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Actualités - Biographies

Un militaire acquis à la démocratie

M. Ali Abdallah Saleh, principal candidat à l’élection présidentielle de jeudi, est un militaire de carrière qui a suffisamment conforté son assise populaire en 21 ans de pouvoir pour se soumettre au verdict des urnes. À la tête du nord du Yémen depuis 1978, le maréchal Saleh se veut l’unificateur du Yémen moderne: il a assumé les fonctions de président lors de la fusion du Nord et du Sud en 1990, et a réunifié le pays par les armes lors d’une tentative de sécession sudiste quatre ans plus tard. Sa victoire lors de la guerre civile lui a permis de gouverner seul le pays alors qu’il devait partager le pouvoir auparavant avec les anciens dirigeants sudistes. Cet homme pragmatique a traversé d’autres écueils, notamment la crise du Golfe (1990-91) au cours de laquelle l’Arabie séoudite, son puissant voisin, a sanctionné le Yémen pour avoir pris le parti de l’Irak. Elle a expulsé plus de 700 000 travailleurs yéménites, privant le pays, un des plus pauvres du monde, d’une de ses principales ressources. Âgé de 57 ans, M. Saleh gouverne en s’appuyant sur l’armée et le parti présidentiel, le Congrès populaire général (CPG), un assemblage hétéroclite de fonctionnaires et de représentants des couches urbaines et rurales, mais surtout en se ménageant l’adhésion des tribus, une des principales composantes de la société yéménite. Avec l’unité du pays, il s’engage résolument dans un processus de démocratisation, autorisant le multipartisme et une certaine liberté de la presse et organisant deux élections législatives, en 1993 et en 1997. Ce processus doit être couronné par la première élection présidentielle au suffrage universel jeudi, que M. Saleh est assuré de remporter et qui constituera pour lui une consécration. Son unique adversaire est un membre de son propre parti, M. Najib Qahtan al-Chaabi, fils du premier président de l’ex-Yémen du Sud, le Parlement ayant rejeté les autres candidats dont le chef du parti socialiste yéménite (opposition) Ali Saleh Obad. Remarquable longévité politique Né en 1942, cet homme trapu, au regard perçant et à la moustache bien taillée, a abandonné l’uniforme militaire pour les complets bien taillés et à l’occasion l’habit traditionnel yéménite, longue robe et jambiya (poignard) au côté. Après des études limitées, il rejoint très tôt les rangs de l’armée et participe en 1962 au renversement de l’imam et à l’instauration de la république. Ses capacités de commandement sont vite remarquées et lui permettent de monter rapidement en grade. Après l’assassinat du président Ahmad al-Ghachmi en juin 1978, il est élu président par une Assemblée constituante. Dès son accession à la présidence, il s’entoure d’un noyau de proches, notamment ses frères, qu’il nomme à des postes clés de l’appareil militaire et de sécurité. Originaire de la communauté zaydite (chiites septicémains, modérés) comme tous les présidents du Yémen du Nord avant lui, il est issu de la tribu des Sanhan, qui fait partie de la puissante confédération tribale des Hachid. Ce qui explique son alliance indéfectible avec le chef des Hachid, cheikh Abdallah al-Ahmar, qui préside également le parti islamiste et tribal al-Islah. Cheikh al-Ahmar est toujours président du Parlement bien que son parti ait été défait aux élections de 1997. Il peut se targuer d’une remarquable longévité politique: parmi ses quatre prédécesseurs, deux ont été assassinés et deux contraints à l’exil après des coups d’État. Marié, M. Saleh est père de sept fils. En décembre 1997, le Parlement décide de le promouvoir maréchal «en signe d’appréciation pour son rôle historique et national dans l’édification du nouveau Yémen».
M. Ali Abdallah Saleh, principal candidat à l’élection présidentielle de jeudi, est un militaire de carrière qui a suffisamment conforté son assise populaire en 21 ans de pouvoir pour se soumettre au verdict des urnes. À la tête du nord du Yémen depuis 1978, le maréchal Saleh se veut l’unificateur du Yémen moderne: il a assumé les fonctions de président lors de la fusion du Nord et du Sud en 1990, et a réunifié le pays par les armes lors d’une tentative de sécession sudiste quatre ans plus tard. Sa victoire lors de la guerre civile lui a permis de gouverner seul le pays alors qu’il devait partager le pouvoir auparavant avec les anciens dirigeants sudistes. Cet homme pragmatique a traversé d’autres écueils, notamment la crise du Golfe (1990-91) au cours de laquelle l’Arabie séoudite, son puissant voisin, a...