Sur la nouvelle route côtière menant à Saïda, juste en face de l’extension de l’Aéroport international de Beyrouth, un site archéologique a été transformé en position militaire. Fouillé dans les années soixante, il avait livré une grande quantité de mosaïques exposées, depuis, sur le trottoir. Mais, aujourd’hui, elles sont piétinées en dépit de leur valeur historique. Ce site qui se situe dans la zone de Khaldé avait été fouillé par une équipe de la DGA. Il a livré un matériel archéologique formé essentiellement de mosaïques. À l’époque, on avait décidé qu’une fois restaurés et consolidés, ces objets d’art seraient exposés au bord de l’autoroute. Trente ans après, ils y sont toujours, mais leur état va de mal en pis. Disposées le long du trottoir, ces mosaïques sont recouvertes par de la terre et du sable. Par endroits, les plaques de béton qui leur servent de support ont éclaté et les tesselles sont dispersées tout autour. Et ce n’est pas tout : juste à l’entrée du site, la mosaïque aux motifs géométriques a été recouverte d’une fine couche de sable, et elle sert de passerelle. Ainsi, ces vestiges romano-byzantins sont partiellement détruits. Et ces mosaïques ne sont pas les seuls vestiges exposés : une grande pièce, dressée sur le bord du site, sert désormais de «mémorial» à un passant qui y a inscrit son nom. Quant aux sarcophages, ils sont remplis de terre ! Tel est l’état des lieux où sont exposés ces objets d’art au bord de l’autoroute. Mais que reste-t-il du site qui les a livrés ? On ne saurait le dire. Cette zone n’est pas ouverte aux civils. De loin, on discerne des restes de murs sous des remblais de terre . Aucune étude archéologique Le comble c’est qu’aucune étude archéologique n’a été faite sur ce site. Les directeurs des travaux de fouilles effectués dans les années 60-63 n’ont pas publié les résultats de leurs recherches concernant le chantier. Les informations perdues le sont donc pour toujours. D’ailleurs, identifier le site est une tâche difficile. On est obligé de se référer aux fouilles archéologiques faites dans toute la zone de Khaldé avant le percement de l’autoroute Beyrouth-Saïda. Ainsi, dans les Chroniques du Bulletin du musée de Beyrouth, on relève qu’en 1963, M. H. Kalayan, architecte de la DGA à l’époque, avait signalé «la présence d’un ensemble d’installations et d’habitations appartenant à l’agglomération romaine tardive, situées dans la région de Khaldé, entre la route et la mer». Des travaux de l’équipe de fouilles chargée de cette région avaient commencé et, dans ce cadre, «une grande partie des habitations romaines, dont les sols de mosaïques sont exposés le long de l’autoroute, à proximité des fouilles, avait été enlevée», précisent les textes de l’époque. En quelque sorte, les vestiges avaient été conservées in situ. Force est de souligner l’importance archéologique de la région de Khaldé : cette zone est l’une des plus riches en vestiges au Liban. Les monuments découverts y sont uniques. En fait, quelques kilomètres seulement séparent l’importante église de Khan-Khaldé de ce site. Malheureusement, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient dans les années soixante. Ainsi, les premiers projets envisagés pour ce site ne sont plus réalisables. Nous nous trouvons aujourd’hui devant une autoroute, donc une voie rapide. Personne ne peut garer sa voiture pour contempler les mosaïques byzantines à motifs géométriques. Et l’on peut supposer que d’autres vestiges ont été déterrés durant les travaux d’agrandissement de l’autoroute, d’autant que quelques anciennes pierres sont entassées sur les bords de l’axe routier. Comment alors résoudre ce problème ? Évidemment, dans un pays régulièrement agressé, la sécurité est plus importante que le patrimoine. Et comble de malchance, le site en question est situé dans une zone stratégique. Que faire alors ? M. Assaad Seif, le chargé d’affaire à la Direction générale des antiquités libanaises, affirme que les mosaïques seront sauvegardées. Un accord sera conclu avec les autorités concernées afin d’enlever les pièces d’art du trottoir pour les mettre à l’abri, à l’intérieur du site. Cette tâche n’est pas facile, mais une coopération entre toutes les parties résoudra beaucoup de problèmes et permettra d’eloigner les pilleurs d’antiquités.
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