sur le titre à «acheter» et par des commentaires positifs d’analystes alors que le groupe publiera ses résultats la semaine prochaine. Tokyo : clôture en hausse La Bourse de Tokyo a gagné du terrain mercredi, une inflation maîtrisée aux États-Unis ayant apaisé les craintes d’une nouvelle correction de Wall Street. La progression a toutefois été freinée par la prudence que suscite la situation des marchés américains et les risques de nouveaux relèvements des taux d’intérêt aux États-Unis. L’indice Nikkei 225 a gagné 280,54 points, soit 1,63 %, à 17 534,71, et son contrat de décembre 260 points à 17 250. «Étant donné le niveau élevé des taux d’intérêt à long terme (aux États-Unis), il est prématuré d’être optimiste», a estimé Hiroshi Arano, de Dai-Ichi Kangyo Asset Management. Wall Street s’est redressée mardi, l’indice des prix à la consommation aux États-Unis n’ayant progressé que de 0,4 % en septembre, conformément aux prévisions. L’attention des investisseurs s’est tournée vers les sociétés de Bourse et les banques qui n’ont pas encore constitué des alliances, dans l’idée qu’elles ne pourront échapper longtemps à la vague de concentration. Tokyo Securities s’est ainsi adjugé 9,10% à 470, dans un gros volume également. Au total 535,77 millions de titres ont changé de mains, contre 486,46 millions mardi, et les hausses l’ont emporté sur les baisses par 777 à 422, avec 138 titres inchangés.
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