L'Asie survivra-t-elle à la croissance de sa population ?
le 11 octobre 1999 à 00h00
Le six milliardième habitant de la Terre sera mardi peut-être asiatique, mais aura-t-il les moyens de vivre dans un continent déjà submergé par des centaines de millions de ses congénères ? Le Fonds des Nations unies pour la population s’attend à ce que le cap des six milliards d’habitants sur Terre soit dépassé ce mardi. Or, une part prépondérante de la croissance démographique a sa source en Asie, continent qui abrite près de la moitié de l’humanité. Les scientifiques et les décideurs politiques se demandent désormais si la Terre, et l’Asie en particulier, pourront supporter pareille croissance démographique et ses conséquences sur l’environnement. «Il est absolument évident lorsque vous regarder la situation de l’environnement en Asie du Sud-Est que des conséquences terribles sont à prévoir et cela est directement lié à la pression démographique», a expliqué Hugh Kirkman, directeur pour l’Asie du Sud-Est des programmes d’environnement de l’Onu. La population de l’Asie du Sud-Est a plus que doublé en moins de 40 ans, passant de 195 millions en 1960 à plus de 511 millions aujourd’hui. «Dans les mégalopoles de Bangkok, Manille et Djakarta, des millions de tonnes d’eaux usées non ou peu traitées sont rejetées à la mer», selon M. Kirkman. «Les bactéries créent alors des maladies, l’afflux d’éléments nutritifs provoque une recrudescence de plancton toxique, l’oxygène se raréfie dans l’eau et les poissons meurent», a-t-il ajouté. Cet expert estime qu’en 2020 les stocks de poisson auront tellement diminué qu’ils seront insuffisants pour subvenir aux besoins des communautés côtières en Asie du Sud-Est. La situation n’est guère plus brillante à l’intérieur des terres. «La déforestation est presque totale en Thaïlande et cela a été en partie réalisé par des ruraux qui ont gagné la forêt afin de cultiver des terres pour nourrir la population en hausse», a expliqué Jerry Huguet, directeur à Bangkok de la division population et développement des Nations unies. L’avenir paraît donc bien sombre, mais certains scientifiques soulignent que l’ingéniosité humaine peut aussi éviter la catastrophe. L’Institut de recherches philippin sur le riz (IRRI) est à l’origine d’une variété de riz «miraculeuse» qui a avait permis il y a trente ans une révolution dans les campagnes. Le recours à des énergies renouvelables ou moins destructrices de l’environnement est aussi une option. Singapour a emprunté cette voie que Hong Kong s’apprête également à suivre. «Les technologies sont déjà là pour subvenir aux besoins d’une population de plus de dix milliards d’hommes, mais il faut aussi qu’il y ait un certain niveau de richesse et de développement économique avant d’y avoir accès», explique Jerry Huguet. Le développement économique a aussi des effets «bénéfiques» sur la croissance démographique qui a tendance à se ralentir plus la richesse augmente, ce qui s’est produit en Asie au cours des dernières décennies. Les études des Nations unies montrent que les pays les plus pauvres connaissent les croissances démographiques les plus fortes. Le Laos, l’un des pays les plus pauvres en Asie du Sud-Est arrive en septième position dans le classement mondial du taux de natalité avec 6,1 enfants par femme.
Le six milliardième habitant de la Terre sera mardi peut-être asiatique, mais aura-t-il les moyens de vivre dans un continent déjà submergé par des centaines de millions de ses congénères ? Le Fonds des Nations unies pour la population s’attend à ce que le cap des six milliards d’habitants sur Terre soit dépassé ce mardi. Or, une part prépondérante de la croissance démographique a sa source en Asie, continent qui abrite près de la moitié de l’humanité. Les scientifiques et les décideurs politiques se demandent désormais si la Terre, et l’Asie en particulier, pourront supporter pareille croissance démographique et ses conséquences sur l’environnement. «Il est absolument évident lorsque vous regarder la situation de l’environnement en Asie du Sud-Est que des conséquences terribles sont à prévoir et cela...
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