Voici les bioportraits des principaux acteurs de la crise au Timor-Oriental. Le dirigeant indépendantiste Xanana Gusmao (53 ans) Leader légendaire de la guérilla du Timor-Oriental, Xanana Gusmao est l’âme du combat indépendantiste de l’ancienne colonie portugaise. Jusqu’à son arrestation en 1992, Jose Alexandre Gusmao était le «commandant» Xanana, chef du Fretilin (Front de libération du Timor-Oriental), un groupuscule qui ne comptait alors plus que quelques centaines de guérilleros. Pendant près de 20 ans, traqué par les soldats indonésiens, il s’est bâti une réputation de Robin des bois de la cause de Timor-Oriental. Né le 20 juin 1946 dans la partie septentrionale du Timor-Oriental, il fait un bref passage dans un séminaire catholique, puis devient journaliste. En 1974, il adhère à l’Association sociale-démocratique du Timor qui se transforme en Fretilin qui proclame l’indépendance. Avec l’entrée des troupes indonésiennes sur le territoire, il abandonne tout pour rejoindre la guérilla. En 1979, il accède à la direction du mouvement, alors que celui-ci est décimé par l’armée. Lorsque le 12 novembre 1991, une manifestation pacifique de plusieurs milliers de personnes à Dili, chef-lieu du Timor-Oriental, est réprimée dans le sang, il est accusé officiellement d’être l’inspirateur de ces troubles. Il est arrêté le 20 novembre 1992. En 1993, le chef indépendantiste est condamné à la prison à vie pour possession illégale d’armements et tentative de subversion, peine commuée par l’ancien président Suharto à 20 ans de prison. En février dernier, il a été transféré de la maison d’arrêt de Cipinang à Djakarta dans une maison-prison, d’où il faisait ouvertement campagne en faveur de l’indépendance. Libéré huit jours après le vote des Est-timorais en faveur de l’indépendance, Gusmao a gagné l’Australie où il a annoncé qu’il créerait un gouvernement en exil. Le président indonésien, Jusuf Habibie (68 ans) À l’époque vice-président de Suharto et considéré comme son fils spirituel, Bacharuddin Jusuf Habibie a pris la tête de l’État après la démission de celui-ci en mai 1998. Ingénieur en aéronautique formé en Allemagne, «BHJ» est connu pour ses théories économiques excentriques et ses projets technologiques ruineux, notamment dans le domaine de la construction navale ou aéronautique qui ont coûté des milliards à l’Indonésie. Dès 1974, à son retour d’Allemagne, il est nommé conseiller présidentiel pour la technologie. Sans passé militaire, il ne dispose pas non plus de base politique personnelle et n’appartient pas à la majorité javanaise qui contrôle l’essentiel du pouvoir en Indonésie. Le ministre indonésien de la Défense, le général Wiranto (52 ans) Le général Wiranto est aussi le commandant en chef, au Timor-Oriental, où ses soldats sont accusés de soutenir voire de participer aux pires exactions. Considéré comme un soldat discipliné et professionnel, il a dû intervenir personnellement mercredi pour voler au secours du président Jusuf Habibie et dénoncer des rumeurs de coup d’État militaire, dans un pays où, traditionnellement depuis l’indépendance, les militaires sont toujours prêts à prendre le pouvoir quand l’instabilité menace. La dure répression de manifestations d’étudiants au moment de la chute de Suharto et six mois plus tard lorsque Habibie est devenu président lui vaut à cet égard aujourd’hui d’être la cible préférée des mouvements étudiants. L’évêque Carlos Felipe Ximenes Belo (51 ans) Infatigable défenseur des droits de l’homme et colauréat du prix Nobel de la paix en 1996, l’évêque de Dili, Mgr Carlos Felipe Ximenes Belo, est le principal défenseur des droits de l’homme de l’ancienne colonie portugaise. Il a multiplié les efforts pour tenter de rapprocher les parties en conflit au Timor-Oriental, en majorité catholique. En 1962, il est admis au séminaire Menegah de Dili dont il sort diplômé trois ans plus tard. Il gagne ensuite le Portugal où il poursuit sa formation religieuse jusqu’en 1974. En 1981, il obtient un doctorat à l’Université catholique du Portugal. Ordonné prêtre en 1980, il est nommé en 1982 directeur de l’École technique de Fatumaca, à Dili. En mai 1983, il devient administrateur apostolique du Timor-Oriental.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Voici les bioportraits des principaux acteurs de la crise au Timor-Oriental. Le dirigeant indépendantiste Xanana Gusmao (53 ans) Leader légendaire de la guérilla du Timor-Oriental, Xanana Gusmao est l’âme du combat indépendantiste de l’ancienne colonie portugaise. Jusqu’à son arrestation en 1992, Jose Alexandre Gusmao était le «commandant» Xanana, chef du Fretilin (Front de libération du Timor-Oriental), un groupuscule qui ne comptait alors plus que quelques centaines de guérilleros. Pendant près de 20 ans, traqué par les soldats indonésiens, il s’est bâti une réputation de Robin des bois de la cause de Timor-Oriental. Né le 20 juin 1946 dans la partie septentrionale du Timor-Oriental, il fait un bref passage dans un séminaire catholique, puis devient journaliste. En 1974, il adhère à l’Association...