En son temps, Aimé Jacquet s’était essayé au mouvement perpétuel à la nantaise. Son successeur, Roger Lemerre, reprend cette idée à la mode bordelaise. Lilian Laslandes, Sylvain Wiltord, Johan Micoud : le trident girondin a été retenu comme un possible remède aux problèmes offensifs récurrents des Bleus. Lemerre n’a plus le choix contre l’Islande, dans ce dernier match décisif du groupe 4 des éliminatoires du championnat d’Europe des nations de football, samedi au stade de France : il faut gagner. Qui dit gagner dit marquer des buts. Beaucoup, car la qualification peut aussi se jouer à la différence de buts. Lemerre, souvent approximatif dans ses explications, a le choix entre l’égoïsme d’un Wiltord qui cultive ses différences, l’esprit collectif poussé de Laslandes et le sens tactique inné de Micoud, joueur entêté dans ses convictions. Mais le trident, qui avec Ali Benarbia (aujourd’hui au Paris SG) a été à l’origine du titre de champion de France remporté par les Girondins, a de réelles chances d’être reconstitué sous le maillot bleu samedi. Si l’entraîneur national ne s’est pas trop épanché sur le cas du duo offensif Wiltord-Laslandes, il a tout de même indiqué que le «profil technico-tactique de Micoud», l’intéressait. Adepte du jeu en triangle, du mouvement perpétuel notamment dans le domaine offensif, Laslandes et Wiltord peuvent apporter un plus à la France, «à condition d’être approvisionnés en bons ballons», admet Élie Baup, l’entraîneur de la formation girondine. Marquer vite Pour Laslandes, cela veut dire des courses décalées sur les côtés, notamment à gauche, et dans le même temps un replacement dans l’axe de Wiltord. Mais, contre l’Arménie, à Erevan, c’est à la «hache» que les Français se sont imposés (3-2) et même si Lilian Laslandes a marqué, le duo a perdu des points dans l’esprit des «barons» de l’équipe de France. Devant ce manque récurrent de percussion offensive, Roger Lemerre semble persévérer. Et Zinedine Zidane avec : «Oui contre l’Islande, il faudra marquer vite. Cette équipe est un “casse-bonbon”. La complémentarité du duo Laslandes-Wiltord peut nous aider à percer très vite le verrou». Johan Micoud, enfermé de nouveau dans un mutisme, pourrait être aligné pour reformer le trident qui marche si bien à Bordeaux. Pourrait seulement. Son travail sur le côté gauche, la précision de ses passes, son aisance technique et tactique sont des atouts qui peuvent faire la différence. Marquer pourrait aussi permettre à Laslandes et à Wiltord de s’imposer comme les attaquants inamovibles que la France cherche après les mises en sommeil de Nicolas Anelka, perdu à Madrid, ou encore de Christophe Dugarry, sans oublier la menace David Trezeguet, de plus en plus précise. Chaque match est une chance qu’il ne faut pas laisser passer. Le haut niveau est à ce prix.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En son temps, Aimé Jacquet s’était essayé au mouvement perpétuel à la nantaise. Son successeur, Roger Lemerre, reprend cette idée à la mode bordelaise. Lilian Laslandes, Sylvain Wiltord, Johan Micoud : le trident girondin a été retenu comme un possible remède aux problèmes offensifs récurrents des Bleus. Lemerre n’a plus le choix contre l’Islande, dans ce dernier match décisif du groupe 4 des éliminatoires du championnat d’Europe des nations de football, samedi au stade de France : il faut gagner. Qui dit gagner dit marquer des buts. Beaucoup, car la qualification peut aussi se jouer à la différence de buts. Lemerre, souvent approximatif dans ses explications, a le choix entre l’égoïsme d’un Wiltord qui cultive ses différences, l’esprit collectif poussé de Laslandes et le sens tactique inné de Micoud,...