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Actualités - Chronologie

Le séisme ne suffira pas à réconcilier Pékin et Taipei

Pékin a poursuivi hier son offensive humanitaire vis-à-vis de Taïwan, frappé par un séisme meurtrier, mais rien ne laissait présager une réconciliation entre les deux gouvernements rivaux. Malgré le large écho donné dans la presse chinoise à l’offre du président chinois Jiang Zemin d’offrir «toute l’assistance nécessaire» à Taïwan, les analystes étrangers excluaient un relâchement durable de la tension dans le détroit de Taïwan. «La tension diminuera quelques jours, mais la vie va continuer et les problèmes surgiront à nouveau», a commenté Jean-Pierre Cabestan, le directeur du Centre d’études français sur la Chine contemporaine à Hong Kong. Il a ajouté que la situation était très différente de celle existant entre la Grèce et la Turquie, rapprochées par leurs récents séismes, dans la mesure où Pékin considère Taïwan comme une province rebelle et insiste sur sa souveraineté sur l’île. Le président Jiang avait créé la surprise mardi en proposant «toute l’aide possible» du continent à Taïwan, malgré une crise déclenchée en juillet par le président taïwanais Lee Teng-hui, qui s’était prononcé pour des relations «d’État à État» entre les deux rives du détroit. Hier, la Croix-Rouge chinoise s’est dite prête à envoyer une équipe de sauveteurs à Taïwan, après avoir déjà promis de débloquer 165 000 dollars pour les secours. Mais on ignorait si les secours pourraient être envoyés directement à Taïwan, en l’absence de transports directs entre l’île et le continent, distants d’environ 150 km. Les personnes comme les marchandises transitent habituellement par Hong Kong. Pékin a fait un autre geste en permettant à l’Onu d’envoyer une mission à Taïwan pour coordonner les efforts des diverses équipes nationales de secours. Un porte-parole de l’Onu à Genève a précisé que l’envoi s’était fait «à la suite d’une décision prise en étroite consultation» avec la Chine, dont le feu vert était indispensable, l’Onu ne reconnaissant plus Taïwan depuis 1971. À Taipei, les autorités se sont réjouies de l’offensive humanitaire de Pékin, tout en émettant l’espoir que celle-ci déboucherait sur une nouvelle ère dans leurs relations. «C’est le début d’une nouvelle relation entre les deux rives du détroit. Nous espérons qu’à travers l’aide mutuelle entre les peuples, nous pourrons créer des relations stables et pacifiques et rétablir les canaux normaux de négociation», a déclaré Su Chi, le président du conseil gouvernemental chargé des affaires avec le continent. Mais selon David Zweig, un expert en politique chinoise à l’Université des sciences et de la technologie à Hong Kong, l’offre humanitaire du président chinois s’inscrit dans un effort de réunification du pays. «Il a toujours tenté de séduire la population taïwanaise, de lui montrer que le continent est un partenaire sérieux et qu’il se préoccupe du sort de Taïwan», a-t-il déclaré. Mais son objectif, a-t-il ajouté, reste la réunification du pays. Les propos tenus en juillet par le président taïwanais et interprétés par Pékin comme un pas vers l’indépendance ont suscité une sérieuse crise cet été, ponctuée d’exercices militaires chinois. Répondant mardi aux questions des journalistes, la porte parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhang Qiyue avait elle-même clairement défini les limites de l’exercice. «La théorie de Lee teng-hui sur les relations d’État à État n’a rien à voir avec le séisme», avait-elle déclaré. «Il s’agit d’un pas très dangereux visant à diviser le pays et nous lui demandons de renoncer à sa théorie et à ses activités visant à diviser la mère-patrie», avait-elle ajouté.
Pékin a poursuivi hier son offensive humanitaire vis-à-vis de Taïwan, frappé par un séisme meurtrier, mais rien ne laissait présager une réconciliation entre les deux gouvernements rivaux. Malgré le large écho donné dans la presse chinoise à l’offre du président chinois Jiang Zemin d’offrir «toute l’assistance nécessaire» à Taïwan, les analystes étrangers excluaient un relâchement durable de la tension dans le détroit de Taïwan. «La tension diminuera quelques jours, mais la vie va continuer et les problèmes surgiront à nouveau», a commenté Jean-Pierre Cabestan, le directeur du Centre d’études français sur la Chine contemporaine à Hong Kong. Il a ajouté que la situation était très différente de celle existant entre la Grèce et la Turquie, rapprochées par leurs récents séismes, dans la mesure...