Le dollar n’a pas pu bouger encore hier, à Beyrouth, en raison de la contraction de l’offre et de la rareté de la demande commerciale dans un marché toujours dominé par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue ainsi à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Dans ce contexte, les établissements de crédit de la place ont continué de vendre le dollar à la BDL au bas de sa fourchette d’intervention en l’absence d’autres contreparties valables à l’achat en dehors d’elle. Pourtant, les échanges sont restés très fins avec au total quelque sept millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL à 1 501,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Le dollar désorienté par la volatilité de Wall Street À l’étranger, le dollar s’est raffermi hier sur les marchés des changes internationaux après la publication des chiffres de ventes de détail toujours soutenus en septembre et une réduction des demandes d’allocations chômage la semaine dernière. Ces statistiques américaines ont une nouvelle fois déprimé le marché obligataire et le taux de rendement de l’obligation du Trésor à 30 ans, principale référence, s’est un peu plus tendu à près de 6,33 % contre 6,29 %, la veille. Pourtant, les opérateurs ont été plus ou moins sensibilisés par la hausse de 0,1 % des ventes de détail le mois dernier contre 1,5 % en août (chiffre révisé), excluant toute surchauffe de l’économie américaine sans pour autant dissiper la perspective de hausse des taux d’intérêt servis sur les fonds fédéraux (Fed funds) par la Réserve fédérale américaine (Fed) le mois prochain. À cet égard, les experts ont fait état de la hausse de ces ventes de 0,6 %, dans le secteur automobile au lieu de 0,3 % comme attendu, d’un côté, et de la diminution de 29 000 du nombre des demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis la semaine dernière, d’un autre côté, reflétant des créations d’emplois non agricoles à un rythme assez préoccupant. Ce phénomène est venu donc conforter ces mêmes milieux dans leurs certitudes que l’économie restait performante même si les marchés prêtent plus d’attention aux ventes de détail, hier, et aux prix à la production en septembre attendus aujourd’hui. De plus, l’effet de l’initiative de la Banque du Japon sur la devise nippone la veille continuait à se faire sentir en privilégiant le dollar malgré le sentiment des opérateurs que la tendance de fond en faveur d’un yen fort persiste toujours. Quant à la parité dollar/euro, elle est restée confinée dans des marges étroites. L’enquête publiée hier par l’Insee en France affirmant que la conjoncture dans la zone euro a continué à s’améliorer en août et en septembre, ne devait pas faire bouger le marché de façon significative. Pour ce qui est de la livre sterling, elle est restée généralement ferme, dans l’attente de la publication de données économiques importantes la semaine prochaine, en particulier la première estimation de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) britannique pour le troisième trimestre. Cela étant, le billet vert, en attendant les chiffres des prix de gros et de la production industrielle aux États-Unis en septembre aujourd’hui, s’est montré moins unanime à la hausse face aux autres grandes monnaies à l’exception du sterling, se négociant à New York, comme suit : – 1,0785 pour un euro contre 1,0795, la veille – 1,6640 pour un sterling contre 1,6560 – 1,8135 DM contre 1,8120 – 6,0815 FF contre 6,0765 – 1,4740 FS contre 1,4735 – 1 795,00 lires contre 1 793,65 – 107,35 yens contre 106,60. Bourse de Beyrouth : légère hausse de la Banque Byblos À la Bourse de Beyrouth, toujours désertée par les opérateurs, la tendance générale s’est légèrement améliorée, hier, grâce à la petite reprise des actions C de la Byblos Bank de 2 1/8 à 2 3/16 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a progressé de 0,07 % à 74,74 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a augmenté de 0,11 % à 177,61 points. Toutefois, l’activité du marché est restée assez réduite avec seulement 31 165 actions négociées d’une valeur globale de 163 014 dollars. Volatilité de Wall Street Sur les autres marchés boursiers internationaux, Wall Street a fait preuve de nervosité hier après la dégringolade de la veille et la publication hier de données économiques contradictoires. Certes, les opérateurs ont été frappés d’hésitation après l’annonce d’une maigre hausse de 0,1 % des ventes de détail en septembre et d’une forte diminution de 29 000 demandes d’allocations chômage la semaine dernière, soit trois fois plus que ce qu’attendaient les analystes. Ces statistiques sont venues alimenter les craintes de relèvement des taux directeurs américains pour les uns, et exclure la surchauffe de l’économie pour les autres. Pourtant, une chasse aux bonnes affaires a permis ensuite à Wall Street et à la Bourse électronique Nasdaq de repasser dans le vert, surtout après la publication de bons résultats trimestriels par plusieurs grandes sociétés. Cela étant, et dans l’attente de la publication aujourd’hui d’autres statistiques importantes, dont les prix de gros en septembre, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû opérer un bond de 10 133,69 points au plus bas à 10 342,97 points au plus haut, avant d’afficher en préclôture 10 295,48 points, en hausse de 63,32 points sur la veille, et ce dans un marché volatil. Baisse des Bourses européennes Les marchés européens d’actions ont terminé en baisse jeudi, en dépit de l’annonce de la constitution du premier groupe européen dans la construction aéronautique, également troisième mondial. Les marchés ont subi des dégagements opérés de part et d’autre de l’Atlantique sur les marchés d’obligations où les rendements sont ainsi montés à leurs plus hauts de ces deux dernières années. Dasa, la filiale aéronautique de l’allemand DaimlerChrysler, fusionnera avec le français Aerospatiale-Matra pour créer EADS, une entreprise au chiffre d’affaires annuel de 21 milliards d’euros. Mais, d’autre part, l’annonce d’une progression inattendue des ventes au détail aux États-Unis en septembre, a ravivé les craintes sur les taux d’intérêt. «Nous avons de sérieuses inquiétudes et le marché obligataire semble vraiment mal en point», a constaté l’analyste Jerry Evans, d’Enskilda Securities. L’indice Eurotop 300 a perdu 0,9 %, à 1 279,10, et l’Euro STOXX 50 des valeurs vedettes de la zone euro 0,77 %, à 3 695,77. À l’exception de Bruxelles, qui a pris 0,55 %, et de la Bourse helvétique, pratiquement inchangée à +0,01 %, toutes les places européennes ont terminé en baisse : Francfort (1,42 %), Londres (1,21 %), Amsterdam (0,86 %), Milan (0,62 %), Madrid (0,45 %) et Paris (0,42 %). Les investisseurs craignent que la croissance économique en Europe et ailleurs ne devienne inflationniste, provoquant ainsi une série de relèvement des taux d’intérêt. Ces craintes sur les taux se sont traduites par une poussée des rendements de 30 ans américains et du Bund à dix ans au plus haut depuis environ deux ans. Des rendements aussi élevés affectent les valeurs boursières à forte cote, notamment les télécoms et les technologiques, qui ont été parmi les plus durement touchées hier. «En un mot, les signes se multiplient montrant que les taux d’intérêt devront monter et il est évident que les valeurs à revenu fixe reflètent ces craintes», a observé Jerry Evans. Les valeurs cycliques, plus sensibles à l’évolution de l’économie, telles que les industrielles, le BTP et l’énergie, ont mieux résisté, les investisseurs espérant que la reprise leur permettra d’accroître leurs bénéfices. DaimlerChrysler avait momentanément gagné plus de trois pour cent en séance après l’annonce de la création d’EADS, dont le chiffre d’affaires annuel sera d’environ 21 milliards d’euros. Le titre a ensuite réduit son avance et terminé à 69,20 euros, sur un gain de 1,20 euro, soit 1,16 %. Tokyo : en hausse La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 0,1 % jeudi grâce à un affaiblissement du yen et à une forte progression du secteur bancaire après l’annonce d’un projet de fusion entre Sumitomo Bank et Sakura Bank (bien Sakura). L’indice Nikkei des valeurs vedettes a progressé de 25,77 points à 17 780,26. L’indice élargi Topix a gagné de son côté 9,78 points à 1 536,74 points. Le volume des transactions s’est étoffé, avec 823 millions d’actions échangées contre 658,5 millions la veille. Malgré la baisse de Wall Street mercredi, l’indice Nikkei a progressé grâce à l’annonce du rapprochement entre les banques Sumitomo et Sakura, a indiqué Tasuo Kurokawa, analyste chez Nomura Securities Co. Ltd. Les banques Sumitomo et Sakura ont annoncé qu’elles projetaient de constituer ensemble le second groupe bancaire du monde en intégrant leurs opérations. Les actions de Sumitomo Bank ont gagné 170 yens (+10,9 %) pour s’inscrire à 1 735 yens à la clôture et celles de Sakura Bank a grimpé de 100 yens, au plafond autorisé pour une séance, à 1 000 yens (+11,1 %). «L’annonce de cette fusion a également dopé d’autres valeurs bancaires et financières», selon M. Kurokawa. «La série de restructurations bancaires engagées au Japon conduit les investisseurs à espérer que les banques japonaises prendront les mesures nécessaires pour renforcer leur compétitivité et survivre sur le marché bancaire mondial», a-t-il noté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le dollar n’a pas pu bouger encore hier, à Beyrouth, en raison de la contraction de l’offre et de la rareté de la demande commerciale dans un marché toujours dominé par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue ainsi à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Dans ce contexte, les établissements de crédit de la place ont continué de vendre le dollar à la BDL au bas de sa fourchette d’intervention en l’absence d’autres contreparties valables à l’achat en dehors d’elle. Pourtant, les échanges sont restés très fins avec au total quelque sept millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL à 1 501,00 LL,...