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Actualités - Chronologie

Les experts US craignent la talibanisation du pays

La propagation de l’intégrisme musulman au sein de l’armée du Pakistan pourrait être l’un des moteurs du coup d’État qui a lieu dans ce pays, estiment des experts aux États-Unis. «Il y a ce que l’on pourrait appeler une “talibanisation” au sein de l’armée, et même de la société tout entière», explique Deepa Ollapally, spécialiste de l’Asie du Sud à l’Institut américain pour la paix, à Washington, en faisant allusion au pouvoir intégriste des taliban à Kaboul. Selon elle, «le pire des scénarios» serait à présent que les militaires qui ont renversé le Premier ministre Nawaz Sharif «tentent d’arborer un visage plus militant et plus islamique» afin de «gagner en crédibilité et en légitimité». «La question est de savoir ce qu’ils vont faire à partir de là», a-t-elle dit en notant que les militaires «se nourrissent des réminiscences de la guerre en Afghanistan». Pour Mme Vidyaamali Samarasinghe, professeur de relations internationales, spécialiste de l’Asie à l’American University de Washington, «les factions fondamentalistes au sein de l’armée sont devenues très puissantes». «Ce sont ces forces qui ont poussé le gouvernement de Nawaz Sharif à se lancer dans les dernières opérations au Cachemire», a-t-elle estimé. «L’élément islamique au sein de l’armée est sans aucun doute plus important qu’il ne l’était dans le passé», confirme Teresita Schaffer, directeur de recherches pour l’Asie du Sud-Est au Centre des études stratégiques et internationales de Washington (CSIS). Mais, selon elle, «l’important est de savoir quel rôle la droite islamique va jouer dans les prochains jours. Si la Charia (ndlr : la loi islamique) prend de plus en plus d’importance, c’est une évolution inquiétante que l’on ne peut exclure à ce stade», affirme Mme Schaffer. Le gouvernement de M. Sharif a récemment concédé que des étudiants en religion pakistanais avaient combattu en Afghanistan aux côtés des taliban contre le front uni de l’opposition et les forces loyales au commandant Ahmed Shah Massoud. «Cette “talibanisation” est possible», estime également Shirin Tahir-Khely, du département de politique étrangère de l’Université Johns Hopkins à Washington. Selon elle, «le Pakistan a toujours eu des franges de sa population qui pactisaient avec les musulmans intégristes. Mais ce qui est nouveau, c’est que les institutions aient encouragé ce phénomène». «L’armée est désormais exposée au fondamentalisme et, pour la première fois, un chef d’état-major (le général Musharraf) n’a pas suivi sa formation à l’Ouest, dans les écoles militaires américaines, comme ses prédécesseurs», a-t-elle souligné. Autre élément pris en compte par les experts : la volonté des militaires de «laver l’affront» essuyé par leur pays au Cachemire face à l’Inde durant la dernière escalade dans cette région entre mai et août.
La propagation de l’intégrisme musulman au sein de l’armée du Pakistan pourrait être l’un des moteurs du coup d’État qui a lieu dans ce pays, estiment des experts aux États-Unis. «Il y a ce que l’on pourrait appeler une “talibanisation” au sein de l’armée, et même de la société tout entière», explique Deepa Ollapally, spécialiste de l’Asie du Sud à l’Institut américain pour la paix, à Washington, en faisant allusion au pouvoir intégriste des taliban à Kaboul. Selon elle, «le pire des scénarios» serait à présent que les militaires qui ont renversé le Premier ministre Nawaz Sharif «tentent d’arborer un visage plus militant et plus islamique» afin de «gagner en crédibilité et en légitimité». «La question est de savoir ce qu’ils vont faire à partir de là», a-t-elle dit en notant que...