Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le grand retour de l'Algérie sur l'échiquier international

L’Algérie a fait son grand retour sur la scène de l’Onu où le président Abdelaziz Bouteflika a assuré que son pays était «en train de remonter la pente» après un conflit meurtrier avec la guérilla islamiste. C’est fort du succès du référendum sur la concorde civile entériné jeudi par 98 % des Algériens, que M. Bouteflika s’est adressé, du haut de la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu, aux dirigeants de plus de 180 pays. «L’Algérie est en train de remonter la pente. Elle sort de sa convalescence», a déclaré le président algérien. Elle va ainsi «retrouver la place légitime que lui vaut parmi vous, son action traditionnelle en faveur des idéaux de notre organisation», a-t-il dit, très applaudi à la fin de son discours. Il est vrai que l’Algérie, héraut de la lutte anticolonialiste dans les années 70, avait perdu de son influence aux Nations unies, où elle apparaissait affaiblie par sa longue et sanglante lutte contre les islamistes. Celle-ci a fait payer à l’Algérie un prix très lourd : les violences ont fait depuis 1992 plus de 100 000 morts, un million de victimes et plus de 3 milliards de dollars de dégâts, selon des estimations officielles. Ces dernières années, le gouvernement algérien était ainsi sous pression de la communauté internationale pour établir un dialogue avec les islamistes. Les défenseurs des droits de l’homme ont aussi exigé d’Alger la création de commissions d’enquête indépendantes pour faire la lumière sur les agissements des militaires. Le gouvernement, très sourcilleux sur sa «souveraineté», a toujours refusé ces commissions, à l’exception d’une mission de l’Onu. Cela explique le «non» très ferme du président algérien à toute intervention de l’Onu pour protéger les civils dans les conflits internes, comme l’a préconisé le secrétaire général Kofi Annan. M. Bouteflika, qui s’exprimait aussi comme président de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), a déclaré «croire fermement que l’ingérence ne peut intervenir sans le consentement de l’État concerné». Mais outre ce rappel à l’ordre, le chef de l’État algérien a voulu assurer les dirigeants réunis à New York que l’Algérie était en marche vers la paix civile et bien engagée sur la voie de la démocratie et de l’économie de marché. Obsolescence du tiers-mondisme Le gouvernement algérien a proposé, dans une loi dite de concorde civile, une amnistie totale ou partielle aux islamistes qui renoncent à la lutte armée. L’Algérie «doit s’insérer économiquement et politiquement dans le monde, se moderniser, renforcer et libérer le cadre général de fonctionnement de son économie, encourager l’investissement privé», a affirmé M. Bouteflika. Paradoxalement, cet ancien militant du tiers-mondisme a prononcé un avis de décès de ce mouvement dont l’Algérie fut le porte-parole, en évoquant, sans regret, «les convulsions multiples d’un tiers-mondisme obsolète». «Le monde n’est plus ce qu’il était dans les années 70. Il s’est radicalement recomposé», a-t-il admis. La réinsertion pleine et entière de l’Algérie sur la scène internationale passe aussi, sans nul doute, par Paris. Abdelaziz Bouteflika devait ainsi avoir mardi matin un entretien de travail avec le Premier ministre français Lionel Jospin en vue de revigorer les relations toujours tumultueuses et passionnelles entre les deux pays.
L’Algérie a fait son grand retour sur la scène de l’Onu où le président Abdelaziz Bouteflika a assuré que son pays était «en train de remonter la pente» après un conflit meurtrier avec la guérilla islamiste. C’est fort du succès du référendum sur la concorde civile entériné jeudi par 98 % des Algériens, que M. Bouteflika s’est adressé, du haut de la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu, aux dirigeants de plus de 180 pays. «L’Algérie est en train de remonter la pente. Elle sort de sa convalescence», a déclaré le président algérien. Elle va ainsi «retrouver la place légitime que lui vaut parmi vous, son action traditionnelle en faveur des idéaux de notre organisation», a-t-il dit, très applaudi à la fin de son discours. Il est vrai que l’Algérie, héraut de la lutte anticolonialiste...