Calme et stabilité ont été les caractéristiques de la journée d’hier sur le marché des changes de Beyrouth qui est resté dominé par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar entre 1 501,00 et 1 514,00 LL, est parvenue donc à neutraliser l’excès d’offres en cette monnaie et à la faire clôturer au taux moyen indicatif de 1507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais en raison de la quasi-absence de contreparties valables à l’achat du billet vert en dehors de la BDL, les établissements de crédit ont continué de le céder à cette dernière au bas de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes de la place. Pourtant, le volume d’affaires n’a pas pu prendre beaucoup de dimensions, se limitant à quelque huit millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL à 1 501,00 LL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Léger accès de faiblesse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est affaibli à nouveau face à l’euro hier sur les marchés des changes internationaux, dans le sillage de Wall Street, après avoir brièvement profité de la décision de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre de laisser leurs taux de base inchangés. L’euro avait fléchi face au dollar immédiatement après la décision hier du conseil des gouverneurs de la BCE de laisser en l’état à 2,50 % son principal taux d’intérêt à court terme, le taux de refinancement (REFI). Mais la monnaie unique européenne s’est ensuite rapidement ressaisie alors que seuls une minorité d’investisseurs avaient tablé sur un resserrement monétaire. Par ailleurs, les déclarations de Wim Duisenberg, le président de la BCE, ont confirmé le sentiment que la hausse du loyer de l’argent dans la zone euro n’était qu’une question de mois. «Nous avons besoins de preuves plus décisives avant de passer à l’action», a déclaré M. Duisenberg lors d’une conférence de presse, ne laissant aucun doute sur le fait que le prochain geste serait à la hausse des taux européens. Certes, le marché semblait hier prendre conscience qu’une augmentation des taux aura lieu plus tôt qu’on pourrait se l’imaginer. La perspective d’une hausse du loyer de l’argent ainsi que la reprise économique dans la zone euro, confirmée par les dernières données sur la production industrielle en France et en Allemagne et sur le chômage dans la zone euro, devraient continuer à soutenir la devise européenne qui a en outre profité hier d’un affaiblissement du dollar après une rechute de Wall Street au lendemain d’une bonne performance. Ce recul du billet vert a toutefois été limité à la veille de la publication des chiffres sur l’emploi aux États-Unis pour le mois de septembre. Quant au yen, il devrait rester stable dans l’attente de la réunion de la Banque du Japon la semaine prochaine pour savoir si elle va initier un changement de sa politique monétaire. Pour ce qui est de la livre sterling, elle a évolué de la même façon que l’euro après l’annonce d’un maintien des taux britanniques hier, à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Le sterling n’était toutefois pas parvenu en fin de journée à regagner tout le terrain perdu face au dollar. Cela étant, le billet vert s’est négocié en fin de journée à New York, sur une ton irrégulier à indécis face aux autres grandes monnaies, comme suit : – 1,0720 pour un euro contre 1,0695, la veille – 1,6520 pour un sterling contre 1,6560 – 1,8250 DM contre 1,8280 – 6,1205 FF contre 6,1320 – 1,4870 FS contre 1,4890 – 1 806,65 lires contre 1 809,95 – 107,30 yens contre 107,50. Bourse de Beyrouth : sous le signe de Solidere A À la Bourse de Beyrouth, toujours désertée par les opérateurs, la tendance s’est ressentie hier de la baisse des actions A de Solidere de 7,00 à 6 7/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reculé de 0,15 % à 75,35 points alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 179,84 points. Quant à l’activité du marché durant la journée d’hier, elle a été un peu étoffée par une application sur 58 281 actions de Rymco à 2 1/2 dollars chacune, portant le volume d’affaires à 71 184 actions négociées d’une valeur globale de 242 888 dollars. Wall Street : tendance maussade Sur les autres places, et après un début médiocre à Wall Street, la tendance est devenue maussade avec des baisses sectorielles comme sur les pétrolières et la distribution en liaison avec le nouveau repli des cours du brut et des ventes plutôt en baisse le mois dernier dans les grands magasins. En revanche, les titres des compagnies aériennes se sont repris, la baisse du pétrole étant une bonne nouvelle pour les comptes d’exploitation de ces compagnies. Il en est de même des valeurs de la haute technologie qui ont été tirées à la hausse par les performances des titres de l’Internet et des télécommunications après le rachat de Sprint par WorldCom pour un montant record. De plus, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles s’est ressenti de l’effritement du conglomérat General Electric sous la pression des prises de bénéfices sur le titre qui avait annoncé la veille de bons résultats trimestriels largement anticipés. Cet indice a dû fléchir d’un plus haut à 10 604,49 points à un plus bas à 10 508,24 points, avant d’afficher en préclôture 10 529,16 points, en baisse de 59,18 points sur la veille. Les Bourses européennes soutenues par des taux d’intérêt immobiles Les Bourses européennes ont clôturé en hausse jeudi à la faveur d’achats spéculatifs de valeurs des télécoms. Mais aussi, les marchés européens ont salué le fait que la Banque centrale européenne (BCE) n’ait pas relevé ses taux même si d’aucuns jugent qu’elle n’a reculé que pour mieux sauter. Les conglomérats, qui ont tiré parti d’une progression de 4,46 % de General Electric, ont aussi brillé, tout comme les pharmaceutiques. En revanche, les valeurs énergétiques ont rétrogradé car il semble que la fermeté de l’Opep vis-à-vis du respect de la réduction de la production se soit quelque peu émoussée en septembre. La Banque d’Angleterre elle non plus n’a pas relevé ses taux, aidant ainsi Londres a terminer sur un gain de 1,69 %, tandis que Paris progressait de 1,08 % et Francfort de 1,23 %. L’indice Eurotop 300 a pris 0,76 % et l’Euro Stoxx50 des valeurs vedettes de la zone euro, 0,86 % dans un volume de 170 millions de pièces, avec deux fois plus de hausses que de baisses. L’indice a bénéficié d’un bond de 4,30 %. L’opérateur téléphonique néerlandais KPN, pris lui aussi dans la fièvre des OPA qui a grimpé de quelques degrés de plus depuis que MCI WorldCom, a annoncé en début de semaine la plus grosse OPA de l’histoire, soit $115 milliards, sur son homologue Sprint. Vodafone AirTouch, premier groupe mondial de téléphonie mobile, a accru ses parts dans neuf compagnies régionales japonaises, l’ensemble représentant $550 millions. Vodafone a progressé de 3,36 %. Mardi dernier, la Fed a elle aussi observé le statu quo monétaire. Mais elle a pris une orientation restrictive. De même, Wim Duisenberg, le président de la BCE, a jugé qu’il fallait examiner si la politique monétaire généreuse de l’établissement se justifiait encore. Il a dit qu’il faudrait avoir davantage d’éléments économiques pour déterminer si la BCE devait changer de cap. Mais quoi qu’il en soit, un «biais» restrictif tend à faire son chemin, a-t-il ajouté. «C’est un ballon d’oxygène, c’est tout, a commenté Richard Reid (Donaldson Lufkin & Jenrette). À peine les décisions étaient-elles annoncées que le marché s’est demandé quels seraient les éléments susceptibles d’influencer les banques centrales dans les deux mois à venir ; il n’y a pas à chercher bien loin : dès vendredi, on a les statistiques de l’emploi américain». Pour revenir aux sociétés, les pharmaceutiques ont capitalisé sur une note d’études optimiste de l’analyste Steve Plag, du Crédit Suisse First Boston, pour le secteur pharmaceutique européen. Il a réaffirmé ses recommandations d’achat sur le pharmacien anglo-suédois AstraZeneca et sur le britannique Glaxo-Wellcome. AstraZeneco a gagné 3,14 % et Glaxo Wellcome 3,29 %. LVMH a sinon progressé de 3,68 %. Le groupe de luxe français a réalisé des ventes sans précédent en septembre et annoncé pour le 3e trimestre une progression de 31 % de son chiffre d’affaires consolidé à 2,128 milliards d’euros. Parmi les victimes du jour, a figuré en bonne place le photocopieur Océ, qui a chuté de 5,56 %. Il a annoncé une baisse inattendue de 10 % de son bénéfice net au 3e trimestre et un important programme de réduction des charges, comportant la suppression d’un millier d’emplois. Tokyo : poursuite de la hausse La Bourse de Tokyo a terminé sur une forte progression jeudi, l’indice Nikkei grimpant de 1,35 % et passant la barre des 18 000 points pour la première fois depuis six semaines, grâce à une nette hausse de Wall Street la veille et au recul du yen. L’indice Nikkei 225 a clôturé sur un gain de 240,13 points à 18 136,55 points, soit son plus haut niveau depuis le 23 août dernier. «Il était important aujourd’hui de savoir si oui ou non le Nikkei franchirait la barre des 18 000 points car l’indice avait été incapable d’atteindre ce niveau-là pendant tout le mois de septembre» a indiqué Tetsuya Ishijima, responsable de la stratégie chez Osakan Securities. Le marché va retrouver un moral de battant après avoir franchi ce seuil», a-t-il ajouté, prédisant une nouvelle hausse du Nikkei vendredi. Selon lui, les investisseurs sont plus confiants dans la reprise de l’économie japonaise depuis que le Premier ministre japonais, Keizo Obuchi, a élargi sa coalition gouvernementale à un troisième parti. Les investisseurs espèrent que cela lui permettra d’accélérer la mise en œuvre de mesures destinées à dynamiser l’économie. «Le marché boursier profite actuellement des hauts niveaux de la Bourse américaine, de la stabilisation des taux de change et d’un travail meilleur que prévu d’Obuchi», a souligné M. Ishijima. «Je ne vois aucune incitation à la vente pour l’instant», a confirmé un autre courtier, Masakazu Kimura, en soulignant lui aussi que les investisseurs s’attendaient à un rebond économique. L’indice Nikkei a même grimpé en cours de séance jeudi jusqu’à 18 228,39 points, mais des prises de profit et des ventes techniques dues à des clôtures comptables ont ensuite effacé une partie de ces gains. De plus en plus d’investisseurs pensent que le Nikkei va continuer à grimper pour terminer l’année sur un niveau record de 18 500 points. Parmi les valeurs vedettes, Sony a terminé en hausse de 180 yens (+ 1,1 %) à 16 880 yens, après qu’une de ses filiales eût annoncé qu’elle allait fabriquer des ordinateurs utilisant une puce faite pour la console de jeux PlayStations2.
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