Les travaux pour la construction du premier musée national américain consacré aux Indiens ont été lancés cette semaine à Washington après dix ans d’attente, en présence des représentants de plusieurs centaines de tribus. La première pierre du «Musée national des Indiens américains», dont l’ouverture est programmée pour l’été 2002, a été posée conformément à la tradition ancestrale des Indiens. Assis dans une chaise roulante, un vieillard tend péniblement la main vers le gazon. Il plante du tabac noir dans un petit trou creusé à même le Mall, la pelouse qui s’étend du Congrès au monument de Washington. «C’est pour bénir la terre», marmonne d’une voix éraillée Harry F. Byrd, 86 ans, qui va répéter l’opération aux quatre coins du site, «les quatre directions du vent». «Pour que ce musée devienne réalité», ajoute dans un souffle le vieux Sioux, complètement édenté, venu spécialement de sa réserve du Dakota du Sud. D’autres, en vêtements traditionnels chamarrés, ne cachent pas leur émotion. «Bientôt, les voix du passé et les réalisations de nos tribus seront entendues par les visiteurs», affirme Richard West, Cheyenne, directeur du projet. Sur un ton plus militant, Hankie Poafpybitty, une Kiowa revêtue d’une longue robe blanche ornée de perles et de plumes, estime que «ce premier musée aidera les Américains, ceux qui le souhaitent, à mieux comprendre ce que leurs ancêtres nous ont fait». «C’est aussi une opportunité de partager notre culture avec ceux qui en ignorent tout», ajoute la jeune femme, devenue avocate au département de la Santé. Le chapeau de Geronimo Le projet, sous l’égide de la très respectable institution Smithsonian qui a rassemblé 800 000 pièces de collection relative à la culture indienne, dont une partie sera exposée en permanence, était en gestation depuis dix ans. L’édifice, en pierre calcaire blanche du Minnesota, en conformité avec la volonté des grands chefs indiens, évoquera, sur 16 000 mètres carrés, les montagnes érodées de l’Ouest américain, balayées par l’eau et le vent. Son architecture devrait singulièrement contraster avec celle des musées voisins, notamment la National Gallery of Art et le musée de l’Aviation et de l’Espace, où se rencontrent avec plus ou moins de bonheur la Grèce antique, l’époque victorienne et le style contemporain. Le coût du bâtiment, estimé à 110 millions de dollars, doit être assuré pour un tiers par des fonds privés. Les deux tiers restant seront à la charge du Congrès. Quelque six millions de visiteurs par an sont attendus, selon la Smithsonian qui a déjà prévu d’exposer des travaux sur bois, des pierres taillées des tribus du nord-ouest, des couvertures tissées par les Navajos, des peaux de bêtes peintes par les Indiens des plaines du Nord, sans oublier le chapeau de Geronimo et le tambour de Sitting Bull.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les travaux pour la construction du premier musée national américain consacré aux Indiens ont été lancés cette semaine à Washington après dix ans d’attente, en présence des représentants de plusieurs centaines de tribus. La première pierre du «Musée national des Indiens américains», dont l’ouverture est programmée pour l’été 2002, a été posée conformément à la tradition ancestrale des Indiens. Assis dans une chaise roulante, un vieillard tend péniblement la main vers le gazon. Il plante du tabac noir dans un petit trou creusé à même le Mall, la pelouse qui s’étend du Congrès au monument de Washington. «C’est pour bénir la terre», marmonne d’une voix éraillée Harry F. Byrd, 86 ans, qui va répéter l’opération aux quatre coins du site, «les quatre directions du vent». «Pour que ce...