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Actualités - Biographies

Le poète et le philosophe(photo)

Né à Freïké le 24 novembre 1876, Amine Rihani est l’aîné d’une famille de six enfants. Fils d’un industriel qui place ses ambitions aux États-Unis, il y est envoyé en éclaireur, à l’âge de douze ans. Placé quelques mois après son arrivée dans une école aux alentours de New York, il apprend les rudiments de la langue anglaise. Son père et son oncle, qui ont installé leur commerce à Manhattan, ressentent rapidement le besoin d’un assistant parlant et écrivant l’anglais. Amine est alors retiré de l’école pour devenir l’interprète et le comptable de la petite entreprise. Pendant cette période, il découvre William Shakespeare et Victor Hugo, puis, pour n’en nommer que quelques-uns, Darwin, Huxley, Whitman et Byron. En 1897, ses études de droit sont brutalement interrompues par une infection pulmonaire, et son père l’envoie au Liban se reposer. De retour au pays, Amine Rihani apprend l’arabe et se familiarise avec les auteurs orientaux, et en particulier avec Abou Ala. En 1899, il retourne à New York, décidé à traduire les quatrains de celui qu’il considère comme le précurseur d’Omar Khayyam. Son travail paraît en 1903, et cette période le voit aussi devenir membre de plusieurs sociétés de lettres et collaborateur régulier du quotidien arabe al-Houda, publié à New York. En 1905, il s’établit au Liban et publie deux essais, un livre d’allégories, quelques nouvelles et des pièces de théâtre. Il tient plusieurs conférences à l’AUB, mais aussi à Homs et à Damas. Ardent défenseur de l’indépendance, il travaille activement avec les leaders nationaux pour libérer le Liban du joug ottoman. En 1910, la publication de al-Riyanihat fait de lui le «philosophe de Freïké». Puis «The Book of Khalid» paraît en 1911, après qu’il est retourné à New York, via Paris et Londres. Ce livre, le premier jamais écrit en anglais par un Arabo-Libanais, est illustré par Khalil Gibran. Amine Rihani sera récompensé par le président du Club des pléiades de New York pour cette œuvre. En 1916, il épouse Bertha Case, une artiste américaine qui fréquentait Picasso, Matisse, Cézanne et Derain entre autres. Avec elle, il rencontre en 1917 le pape Benoît XV, soucieux de mettre un terme définitif à la Première Guerre mondiale. La même année, il fait la connaissance de Théodore Roosevelt, très concerné par l’affaire de la Palestine. Puis, en 1919, à la conférence de La Hague, il représente les intérêts arabes, et en 1921, il est le seul représentant du monde arabe à la conférence pour la réduction des armements, à Washington. Entre 1910 et 1922, Amine Rihani, tout en étant très engagé dans les luttes politiques, (rapprochement de l’Orient et de l’Occident, libération de la Syrie et du Liban de la férule ottomane et lutte contre l’émergence du lobby sioniste qui tente de fonder un État indépendant en Palestine) continue de publier abondamment ses œuvres littéraires. Parmi les plus connues : «Zanbakat-oul-Ghawr» (nouvelle rédigée en arabe), The Path of Vision (essai rédigé en anglais), A Chant of Mystics (poésie rédigée en anglais). En 1922, Rihani part à la découverte de la Péninsule arabique : il est, à cette époque, le seul voyageur à avoir parcouru cet immense territoire en un seul voyage. Sa connaissance des coutumes, des mentalités et des souverains de chaque État lui permettent de rédiger, entre 1924 et 1932, six livres, en arabe et en français, sur ce vaste sujet. Durant les huit dernières années de sa vie, il continuera d’être actif tant sur le plan politique que sur le plan littéraire. Amine Rihani succombe à une mauvaise chute de vélo le 13 septembre 1940. La nouvelle de sa mort est annoncée dans la plupart des pays du monde, et de nombreux souverains arabes et diplomates étrangères assistent aux funérailles. Il repose dans le caveau familial, à Freïké, auprès de Bertha Case.
Né à Freïké le 24 novembre 1876, Amine Rihani est l’aîné d’une famille de six enfants. Fils d’un industriel qui place ses ambitions aux États-Unis, il y est envoyé en éclaireur, à l’âge de douze ans. Placé quelques mois après son arrivée dans une école aux alentours de New York, il apprend les rudiments de la langue anglaise. Son père et son oncle, qui ont installé leur commerce à Manhattan, ressentent rapidement le besoin d’un assistant parlant et écrivant l’anglais. Amine est alors retiré de l’école pour devenir l’interprète et le comptable de la petite entreprise. Pendant cette période, il découvre William Shakespeare et Victor Hugo, puis, pour n’en nommer que quelques-uns, Darwin, Huxley, Whitman et Byron. En 1897, ses études de droit sont brutalement interrompues par une infection...