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Actualités - Chronologie

Elle a essuyé les yeux de son fils pour la dernière fois

Comme elle lavait les corps de son mari et de son fils qui reposaient dans une morgue de fortune hier, Loiao Hui Chi a remarqué que quelque chose s’écoulait des paupières de son fils. Elle a essuyé le liquide avec une éponge. Mais elle a vu, alors, une autre trace qui, à partir de l’autre œil de Cheung Wei Hui, se frayait un chemin à travers la poussière grise recouvrant sa joue. «C’était des larmes. Il est mort en pleurant», a dit cette mère de trois enfants. Elle a essuyé les larmes de son fils comme elle l’avait fait pendant les 17 ans de sa courte vie. «Il a pleuré parce qu’il était heureux de voir sa mère enfin», a-t-elle affirmé. Mme Loiao s’était rendue à la morgue après avoir appris que son fils et son mari Chung Y Chung, 40 ans, avaient enfin été arrachés des ruines de leur maison de trois étages à Ching Laio. Ils avaient été placés dans une morgue aménagée à la hâte dans un ancien bureau des autorités locales. La morgue de l’hôpital a été rapidement surchargée dans les heures qui ont suivi le terrible tremblement de terre dont l’épicentre s’est situé près de Puli dans le centre de l’île de Taïwan. Le père et le fils avaient été écrasés et leurs corps brisés. Il fallait qu’elle les prépare pour l’enterrement. Son autre fils, Chung Wei Hung, 15 ans, a lui aussi été extrait mais vivant des ruines de la maison située à quelques kilomètres de l’épicentre du séisme d’une magnitude de 8,1 sur l’échelle ouverte de Richter. Il souffre de douleurs à la poitrine et les médecins ne sont pas en mesure de porter un diagnostic précis. Loiao raconte sa douloureuse histoire pendant qu’elle attend son fils à l’extérieur du poste de chirurgie. Sa belle-mère Chung Laio, âgée de 68 ans, qui a réussi à ramper pour sortir des ruines de la maison, s’en prend au journaliste. «Pourquoi êtes-vous encore en vie alors que mon petit-fils est mort ?», s’écrie-t-elle folle de douleur. «Je suis pauvre mais j’étais réellement heureuse avec mes trois petits-fils. Mais maintenant c’est fini, j’ai tout perdu», ajoute-t-elle. Mme Chung reprend aussi les accusations de passivité lancées ici contre les 14 000 hommes de troupes envoyés ici dans la zone ravagée par la catastrophe. On dit qu’ils attendent que les bâtiments soient consolidés avant d’entamer leurs recherches. «Les soldats ne font que regarder. Ils n’apportent aucune aide», affirme-t-elle. Mobilisés pour apporter une aide aux opérations de secours alors que quelque 3 000 personnes sont encore ensevelies sous les décombres, les soldats se trouvent à leur tour visés par les imprécations des rescapés traumatisés. Les pilotes des hélicoptères, chargés d’amener médicaments, nourriture et couvertures à Puli et d’évacuer ensuite les blessés regroupés dans un hôpital de fortune aménagé dans le stade de Nantou, ont raconté qu’ils ont dû, pour pouvoir décoller, faire le coup de poing contre la foule qui voulait prendre d’assaut leur appareil au moment où les répliques du séisme secouaient toujours le sol de la région dévastée.
Comme elle lavait les corps de son mari et de son fils qui reposaient dans une morgue de fortune hier, Loiao Hui Chi a remarqué que quelque chose s’écoulait des paupières de son fils. Elle a essuyé le liquide avec une éponge. Mais elle a vu, alors, une autre trace qui, à partir de l’autre œil de Cheung Wei Hui, se frayait un chemin à travers la poussière grise recouvrant sa joue. «C’était des larmes. Il est mort en pleurant», a dit cette mère de trois enfants. Elle a essuyé les larmes de son fils comme elle l’avait fait pendant les 17 ans de sa courte vie. «Il a pleuré parce qu’il était heureux de voir sa mère enfin», a-t-elle affirmé. Mme Loiao s’était rendue à la morgue après avoir appris que son fils et son mari Chung Y Chung, 40 ans, avaient enfin été arrachés des ruines de leur maison de trois...